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litterature amerique du nord

Sanctuaire de James CLEARY

Publié le par Hélène

Dans cette dystopie, les désastres climatiques ont fini par figer les Etats-Unis, provoquant des troubles civils, les plus pauvres se rebellant contre les plus riches. Dans ce climat tendu, le milliardaire John Brandt décide de mettre sa famille à  l'abri dans un bunker souterrain, le Sanctuaire, au cœur des Grandes Plaines. Mais ils sont rapidement rattrapés par un autre groupe prêt à tout pour survivre, mené par Grady. 

Mon avis :

L'auteur est acteur et metteur en scène et il a été profondément influencé par le rythme cinématographique. Le roman multiplie les clichés du film d'action américain : le lieu désertique, les comptes à rebours, les courses contre la montre, non sans son comptant de morts en cours de route ! Pour moi c'était trop, trop oppressant, trop de morts, trop d'incohérences, trop de noirceur, trop de personnages sans possibilité de s'attacher à aucun, trop de leçon de morale sur le désastre écologique, pas assez d'humanité, de supplément d'âme, pas assez de réflexions profondes, même si les pages de journal intime qui s'intercalent tentent de compenser ce manque. 

Et je ne vous parle pas de la fin !

Bilan : 

Un huis clos de survie assez brutal !

 

Présentation de l'auteur : Gallmeister

 

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Avalanche de Lance WELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les hommes s'en vont. Ou ils sont emportés. (Elle haussa les épaules.) Ça revient au même, je suppose, Les hommes s'en vont et nous attendons qu'ils nous reviennent." 

Au début du XXème siècle, Clara rejoint son oncle et sa tante qui vivent dans une petite ville isolée appelée Forsaken Heights, nichée dans les montagnes de l’Ouest américain. Dans le train, elle rencontre Jack, un homme hanté par son passé, revenu enterrer celui qui l’a élevé. Celui-ci n'est pas le bienvenue en ville car vingt ans auparavant, il a, sans le savoir, introduit dans la ville une épidémie mortelle qui a causé une tragédie durable. Plus d'un habitant a perdu un proche à cause de cette maladie. 

Ce que j'ai aimé :

Dans Avalanche, Lance Weller explore avec finesse le thème de la culpabilité, cette charge invisible que Jack porte malgré lui, héritée d’un passé qui n'en finit pas de passer... Il a droit  malgré tout à une seconde chance grâce à Clara et cette relation fragile est esquissée par touches subtiles, jamais appuyées, l’auteur évitant tout pathos pour laisser affleurer une émotion retenue mais persistante. Leur lien, marqué par les non-dits, reflète une humanité vacillante.

En toile de fond, la nature s’impose comme une force implacable, indifférente aux drames humains, qu’il s’agisse d’une épidémie ou d’une avalanche. Face à elle, l’homme demeure vulnérable, souvent dépassé par des événements où le hasard et l’ignorance jouent un rôle tragique. Weller suggère ainsi que les catastrophes ne sont pas toujours évitables, mais qu’elles révèlent ce que nous sommes profondément car l’être humain, dans toute sa complexité, se montre capable du pire comme du meilleur. Prompt à juger et à condamner, il peut aussi, contre toute attente, trouver en lui la force de pardonner.

Ce roman sensible interroge alors notre rapport à la faute, à l’autre et à la possibilité de rédemption.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman met en scène des personnages brisés, physiquement, moralement, dans une Amérique rude. Le lieu reculé, le froid, la culpabilité de Jack, rongent peu à peu aussi le lecteur, et si les éclaircies existent, elles restent fugaces. Demeure juste un souvenir de douceur qui permet d'affronter le monde, de le supporter, une once de bonheur fugace, qui fuit rapidement mais reste gravée dans leur corps et dans leur âme pour permettre de continuer à avancer. 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

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Pirate de lumière de Lily BROOKS-DALTON

Publié le par Hélène

Dans un futur indéterminé, la Floride enregistre des températures record, la région doit faire face à des feux de forêts incontrôlables, des marées montantes, des ouragans dévastateurs. La jeune Wanda est justement venue au monde pendant un ouragan extrêmement violent. Son père, Kirby travaille à réparer les lignes électriques endommagées par les tempêtes. Tous deux refusent de quitter la région malgré les dangers. 

