L'état de siège d'Albert CAMUS

Publié le par Hélène

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"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

De cette pièce, Camus dit qu'elle "est peut-être celui de ses écrits qui [lui] ressemble le plus."

Dans une petite ville paisible, peu à peu la peste se propage, incarnée par un homme, symbole d'un régime totalitaire. Cette peste instaure alors l'état de siège qui apporte ordre, contrôle et surveillance. Tous semblent se plier à la terreur engendrée par cet état, tous, sauf Diego, qui décide de ne plus avoir peur et de se révolter.

"Qu'ai-je donc à vaincre en ce monde, sinon l'injustice qui nous est faite."

Chez Camus, cette révolte est une activité intellectuelle, nécessitant un courage permanent, elle est un engagement nécessaire. Il visait aussi bien l'Occupation et l'extermination des juifs en Europe que toutes les terreurs de l'état totalitaire vise l'Etat policier ou bureaucratique.

"Vous avez cru que tout pouvait se mettre en chiffres et en formules ! Mais dans votre belle nomenclature, vous avez oublié la rose sauvage, les signes du ciel, les visages d'été, la grande voix de la mer, les instants du déchirement et la colère des hommes ! (Elle rit.) Ne riez pas. Ne riez pas, imbécile. Vous êtes perdus, je vous le dis. Au sein de vos plus apparentes victoires, vous voilà déjà vaincus, parce qu'il y a dans l'homme -regardez-moi- une force que vous ne réduirez pas, ignorante et victorieuse à tout jamais. C'est cette force qui va se lever et vous saurez alors que votre gloire était fumée."

Seul un mouvement collectif de révolte peut conduire à un changement :

"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

"Le désespoir est un bâillon. et c'est le tonnerre de l'espoir, la fulguration du bonheur qui déchirent le silence de cette ville assiégée. debout vous dis-je ! Si vous voulez garder le pain et l'espoir, détruisez vos certificats, crevez les vites des bureaux, quittez les files de la peur, criez la liberté aux quatre coins du ciel ! Nous sommes les plus misérables ! L'espoir est notre seule richesse, comment nous en priverions-nous ? Frère, nous jetons tous ces bâillons ! (Grand cri de délivrance) Ah ! sur la terre sèche, dans les crevasses de la chaleur, voici la première pluie ! Voici l'automne où tout reverdit, le vent frais de la mer. L'espoir nous soulève comme une vague."

Une oeuvre toujours actuelle !

 

Présentation de l'éditeur : Folio théâtre

Du même auteur : La peste ♥ ♥ ♥

 

L'état de siège, Albert Camus, Première parution en 1949, Édition de Pierre-Louis Rey,Collection Folio théâtre (n° 52), Gallimard,Parution : 09-10-1998, 8.49 euros

 

Publié dans Théâtre

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Commenter cet article

Moka 10/02/2018 10:12

Un classique que je n'ai pas encore lu. C'est vrai que ce n'est pas LE titre de Camus sur lequel on se précipite immédiatement...

Hélène 12/02/2018 08:10

A tort... Je n'apprécie pas autant "L'étranger" ni "La peste", je crois même que je n'en ai pas parlé sur le blog

Bonheur du Jour 07/02/2018 17:35

Je partage votre avis sur l'Etat de siège. En fait, c'est toute l'oeuvre de Camus qui est actuelle.

Hélène 12/02/2018 08:07

Effectivement !

Cristie 05/02/2018 22:56

Un auteur que je n'ai toujours pas lu mais qu'il me tarde de découvrir.

Hélène 12/02/2018 08:06

J'aime beaucoup son théâtre.

Alex-Mot-à-Mots 05/02/2018 12:47

Des citations très fortes.

Hélène 12/02/2018 08:05

j'ai beaucoup aimé !

Dominique 05/02/2018 09:49

Camus est toujours d'actualité en effet
J'aime état de siège ou les justes mais j'ai du mal à les lire comme avec le théâtre en général

Hélène 12/02/2018 08:05

Il vaut mieux les voir effectivement !