La fête de l'insignifiance de Milan KUNDERA

Publié le par Hélène

                           

♥ ♥ ♥

"L'insignifiance, mon ami, c'est l'essence de l'existence."

Ce que j'ai aimé :

"La peur de l'insignifiance nous rend fous" titrait un autre auteur récemment dans un essai qui s'interrogeait sur la place de l'individu dans notre société contemporaine. Ces interrogations se retrouvent dans le dernier roman de Kundera. A travers les déambulations parisiennes de quatre personnages, Alain, Ramon, Charles et Caliban, il lance des pistes de réflexion qui permettent au lecteur, dans la droite lignée de Socrate et de sa maïeutique, d'accoucher d'idées liées à son temps. Il ne nous raconte pas d'histoire à proprement parler mais offre des discussions, divagations, anecdotes, réflexions philosphiques qui donnent du corps à une philosophie de vie centrée sur la bonne humeur. 

"Nous avons compris depuis longtemps qu'il n'était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d'arrêter sa malheureuse course en avant. Il n'y avait qu'une seule résistance possible : ne pas le prendre au sérieux."

L'armée des excusards  est en effet en place dans un monde centré sur le thème de la culpabilité : culpabilité de vivre pour un enfant non voulu, culpabilité de mentir pour se sentir plus vivant, pour ne pas être insignifiant "Se sentir ou ne pas se sentir coupable. Je pense que tout est là." Mais justement, pourquoi ne pas être insignifiant, pourquoi ne pas prôner "l'inutilité d'être brillant. Plus que l'inutilité. La nocivité." Pourquoi ne pas souhaiter une vie légère, sans trop se prendre au sérieux, une vie limpide, plongée dans la bonne humeur ?

"C'est seulement depuis les hauteurs de l'infinie bonne humeur que tu peux observer au-dessous de toi l'éternelle bêtise des hommes et en rire." 

"Respirez, D'Ardelo, mon ami, respirez cette insignifiance qui nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur..."

Les personnages observent celles et ceux qui les entourent et derrière la pseudo futilité de leurs déambulations, se cache un foisonnement philosophique enrichissant. La critique unanime a hissé ce court roman dans les meilleures ventes, aux côtés de Musso et Pancol ! Son universalité et son intelligence ravissent le lecteur loin des sentiers battus et l'élèvent vers des sphères aériennes... Osez l'insignifiance !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"C'était le mois de juin, le soleil du matin sortait des nuages et Alain passait lentement par une rue parisienne. Il observait les juenes filles qui, toutes, montraient leur nombril dénudé entre le pantalon ceinturé très bas et le tee-shirt coupé très court. Il était captivé ; captivé et même troublé  comme si leur pouvoir de séduction ne se concentrait plus dans leurs cuisses, ni dans leurs fesses, ni dans leurs seins, mais dans ce petit trou rond situé au milieu du corps." 

Infos sur le llivre :

Chez Gallimard

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La valse aux adieux 

D'autres avis :

TéléramaLireLe mondeLibération

JosteinLeiloona 

 

La fête de l'insignifiance, Milan Kundera, Gallimard, mars 2014, 15.90 euros

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Bonheur du Jour 19/07/2014 07:11

J'ai eu ma grande grande période Kundera. J'avais tout lu. Et puis je me suis arrêtée, je ne sais plus pourquoi. Ce que vous dites de ce dernier livre me tente bien.... Merci.
Bon week end.

Hélène 21/07/2014 08:42

Vous le retrouverez avec plaisir !

coinlectureheloise 18/07/2014 11:55

Il y a quelques temps j'ai essayé de lire l'insoutenable légèreté de l'être et je n'ai pas poursuivi ma lecture. Mauvais choix du moment pour découvrir l'auteur ? je ne sais pas…Mais ton billet me donne envie de le tenter à nouveau par ce livre. Je note donc …Merci beaucoup pour ta chronique.

Hélène 21/07/2014 08:41

Ce dernier roman est sans doute plus accessible que "l'insoutenable", tu peux tenter...

clara 18/07/2014 10:11

J'ai sorti de ma PAL L'insoutenable légèreté de l'être pour découvrir (enfin) cet auteur !

Hélène 21/07/2014 08:41

J'ai bien envie de le relire !

Cynthia 18/07/2014 00:16

Certains auteurs m'effraient un peu et me tiennent à distance. Milan Kundera fait partie de ceux-là, j'ignore pourquoi. J'ai toujours "L'insoutenable légèreté de l'être" depuis des lustres dans ma PAL. A chaque fois que je songe à l'en sortir, j'ai l'impression que je vais me retrouver plongée dans un bouquin de philo incompréhensible. Quel titre me conseillerais-tu pour le découvrir ? Celui-ci ? Bonne soirée :)

hélène 18/07/2014 08:21

Il est très abordable, et il me semble que commencer par "l'insoutenable" est une bonne idée, d'autant plus s'il est dans ta PAl... Tu me donnes envie de le relire !

gambadou 17/07/2014 19:20

Et bien voilà un livre qui sort de l'ordinaire et qui a l'air très intéressant

hélène 18/07/2014 08:20

Je te le conseille !

Aifelle 17/07/2014 10:53

Je l'ai un peu perdu de vue Kundera, ce serait bien que je m'y remette.

hélène 18/07/2014 08:20

Celui-ci en est l'occasion !

Mango 17/07/2014 10:23

"L'insoutenable légèreté ..." m'a tellement plus et moins un de ses derniers, je ne sais plus lequel que , même si j'ai été tentée par celui-ci un moment, je l'ai reposé ensuite mais, à te lire, je constate que j'ai eu tort!

hélène 18/07/2014 08:20

Il n'a pas l'envergure de "l'insoutenable", il est différent, mais provoque un foisonnement de réflexions ...

Kathel 17/07/2014 08:43

J'ai commencé à relire les Kundera que j'ai à la maison, avec La valse aux adieux... après je verrai ceux qui sont à la bibliothèque ! ;-)

hélène 18/07/2014 08:19

Je te conseille celui-ci !