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litterature europe

De pain et de lait de Karolina RAMQVIST

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L'autrice retrace ici son autobiographie, son enfance, son amour inconditionnel pour ses grands parents, les absences de sa mère, le père trop parfait chez qui elle redoute de ne pas être conforme à cette perfection. Elle utilise les repas comme points de repères, comme ponts entre elle et les gens qu'elle aime, insistant sur la fonction bienveillante qui réside au cœur du fait de cuisiner pour soi ou les autres. Le plaisir des saveurs, tout comme celui du partage vibre bien souvent au cœur des pages.

Mon avis :

Je me suis laissée abusée par la quatrième de couverture qui a - délibérément je pense - refusé de dévoiler l'importance du thème de la nourriture pour l'autrice :

"Dans De pain et de lait, Karolina Ramqvist explore ses madeleines proustiennes et nous invite à découvrir l’histoire culinaire et affective d’une famille sur trois générations. Elle se souvient de l’ivresse d’une orgie de clémentines, de la recette du riz au lait cuisiné par sa grand-mère et de l’amertume des crêpes laissées par sa mère pour le goûter qui lui signalaient qu’elle serait seule à la maison.

En retraçant son autobiographie par le prisme de la nourriture, Karolina Ramqvist interroge avec délicatesse ce qui l’a construite, et ce qu’elle tente de transmettre."

Je m'attendais donc à un roman léger mais j'ai découvert petit à petit les coulisses de cet amour excessif. C'est peut-être toute la subtilité de ce roman d'aborder un sujet grave sous un prisme tendre et bienveillant, sans accuser, sans condamner, en exposant seulement ses ressentis d'enfant.

Un livre touchant et délicat !

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

Publié dans Littérature Europe

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Le hérisson de Ferdinand VON SCHIRACH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ferdinand VON SCHIRACH est un avocat allemand qui publie en 2009 un recueil de nouvelles Crimes, en se basant sur des cas provenant de ses archives. Sont présentées ici trois de ses nouvelles : Le hérisson, Changement d'heure et L'éthiopien.

Le hérisson

"Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait quelque chose d'important. Que les juges et les procureurs sont des renards, alors il se ferait hérisson."

Dans cette nouvelle, le personnage principal Karim choisit de délibérément jouer le simplet, rôle dans lequel on le maintient depuis l'enfance, pour se jouer de la justice. Il préfère, comme le hérisson rester dans l'ombre et observer ce qui l'entoure, en savoir plus que les autres, mais sans prendre la lumière qui peut être dangereuse.

Changement d'heure

"Les avocats, en revanche, cherchent une faiblesse dans l'édifice de preuves monté par l'accusation. Le hasard est leur allié, leur devoir est d'empêcher toute conclusion hâtive reposant sur une apparente vérité. Un fonctionnaire de police a dit un jour à un juge de la Cour fédérale de justice que les défenseurs n'étaient que les freins du char de la justice. Le juge répondit qu'un char sans frein n'est bon à rien, Un procès pénal ne fonctionne qu'à l'intérieur de ce jeu de forces."

La défense de l'avocat est centrée sur le changement de l'heure d'été à l'heure d'hiver mais cette nouvelle a été la cause de nombreuses discussions pour mieux comprendre le retournement de situation finale, j'ai découvert même des forums de discussions sur ce sujet, sans pour autant découvrir le fin mot de l'histoire.

L'Ethiopien

Cette nouvelle peint le destin d'un homme qui n'a jamais eu de chances dans l'existence, et qui est pris dans les mailles de la justice par hasard.

Toutes ces nouvelles mettent en lumière les rouages, sociaux, économiques ou psychologiques, qui peuvent mener aux tribunaux, tout en déconstruisant cette image prégnante des immigrés coupables de tous les maux.

Avec intelligence et dynamisme, l'auteur partage son expérience d'avocat et montre que les profils défendus ne sont jamais manichéens, ce qui permet sans doute à l'avocat de mener son jeu plus sûrement.

Des nouvelles à découvrir !

