Le plus et le moins de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

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"Les livres ne redoublent pas l'épaisseur des murs, ils l'annulent au contraire. A travers les pages, on voit dehors." (L'espace de personne)

Dans ces 37 petits chapitres autobiographiques, Erri De Luca évoque les thèmes qui lui sont chers comme l'enfance dorée et innocente, l'amour de la montagne mais aussi l'engagement politique, ...

Né dans les années 50 l'auteur a vécu de l'intérieur les bouleversements de son siècle, s'engageant toujours du côté des opprimés pour lutter à corps perdu contre l'injustice. Dans On ne loue pas aux Napolitains notamment, il évoque le sort des émigrés et les fausses promesses qui les précèdent :

"On m'avait dit qu'à New York les rues étaient pavés d'or. Quand je suis arrivé, j'ai aussitôt vu trois choses : la première, qu'il n'y avait pas d'or dans les rues ; la deuxième, qu'elles n'étaient même pas pavées ; la troisième, que c'était moi qui devrais les paver." 

Pourtant, chaque homme sur terre devrait se pencher sur le sort de ses contemporains, puisque tous, nous sommes des étrangers sur la surface de la terre. La fraternité est une valeur essentielle dans ce monde difficile physiquement et moralement, et il est du devoir de chacun de se révolter contre des situations inconcevables :

"IL EST DANGEREUX DE SE PENCHER AU-DEHORS, dit l'écriteau officiel des temps modernes. Il est nécessaire de le faire." (Pour un guide d'escalade)

Ces textes sont courts, évocateurs, mais essentiels. Parce que l'écriture est essentielle, comme pour ces femmes qui se racontent la guerre pour la réduire à une histoire. Il est important de se raconter des histoires, tant les récits recèlent des pouvoirs magiques.

Erri De Luca ne dit rien, il raconte seulement le temps qui passe, les souvenirs d'enfance, les souvenirs de lutte, mais entre les lignes émerge un monde dense et riche aux valeurs essentielles. Sa puissance d'évocation révèle tout son talent !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Les échos ; Babélio 

Du même auteur Trois chevaux   ;  Le jour avant le bonheur  Le contraire de un  ; Le poids du papillon En haut à gauche  ;  Montedidio  ; La parole contraire

 

Le plus et le moins, Erri De Luca, traduit de l'italien par Danièle Valin, Gallimard, 2016, 208 p., 14.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Commenter cet article

Jerome 06/12/2016 22:19

L'avant dernier m'avait déçu, celui-là a l'air bien meilleur.

Hélène 09/12/2016 08:18

Je l'ai beaucoup aimé

Electra 06/12/2016 14:31

un français ? ou un italien ? sinon je ne l'ai jamais lu mais je suis contente de voir que tu as apprécié ta lecture.

Hélène 09/12/2016 08:18

Italien ...

Alex-Mot-à-Mots 06/12/2016 12:36

Un auteur avec lequel j'ai du mal.

Hélène 09/12/2016 08:18

C'est dommage...

Luocine 05/12/2016 17:26

un auteur que j'aime bien , je note surtout s'il s'agit de nouvelles (pour mes lectures à haute voix) j'adore la citation

zazy 05/12/2016 17:22

Je ne connais pas, donc à découvrir

Hélène 06/12/2016 10:31

Oh oui !

Dominique 05/12/2016 10:45

j'aime son écriture mais je trouve qu'il ne se renouvelle pas beaucoup

Hélène 06/12/2016 10:30

Oui mais cela reste beau. Il faut en lire un par an, comme ça on ne se lasse pas...

BlueGrey 05/12/2016 10:24

J'ai bien aimé le style âpre et singulier d'Erri De Luca, découvert dans "Le tort du soldat"... Je note ce titre-là pour poursuivre ma découverte de cet auteur !

Hélène 06/12/2016 10:29

je n'ai pas encore lu "le tort du soldat", je note !

manou 05/12/2016 08:42

Un livre que je lirai après les fêtes pour mieux le savourer comme j'aime le faire avec cet auteur dont les livres sont autant de merveilleuses pépites. Quand tu dis qu'Erri De Luca ne dit rien mais raconte simplement le temps qui passe...c'est si vrai et cela le définit si bien !

Hélène 06/12/2016 10:29

Oh oui, il se savoure !