La végétarienne de Han KANG
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La Végétarienne – Yŏnghye, jadis épouse insignifiante, se réveille et vide tout aliment carnés du réfrigérateur : « J’ai fait un rêve. » Ce geste banal déclenche un effondrement : perte de poids extrême, mutisme, refus de partager l’intimité conjugale, jusqu’à une tentative de suicide lorsque son père tente de la forcer à manger de la viande. Dans Le beau-frère artiste – Obnubilé par la « tache mongolique » végétale sur le corps de Yŏnghye, il la peint, la filme, et cherche à transcender le corps humain en une matière végétale, à la lisière de l’érotisme et du fantasme grotesque. Enfin La sœur, Inhye endosse la fin du récit dans un hôpital psychiatrique. Yŏnghye, silencieuse et immobile, s’assimile à une plante, prend racine, se détache de l’humanité. C’est depuis la normalité qu’Inhye relate cette métamorphose tragique et troublante."
Ce que j'ai aimé :
Loin de se limiter à un simple choix alimentaire, le végétarisme se transforme ici en un acte de rébellion contre les rôles traditionnels que la société coréenne impose aux femmes. Mais cette rupture prend des dimensions plus sombres, plongeant la protagoniste dans une folie croissante, un effacement de soi total, une métamorphose radicale. C'est un geste politique silencieux, brutal et vertigineux.
Ce que j'ai moins aimé :
J'ai abandonné le récit à la fin du chapitre sur La Végétarienne, qui laisse un vide difficile à combler. Je n'ai pas apprécié cet univers oppressant et trop glauque : l'étrangeté du monde décrit devient parfois trop pesante, presque insoutenable. Les visions de chairs saignantes, la crudité des scènes et l'étrangeté dérangeante de la jeune femme créent une atmosphère lourde et malsaine, engendrant un malaise progressif qui devient difficile à supporter.
Bilan :
La Végétarienne (2007), porté à l’international et couronné du Man Booker International Prize en 2016, est revenu sur le devant de la scène avec l’attribution du Prix Nobel de Littérature 2024 à Han Kang, reconnue pour sa « prose poétique intense qui affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine » A vous de juger !