Présentation de l'éditeur : Folio

Publié dans Littérature Europe

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L'âge heureux de Sigrid UNDSET

Publié le par Hélène

♥ ♥

Uni fuit sa campagne natale pauvre pour tenter sa chance à la ville et conquérir son indépendance. Elle veut se consacrer au théâtre, mais se rend rapidement compte que là comme ailleurs, elle est à la merci de la critique et du regard des hommes. Elle peine également à trouver du réconfort auprès de Kristian son fiancé, tout aussi enfermé dans des carcans.

Ainsi, ce texte écrit en 1925 met en avant le poids des conventions écrasant les femmes, poids aliénant qui les poussent à  renoncer peu à peu à leurs rêves. Dans ce livre teinté de mélancolie l'accomplissement personnel se perd dans les méandres du couple.

"Vivre ne serait-ce qu'un seul instant, mais vivre de tout notre être une vie intérieure, une vie où nos yeux ne regarderaient plus dans le brouillard qui nous entoure, mais au-dedans de nous-mêmes, dans notre cœur plein de désirs." p 40

Dans la nouvelle suivante, Anton Simonsen, nous suivons un homme d'une soixantaine d'années qui depuis la mort de son épouse enchaîne les emplois précaires.

Ces deux nouvelles offrent un portrait social de la Norvège du début du 20ème siècle et témoignent de l'engagement de cette autrice, prix Nobel de littérature qui n'a cessé de lutter pour l'émancipation de la femme, et contre le poids des conventions et la misère.

Présentation de l'éditeur : Cambourakis

Publié dans Littérature Europe

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Le quinconce de Charles PALLISER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En Angleterre au début du XIXème, John Huffam vit dans un petit village, choyé par sa mère et ses nourrices. Plane un mystère autour de l'identité de son père, et le jeune garçon se persuade qu'il est apparenté aux châtelains du lieu. Il décide alors de désobéir à sa mère pour enquêter sur ses origines. Mais le danger rôde autour de lui..

Il s'agit ici du premier tome d'une série qui en compte 5, si bien que l'intrigue se met en place lentement, ménageant son suspens. Le parallèle avec Dickens est indéniable, tant cette oeuvre est puissamment romanesque.

Dans sa préface, Gaëlle Josse souligne :

« Amie, ami, toi qui entres en librairie et tournes autour de ce volume, surtout ne le repose pas. Laisse-toi tenter, car je te propose une aventure. Voici laquelle : ce livre est suivi de quatre autres, soit mille cinq cents pages de lecture au total. Je t’invite à embarquer.

Folie, non ? Folie, oui. Folie de lecture et d’écriture, défi de lecteur et d’écrivain. Mais à la clé, qu’on se rassure, nul exploit comptable, nulle épreuve arithmétique remportée pour la gloire.

Je te propose plutôt de vivre un grand bonheur, une authentique félicité comme nous les aimons, nous, les amoureux des livres, les dévoreurs de littérature, les curieux, les insatiables, les assoiffés de toutes les vies, de tous les destins, les affamés d’émotions qui nous tiennent en haleine et immobilisent la course du monde autour de nous. »

A noter la douceur au sens propre de cette réédition : les pages sont réellement douces au toucher, tout comme la couverture !

Présentation de l'éditeur : Libretto

Publié dans Littérature Europe

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Eden de Audur Ava OLAFSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Nous sommes à chaque instant au centre de notre existence."

Alba voyage aux quatre coins du monde pour des colloques sur les langues en voie d’extinction car « Il meurt une langue tous les vendredis. ». cette jeune enseignante - chercheuse s'intéresse aux pouvoirs des mots, corrigeant ou traduisant aussi occasionnellement des manuscrits. De retour à Reykjavík, elle décide de s'arrêter un instant et calcule que pour compenser son empreinte carbone, il lui faudrait planter 5 600 arbres. Elle décide alors sur un coup de tête d'acquérir un terrain situé aux confins du pays, terrain de roche, de lave et de sable avec juste une petite maison, et là, elle entreprend de planter ses arbres. Elle se coule harmonieusement dans la petite vie de la communauté, écoutant son voisin se plaindre des promoteurs ou décidant soudainement de donner des cours aux réfugiés.

