L'épuisement de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

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"Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille." p. 66

En peu de mots, Christian Bobin offre l'essentiel : à partir d'une réflexion sur l'écriture, il nous livre la poésie du monde, nous fait prendre conscience du pouvoir des mots, nous emmène sur les ailes de l'espoir, du bonheur, du partage. 

Tout à coup, le sens de la lecture s'éclaire, la vie s'éclaircit :

"Je crois que c'est ça, un artiste. Je crois que c'est quelqu'un qui a son corps ici et son âme là-bas, et qui chercher à remplir l'espace entre les deux en y jetant de la peinture, de l'encre ou même du silence." p. 30

"L'écriture, par le rythme d'une voix, le mouvement d'une phrase, calme la conscience ordinaire, et réveille une conscience du dessous, plus fine, à vif : l'écrivain est à la fois anésthésiste et chirurgien. Il endort l'âme avant de l'ouvrir." p. 55

Il apprend à aimer les autres, à aimer le monde, à s'aimer soi pour accueillir, ensuite, dignement, les autres et le monde. 

"J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protextion contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde." p. 26

@folio

Etre solitaire, il peuple pourtant ses jours et ses phrases de rencontres confondantes : il convie des auteurs comme Maeterlink quand il parle de la substance des conversations ordinaires, Camus et son "étranger", des musiciens comme Glenn Gould qui lui apprend que "ce qui contrarie notre vie ne fait à terme que la fortifier", Jacques Tati et certaines scènes de "Mon oncle", des enfants qui dans leur innocence nous donne quelquefois des leçons de vie, une phrase d'André Dhôtel...

"La vie n'est pas une plaisanterie

Tu la prendras au sérieux,

Comme le fait l'écureuil, par exemple,

Sans rien attendre du dehors et d'au-delà,

Tu n'auras rien d'autre à faire que de vivre." Nazim Hikmet

Un texte essentiel d'une poésie et d'une beauté rare. 

 

Antigone est aussi sous le charme 

Edité chez Folio  

Il s'agit d'une réédition d'un texte datant de 1994. 

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Alex-Mot-à-Mots 02/07/2015 10:34

On peut mettre tant de coeurs à cet auteur.....

Hélène 02/07/2015 12:50

Comme tu dis !

Violette 01/07/2015 21:25

chaque fois que je vois Bobin, je me dis qu'il faut que je prenne ou reprenne un de ses livres en main... rahhh

Hélène 02/07/2015 12:50

Oui, il faut !

Noukette 01/07/2015 17:25

Un de mes Bobin préférés...

Hélène 02/07/2015 12:50

Oui je te rejoins totalement !

jerome 01/07/2015 12:42

Il me semble que son dernier t'avait un peu déçue ou je me trompe ? Au moins là, il remet les pendules à l'heure ;)

Hélène 01/07/2015 12:48

Oui effectivement, quelle mémoire ! Mais je ne suis pas surprise car celui-ci est une ancienne édition remise en avant. Et j'étais plus conquise par ses textes de la première heure.

claire jeanne 01/07/2015 09:32

Belle critique pour un auteur que j'adore !

Hélène 01/07/2015 09:34

Il fait aussi partie de mes auteurs favoris !

Dominique 01/07/2015 08:27

un écrivain à part dans le paysage littéraire, je n'aime pas tout mais son talent est indéniable

Hélène 01/07/2015 08:31

Celui-ci m'a conquise, alors que, comme toi, d'autres m'ont déçue. Il faut dire qu'il date de 1994, et ses premiers me plaisent davantage !