Le phare, voyage immobile de Paolo RUMIZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Solide et retranché dans le bas, comme une forteresse, léger et lumineux dans le haut, le phare est en plus un magnifique mirador, un aimant irrésistible pour les pensées vagabondes." p. 85

Ce que j'ai aimé :

Au printemps 2014 l'auteur s'isole sur une île dans un phare au milieu de la Méditerranée. Son île fait 1km de long sur 200 mètres de large. Ce voyageur insatiable qui a longé les 7000 kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, franchi les montagnes à la recherche d'Hannibal, descendu le cours du Pô, va vivre ce printemps-là un voyage immobile au milieu de la mer, avec comme seuls compagnons les gardiens du phare et les cormorans. Lui qui pensait s'ennuyer est vite pris dans les activités du phare qui ne lui laisse guère de répit :

"Faire le pain, vérifier le baromètre, monter dans la lanterne du phare pour y lire le livre fait exprès pour ça, sortir pêcher, mitonner un risotto, tenir bien propre son espace personnel, explorer la montagne et la ligne des brisants, éliminer les déchets de la meilleure façon possible. Contrôler le générateur et la pompe à eau. Apprendre le nom des vents; Et surtout, si on est curieux, on n'a pas assez de temps pour enregistrer tout ce qui vous environne. On passe son temps à courir partout, comme un damné." p. 71

Il se laisse aussi bercer par les tempêtes, apprend à discerner les différents vents et à profiter du temps qui court. 

"La soirée est sereine, le vent tombe, les goélands gonflent leurs plumes, enfin paisibles. En bas, bien planté sur la roche, un cormoran sèche ses ailes ouvertes dans la brise. Le soleil descend rapidement dans la mer, on croirait qu'il lance un dernier cri. Je ne trouve pas de paroles pour décrire la procession de taches de lumière qui arrivent sur les flots depuis l'est, et de l'autre côté l'archipel de rides que provoquent les ultimes rafales, labourant les ondes comme une prairie. Au sud, très, très loin, un cortège de navires. Au nord, plus loin encore, l'ombre d'une île aussi longue qu'un cachalot." p. 36

Ses divagations le portent aussi bien vers le dépeuplement des fonds marins "il suffirait d'une pause d'un an, d'une seule année, pour repeupler les fons, mais les nations souveraines s'en fichent bien." "si les poissons hurlaient dans les filets, peut-être comprendrions-nous." p. 61 que vers notre addiction au cyberespace : " l'absence de navigation dans le cyberspace m'a dévoilé les horizons infinis de la navigation en mer, et aussi de celle qui existe au-dedans de moi." p. 155

Un beau texte pour prendre le temps de s'arrêter...

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, pour moi, ces pages manquent de poésie. Vers la fin par exemple il compare un cormoran à un drone et là je me suis dis que nous n'appartenions décidemment pas au même monde...

Présentation de l'éditeur :

Hoëbeke 

D'autres avis :

Dominique

 

Le phare, voyage immobile, Paolo Rumiz, traduit de l'italien par Béatrice Vierne, Hoëbeke, avril 2015, 168 p., 16 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Récits de voyage

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Commenter cet article

chinouk 05/02/2016 10:24

j'ai repéré ce livre il y a quelque temps, à chaque fois je le retire de mon panier, la prochaine fois je crois bien qu'il va y rester :)

Hélène 08/02/2016 08:07

Je n'ai pas été enthousiasmée...

Clairash 18/06/2015 19:52

Et si le drone était là pour choquer le lecteur justement ? rappel bizarre à la civilisation. Désenchantement nécessaire...

Hélène 19/06/2015 07:58

Peut-être mais tout le récit est comme ça... comme si effectivement l'auteur ne parvenait pas à s'extraire de sa civilisation

jerome 15/06/2015 13:36

J'aime bien l'idée. Dommage que l'écriture ne soit pas tout à fait à la hauteur.

Hélène 15/06/2015 15:21

oui j'ai aussi beaucoup apprécié cette idée !

Ariane 13/06/2015 12:59

Malgré le manque de poésie (la comparaison que tu cites me laisse perplexe) je me laisserai probablement tenter. J'aime les récits de voyage (bien que je n'en ai pas lu depuis longtemps), j'aime les îles et les phares et j'aime les voyages immobiles. Alors ce livre semble fait pour moi !

Hélène 13/06/2015 17:11

Voilà comme moi. Tu seras déçue !

cathulu 12/06/2015 16:42

Effectivement, la comparaison que tu cites me fait fuir ! :)

Hélène 12/06/2015 20:06

oui tu as vu, cela m'a choquée !

luocine 12/06/2015 14:07

Auteur découvert Chez Dominique , j'ai vraiment beaucoup apprécié aux frontières de l'Europe, celui-là je ne suis pas certaine de m'y mettre.

keisha 12/06/2015 13:43

Babelio ne me l'a pas choisi, tant pis (j'ai un Gallmeister, yes!)
Récemment j'ai acheté un autre Rumiz, là où il bouge.

Dominique 12/06/2015 11:42

Pour moi le manque ce n'est pas la poésie c'est d'une façon générale un manque d'épaisseur, alors que ses livres de voyage sont magistraux ici on a un peu l'impression qu'il a écrit très vite

Hélène 12/06/2015 11:51

Tu fais bien de me le dire, j'irai lire ses autres livres de voyage du coup !

Alex-Mot-à-Mots 12/06/2015 10:02

C'est vrai qu'n drone, ce n'est pas franchement poétique....

Hélène 12/06/2015 10:13

Tu es d'accord...

papillon 12/06/2015 08:11

Il me tente quand même, malgré ta déception. J'adore ces histoires de voyages immobiles.

Hélène 12/06/2015 08:12

J'avais tellement envie de l'aimer, parce que comme toi ces voyages immobiles contemplatifs me plaisent, et peut-être que j'en attendais trop...