Fascinée par le pouvoir infini des mots, Alba est une femme attentive aux détails, sachant percevoir la richesse du monde qui l'entoure et elle apprend ainsi peu à peu à trouver son Eden, sa place dans l'univers, au centre de sa propre existence.

"Les gens passent trop de temps à expliquer la vie aux autres, à penser à leur place et à leur montrer le droit chemin. Il y a les grammairiens qui corrigent nos fautes et les géologues qui nous expliquent la tectonique des plaques, sans parler des météorologues qui nous rebattent les oreilles avec le pourquoi du comment des épisodes climatiques extrêmes. (...) L'être humain n'a pas été créé pour se comporter de manière rationnelle. Personne ne peut se prévaloir de toujours agir dans son intérêt." p168

L'écriture lumineuse de Audur Ava Olafsdottir nous emporte en marge du monde, loin de ses turpitudes, dans un cocon de mots et de poésie. De lettres en mots, l'essentiel se dessine peu à peu, et l'agitation extérieure laisse place à l'évidence. A lire !

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

Du même auteur :  Rosa candida ♥ ♥ ♥ ♥ ;  L’embellie  ♥ ♥ ♥ ; L'exception ♥ ♥ ♥ ♥ ; Le rouge vif de la rhubarbe ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Ör ♥ ♥ ♥ ; Miss Islande ♥ ♥ ♥ ♥ ; La vérité sur la lumière ♥ ♥ ♥ 

Publié dans Littérature Europe

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Killarney blues de Colin O'SULLIVAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans la pittoresque ville de Killarney, un jeune homme se fait violemment rosser. Et pourtant, Bernard Dunphy n'a jamais contrarié qui que ce soit, se contentant d'admirer Marian, de composer pour elle de belles chansons de blues et de conduire sa jument avec sa calèche pour les touristes. Dans la ville, erre aussi Jack, son ami d'enfance, et un trio de copines qui ne se doutent pas des conflits sous-jacents. Jusqu'à ce que tout éclate, à l'heure où les protagonistes doivent affronter leurs démons intérieurs.

Si la violence habite le passé et le présent de certains personnages, Bernard offre une figure apaisée, marquante et réconfortante dans cette communauté. Etre profondément bon, il répand la lumière et empêche son entourage de sombrer dans les ténèbres. Ce clair-obscur nimbe le roman d'une atmosphère poétique porté par les notes lancinantes du blues de Bernard et par les paysages brumeux de l'Irlande.

Une beauté mélancolique habite ce premier roman d'un jeune poète irlandais.

 

Présentation de l'éditeur : Payot et rivages

Publié dans Littérature Europe

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Nos espérances de Anna HOPE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Hannah, Cate et Lissa sont des amies de longue date. Elles ont vécu ensemble dans un appartement londonien dans les années 1990 et maintenant, alors qu'elles ont 35 ans, chacune tente de trouver son chemin. Chemin difficile à tracer et assumer : Lissa se demande si elle fait bien de persévérer dans le monde du théâtre alors que les déconvenues sont nombreuses, Cate a fait un enfant avec Sam mais subit de plein fouet une certaine forme de dépression post-partum, et Hannah tente en vain de procréer. Chacune s'interroge sur ses choix et vacille.

Le roman offre des portraits de femmes touchantes, fragiles, dans un monde fait d'espérances, de désirs mais aussi de douleur et déception. Elles oscillent entre souvenirs du passé et tentative de se raccrocher aux souvenirs heureux en se disant peut-être que là était le bonheur, et illusions qui permettent juste de s’échapper du présent.

Porté par une écriture fluide, ce roman est beaucoup plus profond qu'il n'y parait !

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Le chagrin des vivants ♥ ♥ 

Publié dans Littérature Europe

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Luna de Serena GIULIANO

Publié le par Hélène

Luna retourne sur les pas de son enfance, à Naples, contre son gré. Son père est hospitalisé et même si elle a refusé durant de nombreuses années de le voir, elle part à son chevet pour ne pas le laisser seul. Elle a préféré fuir cet homme au passé trouble et partir pour Milan où elle s'est créée une nouvelle vie. Néanmoins son retour lui permet de retrouver sa cousine et ses racines.

