Kabuliwallah de Rabindranath TAGORE

Publié le par Hélène

♥ 

"Petites vies, petits chagrins,

Petites histoires de malheur,

D'une linéarité, d'une banalité radicales ;

Des milliers de larmes versées chaque jour,

Si peu sauvées de l'oubli ;

Pas de description élaborée,

Mais un pauvre récit monotone,

Ni théorie ni philosophie,

Aucune histoire vraiment résolue,

Une fin toujours avortée, 

Laissant le coeur insatisfait.

A jamais inachevées,

Les innombrables histoires du monde :

Boutons arrachés avant maturité, 

Gloire en poussière avant d'avoir été chantée,

L'amour, l'effroi, l'injustice

De milliers de vies obscures."

Rabindranath Tagore

Tagore est surtout connu en France pour ses poèmes et son magnifique Offrande lyrique. Et pourtant ce sont des nouvelles que nous présentent ici l'excellente maison d'édition Zulma, 22 nouvelles qui sont l'occasion de mettre en valeur le talent du prix Nobel de littérature pour capter des instants de vie qui en disent long sur les conditions sociales des Indiens en ce début de siècle. Ces nouvelles se déroulent en Inde, à Calcutta, la ville natale de Tagore, et mettent souvent en scène des femmes, victimes du système et de l'oppression masculine.

Qu'il s'agisse du mariage des petites filles (L'histoire du ghât, l'enfant muette), de l'éducation atrophiée des jeunes filles (Le cahier d'écolier), des difficultés dues à la dot (La dette) ou encore des mariages malheureux, la conclusion des nouvelles est souvent désespérée, mettant en valeur une injustice flagrante. L'innocence des enfants se perd, aliénés par la société et ses codes, la domination devenant exaltante pour certains.  A l'origine de tant de noirceur, l'argent qui vérole bien souvent les rapports humains (L'arbre du chagrin,  Le cerf d'or) mais aussi les errances du coeur humain (Insensé), facilement aveuglé, la raison peinant bien souvent à pénétrer l'esprit, et l'être humain se complaisant dans les "pièges de l'illusion". 

Une série de portraits de "petites vies, petits chagrins" sans consessions dans cette Inde de la fin du XIXème siècle. 

Ce que j'ai moins aimé : un peu répétitif, les nouvelles sont courtes et s'enchaînent, laissant peu de temps au lecteur pour s'imprégner de l'atmosphère et des personnages. 

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Yves 

Kabuliwallah, Rabindranath Tagore, Nouvelles traduites du bengali (Inde) et présentées par Bee Formentelli, Zulma, février 2016, 400 p., 22 euros

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Commenter cet article

A_girl_from_earth 08/04/2016 23:40

Pas très recueil de nouvelles, mais pour découvrir cet auteur, ça pourrait être l'idéal parce que bon, la poésie, c'est pire pour moi...:-)

Hélène 10/04/2016 20:27

Vu sous cet angle, pourquoi pas...

Camille&Aurore 07/04/2016 17:35

Un beau voyage en Inde à travers ces nouvelles !

Hélène 10/04/2016 20:26

Exactement !

Electra 07/04/2016 09:37

Un pays qui ne m'attire pas du tout j'avoue.

Hélène 10/04/2016 20:26

Je n'aimerais pas y aller, mais ce qui m'intéresse là-bas est la condition des femmes;

Yv 07/04/2016 08:44

Comme toi, j'ai bien aimé, ça m'a permis de découvrir encore un peu plus l'Inde à travers cet auteur, franchement, une belle lecture ; les nouvelles c'est une bonne manière d'entrer en contact avec un auteur, un pays, ...

Hélène 10/04/2016 20:25

C'est vrai que c'est une belle porte vers un pays..

Bernieshoot 07/04/2016 08:10

Des nouvelles courtes à lire et relire

Hélène 10/04/2016 20:25

Exactement !