Eugène Onéguine de Alexandre POUCHKINE

Publié le par Hélène

Ce roman-poème atypique écrit en vers raconte le destin de Eugène Onéguine personnage assez glacé, doté d'un spleen quasi baudelairien. Rien ne le satisfait, il erre loin de toute passion. La jeune Tatiana tombe sous son charme mais Eugène, le coeur glacé, la rejette. Il se lie avec un jeune voisin Lenski, jeune homme exalté et romantique. Mais un drame vient entacher leur relation.

"Par quel hasard être venu ?

Dans mon désert, dans mon silence,

Je ne vous aurais pas connu,

J'aurais pu vivre sans souffrance,

Le feu d'un coeur sans expérience,

Avec le temps, se serait tu,

Quelqu'un aurait compris mon âme,

Je serais devenue sa femme,

Mère et modèle de vertu."

Plusieurs années plus tard, Eugène recroise Tatiana, mariée, et les regrets s'invitent en son coeur... Mais Tatiana est douée d'une dignité toute aristocratique qui récuse l'adultère.

Roman d'un amour impossible, l'intrigue d'Eugène Onéguine reprend les thèmes des rendez vous manqués, de l'amour qui passe trop tôt ou trop tard... Les commentaires ironiques de l'auteur-narrateur qui juge les actions de ses personnages, mais évoque aussi les questions de langue et de style, apportent une certaine légèreté à cette oeuvre.

"Placé du côté de la légèreté, du sourire,le roman de Pouchkine est unique dans la littérature russe : il n'apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n'accuse pas, n'appelle pas à la révolte, n'impose pas un point de vue, comme le font, chacun à leur façon, Dostoïevski, Tolstoï, ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d'autres, Tchekhov excepté. Il nous appelle à vivre, dans notre propre langue, dans une espèce d'anonymat joyeux de la mémoire qui nous ramène, nous aussi, à la légèreté de notre absence." André Markowicz traducteur

Ce que j'ai moins aimé : La traduction ne peut que rendre difficilement hommage à une telle oeuvre. Je n'ai pas été sensible à la poésie du style. De plus, les références littéraires (à Byron et aux romantiques notamment) me sont restées étrangères.

L'âme slave ne m'habite pas, je suis restée fermée à toute éclosion de sentiments en moi à cette lecture.

Bilan :  Pour Nabokov, Eugène Onéguine est «une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet, ou Moby Dick».

A vous de juger...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Moka  ; Madame Lit ; L'or des livres

 

Lu dans le cadre du week-end russe organisé par Cryssilda en marge du Festival "Journées du livre Russe et des littératures russophones" qui se tient à Paris ce week-end. 

 

Publié dans Littérature Europe

Commenter cet article

Folavril 10/02/2017 08:55

Un roman que j'ai très envie de lire, depuis que j'ai lu Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais ! C'est toute la difficulté des traductions, c'est tellement délicat, surtout pour de la poésie...

Cryssilda 08/02/2017 23:20

Et merci pour ta participation ! :)

Hélène 10/02/2017 09:04

merci à toi pour l'initiative !

Cryssilda 08/02/2017 23:20

Oh moi, de toutes façons, je ne fais pas confiance à Nabokov... ;-)
Sinon, un récit en vers, ça ne m'attire pas du tout ! Je suis assez réfractaire à la poésie...

Hélène 10/02/2017 09:04

J'ai été surprise et peu enthousiasmée au final !

Moka 05/02/2017 21:24

Un roman que j'ai aimé et que j'ai découvert avant de lire Songe à la douceur de Clémentine Beauvais qui a publié, tu dois le savoir, un roman qui revisite ce classique russe... A découvrir si ce n'est pas déjà fait.

Hélène 06/02/2017 11:49

Oui c'est toi qui m'avait donné envie de le lire, je me souviens de ton enthousiasme !

keisha 05/02/2017 14:18

Je n'ai pas trop l'âme slave non plus (Dostoievsky me barbe) mais je peux te dire qu'Eugene Oneguine en opéra, ça fonctionne!!!!!

Hélène 06/02/2017 11:49

J'irai écouter alors !

Dominique 05/02/2017 11:27

un texte difficile de par sa forme à mon avis, l'histoire en elle même j'aime assez mais la lecture est difficile

Hélène 06/02/2017 11:48

Je n'ai pas été sensible à cette poésie. rendez vous manqué pour moi.

Laure 05/02/2017 10:49

Je ne l'ai pas lu dans cette dernière traduction chez Actes sud, mais dans celle de Folio. Je ne sais pas si c'est pour cette raison, mais j'ai adoré Eugène Onéguine, et j'en garde encore un souvenir très fort.

Hélène 06/02/2017 11:48

je ne sais pas s'il s'agit du même traducteur, je vais vérifier !

manou 05/02/2017 07:28

En principe j'aime assez la littérature russe mais je ne connais pas du tout ce grand classique. J'avoue que la lecture en vers ne me tente pas du tout pour l'instant mais si je le croise en médiathèque j'en lirai quelques extraits pour me rendre compte par moi-même. Merci de nous donner ton ressenti

Hélène 06/02/2017 11:47

Je suis heureuse de l'avoir découvert même s'il ne m'a pas parlé !