Beaucoup de clichés s'amoncellent dans ce roman qui puise à la fois dans la série "Sex and the city" avec les amies soudées -c'est beau l'amitié-, dans L'amie prodigieuse avec la différence de classe sociale entre Luna et sa cousine et leur amitié qui finalement se joue des différences -c'est beau la tolérance !-.

L'autrice tente un peu d'humour avec un chat qui fait tout pour faire fuir Luna - qui glisse dans une flaque de pisse -c'est beau l'humour ! Et je ne vous parle pas du style "accessible", la mention des papillons qui s'envolent dans le ventre digne de mes meilleures pages de carnet intime de 6ème...

Les dialogues sont d'une finesse remarquable :

"- Tu m'as manqué, tête de rat"

" -Je suis tellement contente qu'on soit toutes ensemble.

- Moi aussi.

- Moi aussi, surenchérit Fatima, toujours en tain de se gaver."

Sans compter les allusion aux pets de Fatima... "C'est un parfait résumé de notre amitié : passer de réflexions profondes à des histoires de pets."

En fait il faut lire les remerciements et parmi ceux ci l'allusion à Virginie Grimaldi pour comprendre réellement : c'est un roman feel-good. Et je n'aime pas le feel-good. De fait ne faudrait-il pas clairement annoncer la couleur dés le début, ce qui m'aurait évité une lecture fastidieuse ?

Bref je pense que les amateurs de feel-good apprécieront cette lecture. Les autres, passez votre chemin et lisez L'amie prodigieuse ou les romans de Silvia Avallone bien plus profonds (D'acier ♥ ♥ ♥ ; Marina Bellezza ♥ ♥ ♥ ♥ ; La vie parfaite ♥ ♥ ♥ ♥)

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Publié dans Littérature Europe

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L'été solitaire de Elizabeth VON ARNIM

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ne serait-ce pas délicieux, ne serait-ce pas merveilleux, un été de solitude ? Pendant des semaines, quel bonheur de se réveiller en sachant qu'on est à soi, rien qu'à soi et à personne d'autre ?"

Cet été Elizabeth décide de ne recevoir personne. Voilà trois ans qu'elle est installée à la campagne, à Nassenheide en Prusse, et elle souhaite profiter de son été pour observer "tout ce qui se passe dans mon jardin. (...) Les jours de pluie, je m'enfoncerai au plus profond des bois, là où les aiguilles de pin sont toujours sèches ; quand le soleil brillera, je m'allongerai dans la bruyère et observerai le flamboiement des genêts contre les nuages. Mon bonheur sera constant puisque personne ne sera là pour le troubler."  Son mari "L'homme en Colère", semble sceptique, persuadée qu'Elizabeth va rapidement s'ennuyer et réclamer à nouveau de la compagnie. Mais le jeune femme bénéficie déjà de compagnie triée sur le volet : ses compagnons sont ses auteurs fétiches : Jane Austen, Heine, Miss Mitford, Goethe, Ruskin, Lubboc, White, Thoreau bien sûr, Hawthorne, Montaigne, et tant d'autres à qui elle voue un amour sans failles : "Quelle bénédiction d'aimer les livres ! Tout le monde doit aimer quelque chose, et je ne connais aucun objet digne d'être autant aimé qu'un livre et un jardin." 

Elizabeth se promène jour et nuit dans son jardin, contemple le miracle de la nature, s'enivre du parfum des fleurs :

"Le calme et la beauté de ce matin paraissaient d'autant plus merveilleux que nous associons le jour au bruit des voix, au va-et-vient pressé des passants, à la monotonie du travail qui procure la nourriture nécessaire à notre survie, et aux repas qui permettent de reprendre le travail qui procurera la nourriture... Là, le monde avait les yeux grand ouverts mais n'appartenait qu'à moi. J'étais seule à respirer l'air pur, les parfums entêtants, à entendre le rossignol, à me réchauffer au soleil. Pas un mot déplacé, pas une manifestation d'égoïsme, rien qui ternisse la pureté miraculeuse de l'univers que Dieu nous a donné." 

