Ce qu’on peut lire dans l’air de Dinaw MENGESTU

Publié le par Hélène

                                                   ce qu'on peut lire dans l'air

♥ ♥

 

L’auteur :

 À deux ans, Dinaw Mengestu, né en 1978 à Addis Abbeba, a fui l’Éthiopie avec sa famille pour s’installer aux États-Unis. Venu à Paris en 2007 pour la parution de Les Belles choses que porte le ciel, il s’est épris de la France. Il s’est installé à Paris tout en continuant à être régulièrement aux États-Unis pour enseigner, faire des conférences, voir sa famille et faire la promotion de ses romans. Les Belles choses que porte le ciel a connu un beau succés et quand Ce qu’on peut lire dans l’air est paru aux Etats-Unis (septembre 2010), il a été finaliste de la sélection du Independant book store et a gagné le Vilcek Prize.


L’histoire :

Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparés pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jonas Woldemariam, leur fils, en pleine crise existentielle, revient sur leurs pas. Entre de vagues souvenirs d’enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux Etats-Unis, il reconstitue à tâtons l’histoire de sa famille, sa propre histoire...

 

Ce que j’ai aimé :

 Les parents de Jonas sont des immigrés éthiopiens échus dans un univers américain qui ne sera jamais totalement le leur. La relation qu’ils entretiennent avec leur pays d’accueil est finement évoquée, portée de surcroît par une écriture calibrée. Leur passé flou est réinventé par leur fils en quête de ses origines et de lui-même. : il crée en artiste virtuose une histoire cohérente universelle.

 «  Elle avait collé la tête contre la vitre de séparation pour lui lancer : « Pardon, monsieur, vous êtes de quel pays ? » Elle avait souvent affirmé détester que les gens posent cette question aux chauffeurs de taxi. (…) « Fiche-leur la paix, avait-elle déclaré. Pourquoi seraient-ils obligés de raconter d’où ils viennent ou pourquoi ils ont quitté leur pays ? Pour qu’on leur file un dollar de pourboire en plus ? Personne en demande au vieux chauffeur noir d’où il est ni ce qu’il a vécu, parce que les gens trouveraient ça grossier et dingue. Sauf s’il a un accent. Là, tout est permis. Là, c’est « dites-nous pourquoi vous êtes venu ici et combien ce doit être dur ! » » (p. 131)

 Jonas assiste parallèlement impuissant à la déliquescence de son couple, l’érosion des sentiments ne résistant pas au manque d’identité des deux protagonistes. Les dernières semaines du couple s'égrennent au travers de scènes fugaces et parlantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai retrouvé exactement la même atmosphère que dans Les âmes chagrines de Léonora MIANO : quelques personnages épars aux  liens familiaux ténus et problématiques qui s’analysent au travers du vécu de leurs parents et de leurs rapports aux autres. Ce sont des romans très statiques, psychologiques, et il m’a manqué personnellement un élan romanesque, une découverte de nouveautés et d’étrangetés qui m’auraient emportée dans un univers fascinant ou terrifiant.

 

Premières phrases :

 « Sept cent soixante-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu’une Monte-Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l’heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l’on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère – Mariam – devait se rendre aux toilettes. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les belles choses que porte le ciel

Autre : Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

Ce qu’on peut lire dans l’air, Traduit de l’américain par Michèle Albaret-Maatsch, Albin Michel, Terres d’Amérique, 2011, 368 p., 22 euros

 

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Publié dans Littérature Afrique

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Commenter cet article

Choupynette 27/09/2011 19:37



malgré ton bémol, je l'ai noté. histoire de me faire mon avis; j'aime les récits de déracinement.



Hélène 27/09/2011 22:22



Je serai curieuse de connaitre ton avis.



Kathel 03/09/2011 12:54



Je m'étais légèrement ennuyée dans le premier roman de Dinaw Mengestu, lu en anglais (The beautiful things that heaven bears) aussi je ne pense pas lire ce deuxième livre paru en français.



Hélène 03/09/2011 14:02



J'avais bien aimé le premier, assez lent, je te le concède, mais là c'était encore plus statique...



Ys 02/09/2011 15:03



Je viens de lire son précédent, très nostalgique, qui semble dans la tonalité de celui-là.



Hélène 02/09/2011 15:53



Oui, mais je l'avais préféré...



papillon 02/09/2011 13:52



Je n'ai que la fin de ton billet parce que c'est une de mes prochaines lectures, mais j'ai vu que tu lui avais mis une note de 2... Aie aie aie. j'espère que je ne serai pas trop déçue parce que
j'en attends beaucoup !



Hélène 02/09/2011 14:10



J'ai hâte de découvrir ton avis... J'en ai un peu assez des histoires de famille, ce pourquoi je n'ai pas pris bcp de plaisir à cette lecture.



juliette 02/09/2011 13:43



Je uis une traumatisée de Mengetsu, de ces titres alambiqués et de ses phrases de 3 pages...



Hélène 02/09/2011 14:11



Eh bien sur celui-ci je te rejoins, c'était bien longuet...



Hélène 02/09/2011 11:17



Ton avis me refroidit un peu. Je crois que je vais putôt attendre qu' il soit disponible à la bibliothèque. 



Hélène 02/09/2011 14:11



Tu verras si des avis positifs fleurissent sur les blogs...



clara 02/09/2011 09:15



J'ai ces âmes chagrines qui m'attend donc je passe ( pour le moment)...



Hélène 02/09/2011 10:41



J'attends ton avis avec impatience..