Qui se ressemble de Agnès DESARTHE
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Après avoir exploré sa branche maternelle ashkénaze dans ses précédents ouvrages, l'autrice se tourne ici vers sa lignée paternelle. En 1956 son père, tout droit venu d'Algérie, découvre la France. En 1973 à Paris jour de Kippour, la narratrice enfant prend conscience, presque sans le savoir, d’un monde en guerre et de ce que signifie appartenir à plusieurs mondes à la fois. elle tente de réconcilier ses identités multiples : juive, arabe par la langue de ses ancêtres, et française.
Ce que j'ai aimé :
La mémoire familiale circule d'un chapitre à l'autre entre les générations, avec pour les relier, ce fil invisible de la chanson de Enta Omri d'Oum Kalsoum, comme un lien ténu entre les cultures et les générations, A travers elle se disent l'exil, la langue, la transmission, les émotions.
L'écriture de Agnès Desarthe, toute en sensibilité capte ce qui se transmet au-delà des mots ; gestes, silences, accents, tout ce qui constitue la famille. L'émotion reste toutefois pudique et contenue.
Ce que j'ai moins aimé :
Cette beauté fragmentée, faite d’éclats brefs et de résonances, peut donner le sentiment d’un livre trop court, comme si l’on quittait trop tôt une voix que l’on commençait à peine à apprivoiser. Cette brièveté laisse une impression de suspension doublée d'une frustration discrète.
Présentation de l'éditeur : Buchet Chastel