Ce que j'ai aimé :

Wanda sera recueillie par Phyllis, une scientifique survivaliste qui lui apprend à observer la nature pour s'adapter et survivre dans ce nouvel environnement. Elle l'encourage à comprendre les changements écologiques du monde pour pouvoir y faire face. Ainsi, pendant que la civilisation se replie vers des zones plus sûres, Wanda choisit de rester et d'apprendre à vivre dans ce nouveau paysage. C'est là la force de ce roman d'anticipation, derrière l'alarme écologique, le message se veut optimiste. A travers les personnages de Wanda et Phyllis, l'autrice montre que même dans un monde fragilisé, il est possible de vivre autrement et de continuer à regarder vers l'avenir, la nature n’étant pas seulement une menace, mais aussi un espace d’apprentissage et de renouveau.. Le roman redonne foi en la résilience de l'être humain, finalement capable de s’adapter aux transformations du monde. 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Mois de mars : une maison sur la couverture

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Le chat noir et autres histoires de Edgar Allan POE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Publié au XIXᵉ siècle (les nouvelles ont été écrites entre 1830 et 1840), ce recueil rassemble plusieurs histoires célèbres de Poe, écrivain fantastique ancêtre de la science-fiction, spécialiste du conte horrifique, précurseur de la théorie psychanalytique du dédoublement de la conscience, initiateur du récit policier, maitre du récit d'aventure, analyste averti de la presse, satiriste, bref, un écrivain aux multiples facettes ! 

Ce que j'ai aimé : 

La diversité de registres est remarquable ! 

- des récits fantastiques : Le Portrait ovale qui rappelle que l'art consume la vie ou bien Le Chat noir récit fantastique noir dans lequel un homme sombre dans l’alcoolisme et la violence.

- des récits policiers : Les Meurtres dans la rue Morgue et Le Mystère de Marie Rogêt  récits policiers précurseurs du genre

- des contes mystiques : Le Colloque de Monos et Una  mettant en scène une conversation entre deux morts 

- des contes satiriques : Il ne faut jamais parier sa tête au diable ; La Semaine des trois dimanches ; De l’escroquerie considérée comme une des sciences exactes ; Sans lunettes

- des récits mélancolique comme Eleonora 

- des horreurs allégoriques : Le Masque de la mort rouge sur l’inéluctabilité de la mort et la vengeance face à la dépravation morale

- des horreurs historiques  Le Puits et le Pendule  

- des récits d'aventure Le Scarabée d’or, sorte de chasse au trésor 

- des contes cruels Le Cœur révélateur monologue d’un homme qui prétend ne pas être fou alors qu'il a tué un vieillard qui avait selon lui un œil de vautour, La Boîte oblongue

Edgar Poe est maître dans l'art de l'exploration de l’esprit humain tourmenté. Les criminels sont souvent trahis par leur propre conscience et dans les récits fantastiques, la frontière est floue entre réalité et hallucination. Il montre comment la conscience peut devenir une punition plus terrible que la justice. 

« Cependant, aussi sûr que mon âme existe, je crois que la perversité est une des primitives impulsions du cœur humain, – une des indivisibles premières facultés ou sentiments qui donnent la direction au caractère de l’homme. Qui ne s’est pas surpris cent fois commettant une action sotte ou vile, par la seule raison qu’il savait devoir ne pas la commettre ? N’avons-nous pas une perpétuelle inclination, malgré l’excellence de notre jugement, à violer ce qui est la Loi, simplement parce que nous comprenons que c’est la Loi ? »

L'auteur aborde aussi des questions scientifiques et des énigmes géographiques de la première moitié du 19ème siècle comme dans Une descente dans le Maelström  aventure marine au style très lyrique.

Bilan :

Un classique qui a influencé la littérature fantastique moderne et marque la naissance du roman policier.

