Pura vida de Mark HASKELL SMITH
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♥ ♥ ♥
Jeffrey Wind, riche entrepreneur en quête d’une nouvelle vie après des années mouvementées, décide de s’installer au Costa Rica, dans une magnifique villa au cœur de la jungle. Il invite quelques vieux amis à le rejoindre, dans l’espoir de renouer avec eux et de retrouver la complicité d’autrefois. Mais les retrouvailles sont rapidement assombries par les rancœurs, les secrets et les désirs du passé.
La situation prend une tournure dramatique lorsque Jeff est retrouvé mort, son corps dévoré par les vautours. Alors que sa mort semble d’abord être un accident, l’inspecteur Umbral commence à interroger les invités. Peu à peu, il découvre que chacun cache quelque chose et que les conflits sont nombreux. La fortune de Jeff pourrait bien être au cœur de cette affaire. Menacé et pressé par le temps, Umbral va devoir démêler les mensonges etMais parviendra-t-il réellement à résoudre cette mystérieuse affaire ?
Mon avis :
Au début de ma lecture, j’ai été quelque peu décontenancée par l’accumulation des clichés « sexe, drogue et rock’n’roll » ainsi que par un style volontairement provocateur et fleuri :
"On ne chie pas où on mange. Ma mère me répétait ça tout le temps"
"Franc vient d'arriver, il lui fait la visite.
- La visite de sa bite, murmura Barry."
Certaines scènes et certains dialogues m’ont d’abord semblé vides ou inutiles. Pourtant, j’ai continué ma lecture, notamment parce que je me suis attachée au personnage d’Umbral, ce policier-restaurateur passionné de romans policiers, en particulier de Montalbán, mélancolique et décalé, rêvant de vivre enfin sa grande enquête.
Puis peu à peu, le vide a pris sens : l'auteur se moque de ses personnages, pointant leurs défauts avec jubilation, les ridiculisant en les engloutissant dans des coulées de boue ou leur faisant rencontrer de façon impromptue des paresseux perchés sur une tyrolienne. Il met en avant leurs "rêves de jeunesse estompés dans la médiocrité de la course au succès" et on comprend alors que le sexe, alcool et drogues ne sont que des "tentatives désespérées de réinsuffler un peu de fantaisie" dans des vies médiocres. Même s'"ils en faisaient trop, ils se donnaient trop de mal pour rien", ils ne parviennent pas à s'extraire d'eux-mêmes, comme Franc qui s'écoute trop au point que "les émotions de Franc le rendaient émotif"." Ils vivent intensément pour ressentir enfin un frisson dans une vie plate et sans intérêt.
La « pura vida » tant convoitée apparaît ainsi peu à peu comme une illusion : derrière les paysages paradisiaques du Costa Rica, l’alcool, les fêtes et les aventures, se cachent finalement des personnages en quête de sens, qui tentent désespérément de donner un peu de relief à leur existence.
Un roman addictif qui se lit d'une traite !
Présentation de l'éditeur : Gallmeister
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