Elle se fond dans le cycle de la nature, consciente de l'importance des saisons. L'hiver est en effet nécessaire pour "connaître la face sombre de l'existence." "Le thermomètre descend à moins vingt degrés Réaumur, et vous êtes obligé de descendre avec lui jusqu'aux vérités élémentaires."

Lovée dans son jardin, seule, Elizabeth rencontre finalement un bonheur calme et serein :

"D'ailleurs, il n'est guère de plaisir qui ne soit à la portée de tout un chacun. Allez vous promener dans la campagne, ou, plus simplement encore, installez-vous sur le seuil de votre porte et ouvrez les yeux La nature, la généreuse nature vous a préparé mille spectacles : les premières fleurs, encore toute pâles, qui apparaissent au milieu des halliers ; une anémone qui se détache contre le bleu du ciel ; la première neige en automne ; les grands vents qui chassent les derniers miasmes de l'hiver ; l'odeur chaude des pins -on croirait des mûres - lorsque le soleil les frappe, le premier soir de février assez beau pour qu'on s'aperçoive que les jours rallongent - derrière les arbres sombres dont les branches, couvertes de gouttes de pluie, ressemblent à des rangs de perles, s'étend une bande de ciel couleur jaune pâle ; l'émotion douce qui vous saisit lorsqu'on comprend que l'hiver s'en est allé et que le printemps est là ; l'odeur des jeunes mélèzes, quelques semaines plus tard ; le petit bouquet de primevères que vous ne pouvez vous empêcher d'embrasser tant il est doux et beau et parfait, et aucun baiser au monde n'est plus délicieux."

Mais la guerre gronde et menace son fragile équilibre solitaire...

Elizabeth Von Arnim nous offre ici un petit précis d'hédonisme parfait pour l'été qui s'annonce !

Du même auteur : Christopher et Colombus

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D'acier de Silvia AVALLONE

Publié le par Hélène

d'acier

♥ ♥ ♥

 Prix des lecteurs de l’Express 2011

Piombino est une petite ville de Toscane plombée par le soleil italien. Loin d'être un lieu touristique, c'est une ville qui vit dans l'ombre de l'aciérie Lucchini, entreprise réelle qui employait plus de vingt mille ouvriers dans les années 1960 et qui en emploie deux mille aujourd'hui.

La jeunesse traine sur les plages, désœuvrée, observant au loin l'île d'Elbe, comme un eldorado qui les extrairait de cette lourdeur physique et sociale. Les garçons jouent des muscles et les filles roulent des hanches, pour oublier dans la superficialité d'un instant les dures conditions de travail des parents et l'absence prégnant d'avenir pour tous. Les mères de famille rêvent de s’abstraire de cette pesanteur mais baissent les bras, les pères sont ou violents ou démissionnaires, les jeunes filles aux rêves de starlette basculent dans des univers troubles, et les jeunes hommes s’obstinent à rester attachés à cette usine quand ils n’optent pas pour des trafics louches. Anna et Francesca, quatorze ans, errent dans cette ville piégée, rêvant d'évasion.

Silvia Avallone a un talent indéniable pour nous happer dans son monde. Dés les premières pages, elle nous plonge dans cet univers estival et nous fait ressentir les tensions sexuelles gravitant autour de ces deux jeunes filles débordantes de vie et de beauté. Elles incarnent magistralement cette jeunesse hésitant encore entre le monde naïf de l’enfance dans lequel rien ne porte à conséquence et le monde adulte, beaucoup plus âpre.  Malgré cela, l’ensemble est lumineux, éclairé par l’amitié de ces adolescentes incandescentes.

Il s'agit ici du premier roman de l'autrice, et nous retrouvons dans les suivants cette même intensité dans la description de l'adolescence.

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Le lynx ♥ ♥ ; Marina Bellezza ♥ ♥ ♥ ♥ ; La vie parfaite ♥ ♥ ♥ ♥ ; Une amitié ♥ ♥

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