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Thème du mois : Histoires courtes 

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Le vent et le lion de James McBRIDE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Sept nouvelles, une multitude d'émotions. James McBride met en scène des personnages afro-américains au cœur de récits qui oscillent entre réalisme et imaginaire.

Ce que j'ai aimé : 

McBride est musicien de jazz, et cela se sent dans son écriture. Ses phrases ont un rythme, un "groove" particulier que la traduction de Gallmeister (souvent excellente pour saisir l'argot et le rythme américain) restitue très bien.

Les personnages sont profondément humains, même les personnages les plus excentriques ou les plus faillibles sont traités avec une immense tendresse.

J'ai particulièrement aimé la première nouvelle "Un train nommé "Under Graham Railroad" : un collectionneur et vendeur de jouets anciens, obsédé par la valeur historique des objets liés à l’histoire afro-américaine, est fasciné par un train miniature rarissime représentant l’« Underground Railroad ». Il consacre son énergie à traquer cette pièce mythique. Peu à peu, McBride montre que la véritable valeur ne réside pas dans l’objet mais dans la transmission humaine et le sens qu’on donne au passé. La quête du jouet devient une métaphore de la quête d’identité.

La nouvelle "Le bal de Noël" rend hommage aux soldats afro-américains souvent oubliés par la grande Histoire qui ont combattu pour une liberté qu'ils n'avaient pas pleinement chez eux. C'est une histoire de fraternité qui dépasse les mots, où le silence est aussi parlant que la musique.

"L'ange Homme-Poisson", ma préférée met en scène Abraham Lincoln qui vient de perdre son fils, elle présente un homme fatigué, mélancolique mais toujours tourné vers les plus faibles. 

Les nouvelles passent de la comédie de quartier à la fable historique en quelques pages sans jamais perdre ce mélange audacieux d'humour décalé, de tendresse et de réflexions engagées, offrant un regard à la fois lucide et poétique sur la condition humaine.

Ce que j'ai moins aimé :

Comme dans n'importe quel recueil de nouvelles, certaines m'ont moins touchée comme "M. P. et le vent" une nouvelle étonnante qui se déroule dans un zoo à l'abandon où les animaux et les humains entrent dans un dialogue philosophique et absurde sur la liberté.

Bilan : 

Ces nouvelles rappellent que la vie reste imprévisible mais rayonne malgré tout, fragile et lumineuse, même dans des contextes difficiles.

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : La couleur de l'eau

Challenge Gallmeister

Mois de Février : Histoires courtes, émotions longues

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Lettres à sa fille de Calamity JANE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Calamity Jane, figure mythique et ambiguë de l’Ouest américain, s’adresse dans ces lettres à sa fille, qu’elle a confiée très jeune à une famille respectable afin de lui offrir un avenir plus stable que le sien. Entre 1877 et 1902, elle livre le récit fragmenté de son errance à travers l’Ouest sauvage : camps de mineurs battus par la poussière, villages de pionniers encore en gestation, horizons rudes où se joue chaque jour la survie. À travers ces pages affleurent la solitude d’une femme évoluant dans un monde d’hommes, les luttes quotidiennes pour subsister, mais surtout un profond désir de rédemption et de reconnaissance. Calamity Jane y façonne l’image d’une mère aimante, meurtrie par la séparation, cherchant à prouver à sa fille qu’au-delà de sa réputation de marginale et de femme libre, bat un cœur sincère et profondément attaché à elle.

Ce que j'ai aimé :

J'ai apprécié les descriptions de la vie dans l'Amérique des pionniers, qui restituent avec simplicité la rudesse et la précarité de cette époque.

En outre, le portrait que Calamity Jane dresse d’elle-même est celui d’une mère tendre, presque suppliante, désireuse de transmettre à son enfant une image apaisée et digne, loin des clichés qui l’entourent.

Ce que j'ai moins aimé :

Il semblerait que la véracité des lettres ne soit pas avérée : la plupart des historiens estiment aujourd’hui que ces lettres sont apocryphes, inventées, probablement par un auteur français anonyme ou par un éditeur du début du XXème siècle cherchant à romancer sa vie.  Aucune trace de ces lettres n’existe dans les archives américaines.

