On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de MUSSET

Publié le par Hélène

                                         

♥ ♥ ♥

"Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant."

 

Mon avis :

C'était au temps où Alfred de Musset venait de voir s'éteindre sa liaison avec Georges Sand. Sa déception marque de son sceau désabusé cette pièce, dans laquelle le badinage n'engendre que la souffrance chez des personnages pourtant en quête d'absolu. Victimes de leur orgueil, défaut inhérent au genre humain, ils se font du mal et heurtent violemment des personnes de leur entourage. 

"Qu'est-ce que tu es venu faire sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient se joindre ?"

"Le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas (...) Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. O insensés !"

Cette comédie d'intrigue sentimentale tourne au drame, le badinage se termine mal.

Car pour Musset, l'amour n'est pas à prendre à la légère, c'est une chose bien trop sérieuse et précieuse pour qu'on s'en moque. Alfred de Musset nous conte une comédie dramatique teintée d'un romantisme désenchanté. Le titre même de sa pièce veut lui conférer une portée universelle : l'histoire de Camille et Perdican doit avoir une valeur exemplaire. Formés par des adultes emprisonnés dans une morale étriquée, les jeunes gens tentent de redéfinir un amour débarrassé de mensonges.

En vain. 

Et pourtant, ce qu'il restera de cette pièce est cette magnifique tirade, initialement inspirée par une lettre adressée à Georges Sand du temps de leur idylle :

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

 

Information sur le livre :

L'auteur :   Sur le site de la BNF et ICI

L'histoire : Camille, qui sort du couvent, et Perdican, titulaire d’un doctorat, se retrouvent, après dix ans de séparation, dans le château de leur enfance où ils ont grandi et se sont aimés. Le père de Perdican souhaite les marier. C’était sans compter l’orgueil des deux jeunes gens …

 

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Du même auteur : Il ne faut jurer de rien

Autre : Ruy Blas

 

Publié dans Théâtre

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Commenter cet article

hélène 17/04/2014 19:29

@Noukette : à lire et relire...
@yves : oubli à réparer..

Yv 13/04/2014 15:52

Un des nombreux classiques que je n'ai pas lu

Noukette 13/04/2014 15:42

J'adore ce texte...!