Kafka sur le rivage de Haruki MURAKAMI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Dans la vie tout est métaphorique »

Hanté par une prédiction oedipienne, le jeune Tamura, quinze ans, fugue loin de son père. Il se réfugie dans une bibliothèque où il rencontre Oshima qui devient alors son guide. Parallèlement, un vieil homme étrange converse avec des chats...

Ce résumé succinct ne peut aucunement rendre compte de la complexité et de l'ampleur de ce roman qui aborde des pistes variées, emportant son lecteur dans un monde riche extraordinaire. Il nous interroge sur le destin, sur l'identité, le pouvoir de l'imagination, la tolérance...

“Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C'est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l'aube. Pourquoi ? parce que la tempête n'est pas un phénomène venu d'ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d'autre. Elle vient de l'intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c'est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d'empêcher le sable d'y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de lune, pas de repère dans l'espace ; par moments, même, le temps n'existe plus. Il n'y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.” P8

Il nous parle de nous, il nous parle du monde, il nous parle des autres, pour finalement évoquer le sens de la vie.

« Moi, je recherche une force capable d’absorber les pressions de l’extérieur et qui me permette de les supporter. » dira le narrateur.

« Et c’est à force de s’impliquer comme ça dans de petites choses que tout prend sens naturellement. Plus tu entres en rapport avec les choses, plus tu prends conscience de leur sens. »

Il plonge ses racines dans la culture qu'elle soit japonaise, française, grecque. Il prouve combien l'art est universel et souple face aux multiples facettes de la réalité, combien il peut parler aux âmes des lecteurs qui construit alors sa propre interprétation du roman et du monde.

« Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu'il y a dans nos cœurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. "

Un grand roman !

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Du même auteur :  Autoportrait de l'auteur en coureur de fond ♥ ♥ ♥ 1Q84 1 ♥  ; 1Q84 livre 2 

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 29/07/2021 09:30

Je te rejoins totalement : un grand roman.

Ingannmic 15/07/2021 19:04

C'est avec ce titre que j'ai découvert l'auteur et depuis, entre lui et moi -ou plutôt entre ses romans et moi !-, c'est une grande histoire d'amour !

Sibylline 15/07/2021 16:40

Je l'avais adoré quand il est sorti en France et, je ne sais pas pourquoi, j'y repensais il n'y a pas longtemps en me disant que je l'avais trop oublié et qu'il était grand temps de le relire. ;-)

Dominique 15/07/2021 11:47

bon il faut que j'avoue ne pas aimer Murakami SAUF ce livre qui est magnifique, magique, émouvant, fort c'est un des romans qui m'a vraiment touché dans ces dernières années

manou 15/07/2021 10:25

Voilà un roman que j'ai noté depuis très longtemps dans mon carnet mais encore pas lu, tu me donnes envie de le lire très vite. Je n'ai lu de lui que "la fin des temps" et "l'incolore Tsukuru Tazaki"...et un troisième que j'ai complètement oublié tant cela fait longtemps "au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" ! Merci pour ton ressenti