Par ailleurs, le style, très simple et peu marquant, peine à laisser une empreinte durable : les épisodes s’enchaînent sans réelle cohérence, et, une fois le livre refermé, il ne m’en reste qu’un souvenir diffus, presque effacé.

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

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Un silence brutal de Ron RASH

Publié le par Hélène

♥ ♥

À trois semaines de la retraite, le shérif Les aspire à la tranquillité. Mais son calme est brisé lorsqu'une affaire éclate : des truites ont été empoisonnées au kérosène dans une rivière appartenant à un complexe touristique de luxe. Rapidement un homme est accusé, Gérald, un vieil homme un peu sauvage attaché à sa terre et à ses traditions, qui refuse de voir son territoire transformé en parc d'attractions pour riches citadins. Becky, poétesse agente de protection de l'environnement, est persuadée de son innocence.  

Ce que j'ai aimé :

Ron Rash nous revient avec un roman d'une tension étouffante, où la poésie sauvage des Appalaches se cogne à la réalité brutale d'une Amérique en sursis.

Au cœur de ce récit, Ron Rash orchestre une alternance de points de vue : d'un côté, nous suivons Les, le shérif local à l'aube de sa retraite. C'est un homme qui porte sa juridiction dans son sang : il a grandi avec ceux qu'il doit aujourd'hui arrêter. Pour lui, les déviances ne sont pas innées ; elles sont les cicatrices d'un contexte social et économique dévasté. Sa lutte contre le fléau de la Méth n'est pas celle d'un moralisateur, mais celle d'un protecteur qui tremble à l'idée de découvrir une nouvelle famille dévastée par la "cristal". Face à lui, se tient Becky, la garde-faune. Son personnage est d'une densité rare, marquée par des traumatismes qui auraient pu l'anéantir : rescapée d'une tuerie scolaire, elle a aussi vécu l'horreur d'une liaison avec un terroriste. Pour elle, la langue et la nature sont des refuges. Sa voix, presque mystique, apporte une dimension lyrique au roman, transformant chaque observation de la faune en un acte de résilience. Le titre original, Above the Waterfall ("Au-dessus de la cascade"), illustre parfaitement le cœur du livre : cette volonté farouche de prendre de la hauteur sur les drames humains pour observer la beauté immuable du monde.

Ron Rash signe ici une œuvre crépusculaire, où l'alliance de la cruauté humaine et de la splendeur naturelle crée un contraste saisissant. C'est un roman sur le pardon, sur la fin d'un monde et sur la nécessité de regarder, une dernière fois, la beauté du monde avant que le silence ne devienne total.

Bilan : 

Une lecture magnifique qui confirme que Ron Rash est l'un des plus grands stylistes de la littérature américaine contemporaine.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Un pied au paradis  ♥ ♥ ♥ ♥

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Le guide de Peter HELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jack, jeune homme meurtri par les tragédies de sa vie récente, accepte un emploi dans un luxueux lodge de pêche au Montana. Ce lieu idyllique, réservé à une clientèle fortunée, semble au premier abord un havre de paix : rivières immaculées, paysages grandioses, calme absolu. Lorsque Jack devient le guide de Alison, une chanteuse célèbre venue chercher la tranquillité, ils découvrent que sous le calme apparent se cache des mystères troublants...

Ce que j'ai aimé : 

Une mélancolie lumineuse s'échappe de ces pages : Jack est meurtri par la disparition de sa mère et de son meilleur ami et espère prendre du recul en partageant sa passion pour la pêche. Il ressent une "dose de grâce insouciante" lors de la pêche au bord de la rivière, et une communion tacite entre les deux êtres qui s'harmonisent pendant cette partie de pêche, happés par la beauté du geste et du moment.

