Disgrâce de J.M. COETZEE

Publié le par Hélène

disgrace

 

 

♥ ♥ ♥

 Booker Prize, 1999

Commonwealth Prize

National Book Critics Circle Award

Prix du meilleur livre étranger, 2002


L’auteur :

 

John Maxwell Coetzee est un romancier et professeur en littérature sud-africain. Il est lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Nobel de littérature en 2003.

 

L’histoire :

 

David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l’université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l’accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l’apartheid…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         JM Coetzee peint avec subtilité le portrait d’un homme déchu, placé en statut de « disgrâce ». David Lurie n’est pas un héros classique doté de toutes les qualités requises pour que le lecteur puisse d’identifier à lui ou rêver d’atteindre sa perfection. C’est un être humain, contradictoire, borné quelquefois, intelligent souvent, lâche à l’occasion, tendre si besoin est. Comme le Lucifer de Byron, il se laisse mener par les forces obscures du désir :

 

 «  Bien ou  Mal, il fait ce qu’il a envie de faire. Il n’agit pas selon un principe, il obéit à des impulsions, et l’origine de ses impulsions lui est obscure. (…) Et Byron, en fin de compte, nous donne à penser qu’il sera impossible de l’aimer, au sens le plus profond, le plus humain du terme. Il sera condamné à la solitude. » (p. 44)

 

Il plaide coupable quand on l’accuse, s’affichant alors là où on ne l’attend pas :

 

« Nous vivons une époque de puritanisme. La vie privée des uns est l’affaire de tous. La luxure est respectable, la luxure et la sentimentalité. Ils voulaient du spectacle : que je batte ma coulpe, des remords, des larmes si possible. Un programme de télé, en somme. Je ne leur ai pas donné ce plaisir. » (p. 84)

 

Un être désespérement seul malgré ses efforts pour se rapprocher de sa fille.  

 

-         Là est la puissance des romans de JM Coetzee : savoir nous offrir une vision du monde et des humains qui n’est pas manichéenne. Ses personnages sont comme jetés, désoeuvrés, dans un monde qu’ils tentent d’habiter au mieux, dotés de qualités et de défauts profondément humains.

 

« Mais moi, je dis que tous autant que nous sommes nous regrettons ce que nous avons fait quand nous nous faisons prendre. C’est alors qu’on regrette. Mais la question n’est pas de savoir si l’on regrette. La question est de savoir ce qu’on a appris. La question est de savoir ce qu’on va faire maintenant qu’on regrette. » (p. 207)

 

- Sa réflexion sur l’Afrique du Sud, pays meurtri, est tout aussi nuancée.  Il évoque les séquelles de l’apartheid sans aucun parti pris.

 

 « Ce qu’il y a  doit circuler pour que tout un chacun ait l’occasion de connaître le bonheur le temps d’une journée. (…) c’est ainsi qu’il faut voir la vie dans ce pays : sous son aspect schématique. Sinon on pourrait devenir fou. » (p. 120)

 

-         Par touches, il laisse planer cette insécurité permanente des afrikaners condamnés à souffrir pour expier crimes du passé

 

« - C’est l’histoire qui s’exprimait à travers eux, offre-t-il enfin comme explication. Une histoire de torts longuement subis. (…)

-         Ca ne rend pas les choses plus faciles. Je reste en état de choc, je ne reprends pas le dessus, je veux dire le choc d’être objet de haine, dans l’acte même. » (P. 188)

 

-         Un grand roman qu’il faut lire pour découvrir cet auteur sud-africain hors du commun.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. Le jeudi après-midi il prend sa voiture pour se rendre à Green Point. A deux heures pile il appuie sur le bouton de la porte d’entrée de Windsor Mansions, il donne son nom et il entre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’été de la vie de John Maxwell COETZEE

 Autre : Cette vie de Karel SCHOEMAN

 

 D’autres avis :

 

Lecture commune avec Zarline et Keisha

 Ys

 

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Seuil, août 2001, 256 p., 19 euros

Disgrâce, JM COETZEE, Traduit de l’Anglais (Afrique du sud) par Catherine Lauga du Plessis, Points, octobre 2002, 274 p., 7 euros

 

defi Afrika Choupynette 

Publié dans Littérature Afrique

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bonjour,rotko 25/06/2011 16:07



bonjour, un grand roman, en effet, et qui laissait bien deviner  ce qu'est devenue l'Afrique du Sud post-apartheid. Dommage. Puis-je suggérer cet autre titre : Le Mois
des papillons - Ariëlla Kornmehl - Traduit du néerlandais par Emmanuelle Sandron - Editions Actes Sud ? http://tourl.fr/bivw  je remercie encore lapersonne qui me l'a conseillé.


bien cordialement



Hélène 25/06/2011 19:40



Je note, il a l'air passionnant..



Alex-Mot-à-Mots 15/06/2011 18:43



Voilà un auteur que je veux découvrir. Je note.



Hélène 16/06/2011 21:58



Il vaut vraiment la peine d'être connu, c'est un grand.



Dominique 15/06/2011 18:38



un auteur important mais très froid dans son écriture et du coup il me glace un peu , je lui préfère Schoeman



Hélène 16/06/2011 21:59



J'ai lu un seul roman de Schoeman "cette vie", quels autres me conseillerais-tu ?



clara 15/06/2011 17:19



vos avis m'ont archi-convaincue de le lire !



Hélène 16/06/2011 22:00



Heureuses de t'avoir convaincue



Manu 15/06/2011 13:17



Noté dans la LAL mais je ne suis pas sûre d'avoir envie d'une telle lecture tout de suite !



Hélène 16/06/2011 22:01



Un jour, il faut que tu le découvres.



Ys 15/06/2011 11:50



J'ai beaucoup aimé ce livre, surtout parce que le personnage de Lurie est très ambigu, ça n'est pas un héros, c'est un homme.



Hélène 16/06/2011 22:02



Oui c'est ce que j'ai aussi apprécié chez lui, il est humain, faillible, ce n'est pas un héros classique.



Anne(De poche en poche) 15/06/2011 11:22



Je l'ai vu tellement de fois sur les blogs avec que des commentaires élogieux qu'il est noté sur ma LAL et même surlingé ; ce serait l'occasion pour moi de lire pour la première fois un de ses
livres.



Hélène 16/06/2011 22:03



SURLIGNE encore une fois...



zarlines 15/06/2011 10:28



Une lecture vraiment marquante pour moi aussi et les même mots reviennent dans nos deux billets, c'est vraiment intéressant. Merci pour cette LC qui a enfin sorti ce livre de ma PAL, il le
méritait vraiment. Bon, là j'ai très envie d'un truc joyeux ;-) Ah, je n'ai pas encore eu le temps de mettre les images sur mon billet donc il n'est pas encore en ligne mais ça devrait être fait
cet après-midi. 



Hélène 15/06/2011 10:38



Un truc joyeux ? "La patience des buffles sous la pluie"... j'adore !!



keisha 15/06/2011 10:05



Voilà ton billet! Et j'avais un peu oublié avec qui on la faisait, cette LC


Au fait, j'ai parlé des pérégrins, tu te souviens que je l'ai lu?



Hélène 15/06/2011 10:39



Je viens de voir ça, tu as été plus gentille que moi...