Le discours de Fabrice CARO

Publié le par Hélène

♥ ♥

"La vie est un vélo rouge sans petites roues"

Adrien passe une soirée en famille, mais il est peu concentré et impliqué dans les conversations, son esprit louvoie. Il faut dire qu'à 17h24 il a envoyé un texto à son ex qui a souhaité "faire une pause", à 17h56 Sonia a lu le message envoyé mais sans répondre si bien que son esprit est happé par son téléphone, bien loin des considérations des uns et des autres sur le chauffage au sol. Quand de surcroit son beau-frère lui demande de préparer un discours pour leur mariage, Adrien ne sait plus à quel saint se vouer...

Quelques belles trouvailles voient le jour, comme ce moment où il se confie à sa mère en lui disant qu'il frôle la dépression, et qu'elle lui rétorque, pragmatique, "bois du jus d'orange", ou bien encore ces scènes autour de la tyrannie du texto, mais, mais...

Ce que j'ai moins aimé :

Cette lecture permet de passer un bon moment, grâce à de belles trouvailles mais le ton finit par lasser. Le discours ressemble à un one man show sans grande originalité. J'ai attendu en vain une profondeur rédemptrice, mais sans succès...

Face au discours frivole de la famille, lui se demande "où va le beau quand il n'est plus" et son regard est quelque peu méprisant, condescendant face à eux...

"En fait tout ça n'était qu'une couverture, la taxe d'habitation, le gratin dauphinois, peut-être une profondeur insoupçonnées surgirait-elle tout à coup de nulle part, sous le chauffage au sol, une fois la dalle arrachée, trouverait-on du Shakespeare, du sang, des larmes, de la sueur, de la vodka sur des violons tziganes ?"

Il se place dans la peau d'un pseudo-intellectuel qui redoute de devoir danser "La Chenille" lors du mariage ...

Ces moqueries m'ont semblé finalement gratuites et si j'imagine que l'auteur se moque aussi de cet Adrien dépressif, j'ai fini par rire jaune !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Nouvelle collection Sygne

D'autres avis : plus enthousiastes : Noukette ; The autist reading ; Agathe

Du même auteur : Zaï, zaï, zaï , Et si l'amour c'était aimer ?

 

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G
J'aime bien rire en lisant, mais pas jaune ! je passe donc !
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A
Ma PAL te remercie, car j'aime beaucoup ses BD au ton décalé, mais là, tu me refroidis. Au moins, ton avis est sincère.
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M
(Mince, je suis donc une pseudo-intellectuelle peu tentée à l'idée de me trémousser sur la chenille dans les mariages...)
Je n'ai pas encore sauté le pas avec ce roman mais j'y viendrai assurément!
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H
En faut c'est un tout, j'ai trouvé qu'il était assez dur et coupant avec les gens simples... je ne raffole pas de la chenille mais je ne me.permettrais.pas de me moquer de ceux qui apprécient ces moments...
V
rah zut, tu n'as pas adhéré ! Je pensais l'avoir du Père Noël mais je n'étais sans doute pas assez sage… je vais devoir me le procurer pour me faire ma propre opinion (car je suis plutôt très fan de Fabcaro)
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Z
Un genre que je n'apprécie pas du tout. Le nombrilisme, je déteste
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A
Je vais donc fuir ce pseudo-intellectuel ! Mais bonne fin d'année tout de même !
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A
Je comprends ce qui t'as déplu : effectivement le roman est moins ouvertement jouasse que les BD. Tu le trouve "plaintif", et moi "mélancolique". Et au contraire de toi, c'est cette dimension plus proche de la réalité (contrairement aux BD qui jouent avec l'absurde) qui a emporté mon adhésion.
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K
Tiens, un avis différent ! C'est intéressant.
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A
Il est peut-être meilleur en bandes dessinées ?
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S
Très envie de le lire car j'aime beaucoup les BD de Fabcaro.
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K
Pas enthousiaste, alors?
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H
Non je l'ai trouvé plaintif et nombriliste plus que drôle. Trop proche des gens que je rencontre dans la vraie vie...