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roman science fiction

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques / Blade Runner de Philip K. DICK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un futur post-apocalyptique où la Terre a été dévastée par une guerre nucléaire, et où la plupart des formes de vie animale ont disparu, les humains survivants vivent dans un environnement dégradé. Une mort lente consume la civilisation à mesure que la poussière et le vide s’emparent progressivement de tout. Par conséquent, l’humanité a quitté la terre pour Mars. Mais la colonisation est un échec et les androïdes conçus pour aider l’homme se retournent contre lui et veulent exister à leur tour. Rick Deckard est un chasseur de primes chargé de traquer des androïdes qui se sont échappés sur Terre. Il est motivé par l'appât du gain il rêve en effet de s'acheter un animal. 

Ce que j'ai aimé : 

Blade Runner est moins une aventure qu'un parcours philosophique moral et éthique. Le livre explore ce qu'il signifie être "humain" : est-ce une question de biologie, de conscience, ou de capacités émotionnelles ? Est-ce que les androïdes peuvent rêver ou éprouver des sentiments authentiques ? « On exigera de toi que tu fasses le mal où que tu ailles. C’est le fondement même de l’existence, d’être forcé à aller à l’encontre de sa nature. Chaque espèce vivante doit le faire un jour ou l’autre. C’est l’ombre ultime, la défaite de la création. C’est la malédiction à  l’œuvre, la malédiction qui se nourrit de toue vie. Partout dans l’univers. »

Rick doit résoudre un dilemme moral durant sa journée de destruction : normalement l'empathie est le critère pour démasquer les androïdes mais il vacille peu à peu : comment tuer des créatures qui sont de véritables prédateurs sans prendre le risque de développer une forme d’empathie à leur égard. Par les choix qu'il doit faire, on comprend que l’humanité se définit par sa complexité, son ambigüité « être humain revient à accepter de ne pas savoir ou de se contredire, en un mot de ne pas avoir de réponse absolue. » (postface)

Bilan :

Je lis très peu de science fiction habituellement, parce que je trouve souvent ces récits angoissants et sombres, mais je dois reconnaitre que les questions philosophiques soulevées sont passionnantes !

Présentation de l'éditeur : J'ai Lu

Le roman date de 1968 et est particulièrement connu pour avoir inspiré le film culte Blade Runner de Ridley Scott, même si le film prend quelques libertés par rapport à l'œuvre originale.

Publié dans Roman Science Fiction

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Fahrenheit 451 de Ray BRADBURY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Les livres sont faits pour nous rappeler quels ânes, quels imbéciles nous sommes. Ils sont comme la garde prétorienne de César murmurant dans le vacarme des défilés triomphants : “Souviens-toi, César, que tu es mortel.” »

Dans cette société future, la lecture est considérée comme un acte antisocial, et tout individu possédant un livre est condamné. Montag est un pompier chargé de brûler tout livre, toute maison abritant un livre. Et pourtant, lui-même doute du bien-fondé de sa mission, lui qui garde, bien cachés, quelques livres chez lui. Il se prend à rêver d'un monde différent, dans lequel l'imagination, le questionnement, et finalement le bonheur aurait peut-être sa place. Sa révolte gronde...

« C'est ce que l'homme a de merveilleux il ne se laisse jamais gagner par le découragement ou le dégoût au point de renoncer à se remettre au travail, car il sait très bien que c'est important et que ça en vaut vraiment la peine »

Dans cette dystopie, Ray Bradbury peint un monde apocalyptique, nivelé vers le bas par une culture de masse chargée d'abrutir la population. « Le cinéma et la radio, les magazines, les livres sont nivelés par le bas en une vaste soupe ». Les gens se sont détournés de la culture au profit du sport ou de la télévision. Faber, intellectuel, a tenté de lutter : « J’ai vu où on allait, il y a longtemps de ça. Je n’ai rien dit. Je suis un de ces innocents qui auraient pu élever la voix quand personne ne voulait écouter les « coupables ». » Montag apprend peu à peu à vivre autrement, à transmettre, à se souvenir :

"Chacun doit laisser quelque chose derrière soi à sa mort, disait mon grand-père. Un enfant, un livre, un tableau, une maison, un mur que l’on a construit ou une paire de chaussures que l’on s’est fabriquée. Ou un jardin que l’on a aménagé. Quelque chose que la main a touché d’une façon ou d’une autre pour que l’âme ait un endroit où aller après la mort ; comme ça, quand les gens regardent l’arbre ou la fleur que vous avez plantés, vous êtes là. Peu importe ce que tu fais, disait-il, tant que tu changes une chose en une autre, différente de ce qu’elle était avant que tu la touches, une chose qui te ressemble une fois que tu en as fini avec elle. La différence entre l’homme qui ne fait que tondre le gazon et un vrai jardinier réside dans le toucher, disait-il. L’homme qui tond pourrait tout aussi bien n’avoir jamais existé ; le jardinier, lui, existera toute sa vie dans son œuvre."

Il faut se détacher des normes néfastes émises par le société de consommation et revenir vers la terre : « Vis comme si tu devais mourir dans dix secondes. Regarde le monde. Il est mille fois plus extraordinaire que tous les rêves qu'on peut fabriquer en série dans les usines. »
Si le roman pourrait être une condamnation du maccarthysme qui sévissait en 1952 aux Etats-Unis, son rayonnement est bien plus vaste : il nous enjoint à nous interroger sur nos sociétés et sur nos propres définitions du bonheur.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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Publié dans Roman Science Fiction

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