Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 09:00

ce qu'on peut lire dans l'air

 

 

 

♥ ♥

 


L’auteur :

 

À deux ans, Dinaw Mengestu, né en 1978 à Addis Abbeba, a fui l’Éthiopie avec sa famille pour s’installer aux États-Unis. Venu à Paris en 2007 pour la parution de Les Belles choses que porte le ciel, il s’est épris de la France. Il s’est installé à Paris tout en continuant à être régulièrement aux États-Unis pour enseigner, faire des conférences, voir sa famille et faire la promotion de ses romans. Les Belles choses que porte le ciel a connu un beau succés et quand Ce qu’on peut lire dans l’air est paru aux Etats-Unis (septembre 2010), il a été finaliste de la sélection du Independant book store et a gagné le Vilcek Prize.


L’histoire :

 

Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparés pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jonas Woldemariam, leur fils, en pleine crise existentielle, revient sur leurs pas. Entre de vagues souvenirs d’enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux Etats-Unis, il reconstitue à tâtons l’histoire de sa famille, sa propre histoire...

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les parents de Jonas sont des immigrés éthiopiens échus dans un univers américain qui ne sera jamais totalement le leur. La relation qu’ils entretiennent avec leur pays d’accueil est finement évoquée, portée de surcroît par une écriture calibrée. Leur passé flou est réinventé par leur fils en quête de ses origines et de lui-même. : il crée en artiste virtuose une histoire cohérente universelle.

 

«  Elle avait collé la tête contre la vitre de séparation pour lui lancer : « Pardon, monsieur, vous êtes de quel pays ? » Elle avait souvent affirmé détester que les gens posent cette question aux chauffeurs de taxi. (…) « Fiche-leur la paix, avait-elle déclaré. Pourquoi seraient-ils obligés de raconter d’où ils viennent ou pourquoi ils ont quitté leur pays ? Pour qu’on leur file un dollar de pourboire en plus ? Personne en demande au vieux chauffeur noir d’où il est ni ce qu’il a vécu, parce que les gens trouveraient ça grossier et dingue. Sauf s’il a un accent. Là, tout est permis. Là, c’est « dites-nous pourquoi vous êtes venu ici et combien ce doit être dur ! » » (p. 131)

 

Jonas assiste parallèlement impuissant à la déliquescence de son couple, l’érosion des sentiments ne résistant pas au manque d’identité des deux protagonistes. Les dernières semaines du couple s'égrennent au travers de scènes fugaces et parlantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

J’ai retrouvé exactement la même atmosphère que dans Les âmes chagrines de Léonora MIANO : quelques personnages épars aux  liens familiaux ténus et problématiques qui s’analysent au travers du vécu de leurs parents et de leurs rapports aux autres. Ce sont des romans très statiques, psychologiques, et il m’a manqué personnellement un élan romanesque, une découverte de nouveautés et d’étrangetés qui m’auraient emportée dans un univers fascinant ou terrifiant.

 

Premières phrases :

 

« Sept cent soixante-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu’une Monte-Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l’heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l’on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère – Mariam – devait se rendre aux toilettes. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les belles choses que porte le ciel

Autre : Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

Ce qu’on peut lire dans l’air, Traduit de l’américain par Michèle Albaret-Maatsch, Albin Michel, Terres d’Amérique, 2011, 368 p., 22 euros

 

 

defi Afrika Choupynette

 

challenge 1% littéraire

 

Par Hélène - Publié dans : Littérature Afrique de l'Est
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“A quoi sert d’être cultivé? A habiter des époques révolues et des villes où l’on n’a jamais mis les pieds. A vivre les tragédies qui vous ont épargné, mais aussi les bonheurs auxquels vous n’avez pas eu droit. A parcourir tout le clavier des émotions humaines, à vous éprendre et vous déprendre. A vous procurer la baguette magique de l’ubiquité. Plus que tout, à vous consoler de n’avoir qu’une vie à vivre. Avec, peut-être, cette chance supplémentaire de devenir un peu moins bête, et en tout cas un peu moins sommaire.”

Mona Ozouf, historienne, auteur de La Cause des livres (Gallimard).

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