Ce que j'ai moins aimé : 

L'alliance entre la beauté sauvage de la nature et la cruauté des pratiques est assez surprenante. Le mélange des genres entre nature writing, roman d'anticipation, thriller, m'a déstabilisée... Peter Heller a une écriture à la fois poétique et précise, portée par une solide connaissance du monde sauvage. Son style enveloppe le lecteur dans une sorte de cocon, tout en faisant glisser le récit vers un thriller presque claustrophobe. C’est cette tension entre beauté et menace qui fait la singularité du roman et en dérouter certains.

Il s'agit de la suite de "La rivière", mais je ne l'avais pas lu, cela ne nuit pas à la lecture.  

Présentation de l'éditeur : Babel

Du même auteurCéline ♥ ♥ ♥ ♥ ; La pommeraie ♥ ♥ 

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La déroute de Emma PATTEE

Publié le par Hélène

À neuf mois de grossesse, Annie affronte le terrible séisme que les habitants de la région des Cascades à Portland redoutaient depuis des années. Elle a beau avoir suivi des cours de préparation aux catastrophes, lorsque le sol cesse enfin de trembler, une seule certitude s’impose : elle doit avancer. Pour rejoindre son mari à travers une ville ravagée, elle sera confrontée à la fragilité de notre humanité, mais aussi à ces gestes de solidarité qui tiennent bon même au cœur du chaos.

Si le roman s’appuie sur les codes du récit catastrophe pour capter immédiatement l’attention, il n’a malheureusement pas su me convaincre sur la durée. La mise en place est efficace, la tension monte de chapitre en chapitre, et l’on sent que l’autrice maîtrise l’art du suspense. Pourtant, malgré cette promesse initiale, l’ensemble déçoit.

Ce que j’ai moins aimé :

La montée en puissance de l’intrigue, bien que prenante, débouche sur une fin qui m’a paru étonnamment plate et peu aboutie. Toute l’énergie accumulée au fil des pages semble retomber d’un coup, sans offrir l’impact émotionnel ou narratif que j’espérais.

Autre point qui m’a déplu : les placements de marques et de restaurants à Portland. Les personnages listent ce qu’ils rêvent de manger après la catastrophe — “une tarte au citron de chez Banning”, “des beignets de chez Sesame Donuts”, “la salade de macaronis bien crémeuse d’Alibi”, etc., à croire que l'autrice touche des intérêts ! Et je ne parle pas d'Ikéa !

Bilan : 

En bref, un roman qui avait du potentiel et quelques bonnes idées, et aurait pu nous dérouter mais qui ne m’a pas vraiment convaincue.

Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel

Sélection de novembre 

Catégorie : Fiction 

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Dire Babylone de Safiya SINCLAIR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Safiya grandit en Jamaïque dans une famille qui vit selon les principes rastafaris les plus austères. Le père, tyrannique, parfois violent, est en effet obsédé par la nécessité de protéger sa famille de "Babylone". Dans la doctrine rasta, "Babylone" désigne l'Occident, le système colonial, le racisme, le capitalisme, la corruption, l'Église, et tout ce qui est perçu comme décadent et oppresseur pour l'homme noir. Pour le père, cela inclut souvent l'éducation et l'ouverture au monde que cherche Safiya. La jeune femme trouve alors refuge et sa voie vers la liberté grâce à la poésie. 

Ce que j'ai aimé :

Ce beau roman autobiographique raconte l'histoire de l'émancipation de Safiya Sinclair face à l'autorité et au rigorisme de son père. Mais Dire Babylone est bien plus qu'un simple témoignage : c'est un hymne à la résilience féminine et à la force intérieure, une exploration de l'identité jamaïcaine et des luttes contre un patriarcat étouffant. Il nous invite à réfléchir sur les mécanismes de domination et sur le pouvoir salvateur de la littérature, qui, ici, devient un moyen de rendre sa voix à celle qui croyait l’avoir perdue.

À travers une écriture vibrante, elle parvient à transformer la douleur en une puissance créative, et à offrir au lecteur une réflexion profonde sur la quête d'identité, l'émancipation, et la lutte pour l'égalité. Un cri d’espoir, un témoignage bouleversant ! 

Présentation de l'éditeur : 10-18

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