L'Italie si j'y suis de Philippe FUSARO

Publié le par Hélène

                                     

 ♥ ♥ ♥

"Je ne pense qu'à filer, porté par le vent du soir et ma tristesse s'écoule sous le châssis, goutte sur l'asphalte." 

 

Ce que j'ai aimé :

Sandro est "né de la côte d'un poète et mon ciel, aujourd'hui, n'est pas bleu." En effet il se retrouve à la porte de chez lui, ses affaires éparpillées sur le trottoir : "Les objets de ma vie sont éparpillées sur le trottoir, sur une ou deux tables du Café de la Mairie où les gens sont resté immobiles, la tasse à café suspendue entre deux doigts et leurs corps recouverts de mes habits qui leur sont tombés dessus. Davantage que lorsqu'ils sont rangés dans l'appartement, je remarque une dominante rouge dans tout ce qui m'entoure et je trouve cela beau et dramatique, à l'image de ce que je vis." 

La phrase couperet tombe le lendemain, comme ses habits tombés du ciel : sa femme a besoin de "prendre de la distance". De la distance c'est finalement Sandro qui va en prendre, décidant de descendre en Italie accompagné de son fils.

Commence alors un périple pour les deux hommes, Sandro homme perdu et délaissé, et Marino petit être affublé d'un déguisement de cosmonaute, réplique du costume de Youri Gargarine lorsqu'il a accompli son premier vol dans l'espace. Marino est peu rassuré mais prêt à suivre et à consoler son père si triste. La route leur ouvre de nouvelles perspectives. 

       

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L'écriture particulière de Philippe Fusaro, à chemin entre la poésie et la prose, installe une simplicité qui devient peu à peu une évidence au fil des pages. L'auteur peint avec talent un instant de vie suspendu entre un avant vacillant et un après inconnu, l'interstice du voyage permettant l'espoir d'un renouveau. 

"Il m'aura fallu descendre toute l'Italie, nous perdre dans le Sud, quitter la terre ferme et me réfugier plus tard sur l'île. Il m'aura fallu du temps, des kilomètres de superstrada pour parvenir à ce constat. Il m'aura fallu toutes ces semaines, des bains de mer, un traghetto jusque en Sicile. Il m'aura fallu consoler Marino, être retenu entre ses bras aussi."

Ce texte subtil qui tient sur un fil s'allume peu à peu, en harmonie avec la renaissance de Sandro. Un très beau texte.   

Ce que j'ai moins aimé :

Il m'a manqué un petit quelque chose pour être totalement conquise, 

Premières phrases :

"Mon nom est Sandro.

Sandro, parce que c'était celui d'un poète qui vivait dans la Rome d'après guerre et que mon père le lisait, le relisait, me le récitait à voix haute tandis que moi, la poésie, je n'y comprenais pas grand-chose."

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Du même auteur : Le colosse d'argile

Autre : Seule Venise de Claudie GALLAY

D'autres avis :

LireMagazine littéraire ; Télérama

MidolaCatherine 

 

L'Italie si j'y suis, Phiippe Fusaro, La fosse aux ours, 2010, 17 euros

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Commenter cet article

Géraldine 23/06/2014 20:34

Pas sur que ce type de livre me plaise. je passe.

Alex-Mot-à-Mots 16/06/2014 09:16

Ah, le petit quelque chose manquant....

Midola 15/06/2014 21:05

Je garde un bon souvenir de ce petit roman.

hélène 16/06/2014 08:27

Une lecture agréable !

Kathel 15/06/2014 16:43

L'auteur est sympa... j'ai préféré Palermo solo à celui-ci, mais ce ne sont pas des coups de coeurs, "seulement" de beaux textes un peu poétiques ! ;-)

hélène 16/06/2014 08:27

Je n'ai pas lu "palermo solo", je note ! Je suis d'accord, il m'a manqué un petit quelque chose...