Le radis de cristal de MO Yan

Publié le par Hélène

♥♥

Prix Nobel de littérature 2012

Ce que j'ai aimé :

Le radis de cristal : Dans la campagne chinoise, le jeune Noiraud est livré à lui-même. Privé de paroles, il communique difficilement avec les campagnards durs et souvent violents à son égard. Il trouve du réconfort auprès de dame Nature, lové au creux des champs de chanvre ou bercé par la rivière. Ses sensations sont décuplées au contact de cette mère nourricière et il parvient alors à saisir le bruit infime des insectes, le roulement des flots de la rivière, le mouvement minuscule des poissons.

 "Sur la berge vacillaient les ombres grêles des petites bêtes en chasse. Elles produisaient un son qui avait la légèreté du duvet et qui parcourait la musique de la rivière comme un  long fil argenté." p. 87

Le chant de l'hirondelle ou le vent dans les herbes emplissent son coeur et son âme de sérénité, lui permettant d'oublier la violence omniprésente. L'enfance de Noiraud oscille sans cesse entre animalité sauvage et poésie peuplée d'instants d'éternité.

Il travaille chez un forgeron qui n'est pas tendre avec lui, et même s'il reçoit la protection d'une jeune femme nommée Chrysanthème, il reste un jeune chiot sauvage capable de mordre s'il se sent attaqué. Dans une campagne rustre, dure, il est souvent battu et blessé. Seul ce rapport harmonieux avec la nature lui permet de survivre. 

Le déluge : Le narrateur évoque la jeunesse de son grand-père, installé dans les marais avec sa femme enceinte. Alors que l'enfant va bientôt voir le jour, les eaux montent autour d'eux et charrient avec elles des créatures fantasmagoriques étranges... 

L'univers de Mo Yan est peuplé de personnages presque fantômatiques, habités par des visions rédemptrices ou inquiétantes, créant ainsi un récit au charme onirique atypique.  Le radis noir est le premier roman de l'écrivain, contenant en germe les thèmes et personnages qui constitueront son oeuvre. 

Ce que j'ai moins aimé :

Un univers atypique, souvent violent et quelquefois morbide.

Présentation de l'éditeur :

Picquier

Vous aimerez aussi :

Policiers chinois : La danseuse de Mao de Qiu XIAOLONG ; Les neuf dragons de Michael CONNELLY ; 

Romans chinois : Le goût de la pluie de Shi ZHECUN ; Quand reviennent les âmes errantes de François CHENG ; Une canne à pêche pour mon grand-père de GAO XINGJIAN ; Toutes les nuits du monde de CHI Zijian

Jeunesse :  Dragons et dragon de Marie SELLIER et Catherine LOUIS ; 

D'autres avis :

Babélio

 

Le radis de cristal, Mo Yan, récits traduits du chinois par Pascale Wei-Guinot et Wei Xiaoping, Picquier, 2000, 6.5 euros

Publié dans Littérature Asie

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Alex-Mot-à-Mots 20/02/2015 09:03

Un univers violent et morbide ? Bof.

Hélène 20/02/2015 09:05

Un univers très étrange et oui avec quelques cadavres flottants ;)

Yv 19/02/2015 08:43

J'ai voulu essayer après le Nobel, et puis, j'ai hésité, je ne suis pas très amateur de littérature asiatique, et puis, j'ai renoncé, mais pas définitivement, on ne sait jamais.

Hélène 19/02/2015 09:28

Je suis heureuse de l'avoir découvert, mais on ne peut pas dire que ce soit un coup de coeur/