L'écrivain national de Serge JONCOUR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le narrateur-écrivain arrive dans une petite ville entre Nièvre et Morvan invité par les libraires en résidence pour un mois. Dés son arrivée il est avisé de l'étrange disparition d'un des habitants du village. Fasciné par le couple qui est accusé de cette disparition, et surtout par Dora, la femme, Serge mène son enquête, irrémédiablement attiré par le faits divers et/ou la jeune femme. Et là rien ne va plus : il arrive en retard aux rencontres organisées par les libraires, le pantalon crotté et les habitants commencent à se méfier de celui qui pactise avec l"ennemi"... Le mot même de "auteur" devient ambivalent : est-il l'auteur de romans ou l'auteur et complice d'un crime ?

Le véritable auteur se plaît à brouiller les pistes, s'interrogeant sur le rapport entre fiction et réalité, sur ce qui pousse les écrivains à écrire, publier sur tel ou tel sujet, se fabriquant un être factice de papier :

"Les autres on les croise toujours de trop loin, c'est pourquoi les livres sont là. Les livres, c'est l'antidote à cette distance, au moins dans un livre on accède à ces êtres irrémédiablement manqués dans la vie, ces intangibles auxquels on n'aura jamais parlé, mais qui, pour peu de se plonger dans leur histoire, nous livreront tout de leurs plus intimes ressorts, lire, c'est plonger au coeur d'inconnus dont on percevra la plus infime rumination de leur détresse. Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi." p. 125

L'atmosphère de ce petit village est particulière, l'écrivain est devenu la star du village et il est à ce titre épié. Les villageois qui gravitent autour du narrateur se permettent des libertés avec lui parce qu'ils ont l'impression de le connaître par l'intermédiaire de ses livres. Il est "leur écrivain national" et ils supportent difficilement qu'il sorte des chemins balisés. Toutefois eux aussi ont leurs contradictions, notamment dans ce combat silvestre opposant les écologistes d'un côté et les partisans d'une exploitation intensive des forêts. 

La fluidité du style et l'humour de cet écrivain pataud impose le tempo à ce roman sympathique. Toutefois, il est à noter que les passages sur les rapports amoureux sont relativement convenus :

"L'amour est une histoire qu'on se raconte, un pacte à deux contre le monde, c'était une folie pure de faire ça, une connerie de plus sans doute, mais qu'il est bon de retoruver le goût de l'autre, qu'il est fort de flotter dans l'éternel présent d'un début de rencontre, sans futur ni questions, qu'il y ait des lendemains ou pas, après tout qu'importe, un amour même impossible c'est déjà de l'amour, c'est déjà aimer, profondément aimer, quitte à en prolonger le vertige le plus longtemps possible." p. 470

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion 

Du même auteurL'amour sans le faire

D'autres avis : TéléramaLe Magazine LittéraireSéverineClaraAlex 

 

L'écrivain national, Serge Joncour, Flammarion, 2014, 21 euros

Commenter cet article

Brize 19/10/2015 18:28

J'ai eu grand plaisir à lire ton billet, comme j'en avais eu en lisant ce roman !

Hélène 20/10/2015 11:19

Merci !

Laeti 15/10/2015 11:38

Je viens de le commencer! J'ai trouvé le début accrocheur, mais j'espère qu'il va garder le rythme car comme je ne suis pas super en forme, la lenteur pourrait gagner sur ma motivation! :-/

Hélène 21/10/2015 07:56

Je comprends qu"on puisse se lasser de sa lecture surtout quand on est dans une phase-pause-lecture

Laeti 20/10/2015 16:13

Bin... je l'ai laissé tomber :-/ mais je suis dans une mauvaise phase pour lire ^^

Hélène 18/10/2015 11:28

Il est un peu lent effectivement, tu verras. Hâte de connaître ton avis...

Violette 13/10/2015 19:20

déjà noté parce que j'avais aimé L'amour sans le faire.

Hélène 14/10/2015 07:54

Yapluka...

Estellecalim 13/10/2015 18:39

J'ai adoré la fin de ce roman. Quand il part dans l'autodérision, c'est très drole même si effectivement, les scènes d'amour sont moins réussies. Il faudrait d'ailleurs que j'en lise d'autres, j'aime bien cet auteur.

Hélène 14/10/2015 07:54

J'ai aussi bien apprécié le ton de ce roman.

danielle 12/10/2015 22:23

J'avais apprécié la lecture de "l'amour sans le faire" , par contre, je n'ai pas aimé l'écrivain national.
Atmosphère pesante, texte englué, on est perdu dans les oppressantes forêts du Morvan, ça peine à avancer, je n'ai aimé ni le style, ni l'intrigue.

Hélène 13/10/2015 07:55

Pour moi ce fut l'inverse ! mais je reconnais qu'il y a des longueurs..

Electra 12/10/2015 20:28

et tu ne lis pas vite, hein ??? :-)

J'ai fait une overdose de lecture et celui-ci ne me tente pas du tout ... même si j'aime ses mots sur les livres

Electra 13/10/2015 19:41

oui mais on s'en remet vite, je te rassure ;-)

Hélène 13/10/2015 07:54

Une overdose de lecture ? C'est possible ça ?? ;-)

Philisine Cave 12/10/2015 19:31

Je n'ai pas super aimé : c'est le moins qu'on puisse dire.

Hélène 13/10/2015 07:54

Ah, mince...

keisha 12/10/2015 14:16

L'histoire d'amour ne m'a pas vraiment passionnée, mais le rôle de l'écrivain est amusant et il décrit admirablement la forêt. Ennui quand même, et pas de billet.

Hélène 13/10/2015 07:53

J'avoue que j'ai frôlé l'ennui mais finalement je me suis laissée prendre par l'atmosphère.

claire jeanne 12/10/2015 09:22

Rien que les phrases sur les livres et la lecture valent le coup !

Hélène 12/10/2015 13:35

Oui on passe un bon moment de lecture.

Laure 12/10/2015 08:40

C'est vrai tiens, j'avais oublié que lui aussi avait joué sur la limite réalité/fiction. J'avais beaucoup aimé ce roman également.

Hélène 12/10/2015 09:10

Une belle surprise...

luocine 12/10/2015 08:33

J'aime bien écouter cet auteur dans l'émission les papous dans la tête. Mais jecsuus decuepar ses romans.

Hélène 12/10/2015 09:10

J'ai bien aimé celui ci. J'écouterai l'émission dont tu parles.