Celles qui attendent de Fatou DIOME

Publié le par Hélène

                                           Celles-qui-attendent

                                            

♥ ♥

 « Parce qu’elles savent tout de l’attente, elles connaissent le prix de l’amour ; mais seuls leurs soupirs avouent ceux qui nous font languir nous assassinent ! »

 

L’auteur :

Fatou Diome est une écrivain sénégalaise. Son premier roman Le ventre de l’Atlantique lui a valu une grande notoriété.

 

L’histoire :

 Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa souhaitent le meilleur pour leur enfant. Elles ne voient aucun avenir pour eux s’ils demeurent dans leur pays, aussi décident-elles de les envoyer en Europe, clandestinement. Les deux fils acceptent bien volontiers cette envolée vers l’espoir. 

 

Ce que j’ai aimé :

-          Dans les départs, souvent le projecteur éclaire ceux qui partent, rarement ceux qui restent. Fatou Diome a eu la prescience de s’intéresser à « celles qui restent »

en chien de faïence dans leur pays, osant à peine imaginer ce qui peut arriver à leurs fils partis si loin… Elle nous décrit avec beaucoup de tendresse leur vie quotidienne, leurs angoisses, mais aussi leur espoir inconsidéré de voir un jour revenir leur aimé les bras emplis de richesse, nous offrant ainsi de magnifiques portraits de femmes.

   - Fatou Diome n'hésite pas à poser les bonnes questions en peignant le quotidien misérable de ces hommes et de ces femmes qui n'ont pas d'autres choix que de subir cette situation que d'autres plus puissants se plaisent à faire perdurer.

 « Seigneur ! Qu’on nous cache les yeux ! Voir ce que la pauvreté fait des humains est une torture infligée à l’âme. » (p. 152)

  

« Devraient entrer en résistance tous ceux qui sont d’accord pour dire qu’il n’est pas éthique de vider l’Afrique de sa force humaine. Que l’Europe, avec ses cyniques accords de partenariat, fasse de l’Afrique sa bétaillère de réserve n’est pas acceptable ! » (p. 241)

    

Ce que j’ai moins aimé :

-          Fatou Diome écrit avec tellement de facilité et de fluidité qu’elle finit par en jouer et j’ai trouvé dans ce roman qu’elle avait « sur-écrit », de la même façon que les acteurs « sur-jouent »… Au lieu d’aller à l’essentiel et de dire les choses simplement, elle les répète différemment plusieurs fois, leur adjoint des comparaisons, des métaphores qui allongent considérablement le propos.

 « Ce que les gens appellent l’éternité, qu’ils s’imaginent telle une ligne de mire lointaine, n’existe pas. La véritable éternité, c’est un bref instant, volé à la vacuité du quotidien, où, soudain, une intense beauté se concentre et s’ancre si profondément en nous que le temps à venir ne peut en éroder le souvenir. L’éternité, c’est cette pleine présence à soi et aux autres lors de ces moments inoubliables. Si le corps se laisse ruiner par le temps, il existe en nous des endroits où la beauté ménage un espace hors d’atteinte. (…) » (p. 285)

 J’ai souvent perdu le fil de la narration au détour de ces considérations, au point, souvent, de passer des lignes pour plus vite retrouver nos chères héroïnes…

 

Premières phrases :

« Aram, Bougna, Coumba, Daba, mères et épouses de clandestins, portaient jusqu’au fond des pupilles des rêves gelés, des fleurs d’espoir flétries et l’angoisse permanente d’un deuil hypothétique ; mais quand le rossignol chante, nul ne se doute du poids de son cœur. Longtemps, leur dignité rendit leur fardeau invisible. Tous les suppliciés ne hurlent pas. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Eldorado de Laurent GAUDE

 

D’autres avis : Yves, (Merci) Clara, Catherine

 

Je remercie Gilles Paris qui m’a permis de découvrir le destin de ces femmes attachantes… 

 

Celles qui attendent, Fatou Diome, Flammarion, août 2010, 336 p., 20 euros

 

defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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monique defollin 20/04/2011 02:04



superbe livre de fatou diome merci beaucoup



Hélène 20/04/2011 08:28



Un beau texte, même si le style m'a un peu rebutée.



Hathaway 15/03/2011 07:59



Ce livre est dans ma PAL, je l'ai acheté à l'auteure lors d'une rencontre, j'espère aimer ! Je me souviens de beaux billets concernant cette lecture, j'espère ne pas me heurter à ce côté
"sur-écrit" dont tu parles.



Hélène 15/03/2011 08:46



Tu peux te laisser emporter facilement, j'ai buté aussi parce que je connais bien le sujet et que je n'ai rien appris de supplémentaire au final.



keisha 12/03/2011 17:38



Help! Où met-on les billets du challenge?


J'ai en effet le billet d'aujourd'hui


http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-les-nouveaux-nouveaux-mysteres-de-paris-68637857.html


et j'ai aussi oublié


Le aye aye et moi, qui le mérite largement.


http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-aye-aye-et-moi-66226378.html


Mon problème, c'est d'y penser... j'ai fait une quinzaine de challenges en 2010 et j'ai tellement saturé qu'il y a des séquelles...



Hélène 12/03/2011 21:10



Ne t'en fais pas, je veille...



Kathel 12/03/2011 15:44



J'avais envie de le lire, mais ce que tu dis du style me freine un peu... Je sais par expérience que j'y serai sensible aussi, dans le sens négatif du terme.



Choupynette 12/03/2011 12:24



avis plutôt positif, Fatou Diome n'est pas dans ma PAL, donc ce ne sera pas une lecture dans le futur proche, masi je note ce titre... au cas où ;))



Yv 12/03/2011 11:52



Je t'en prie . Il me semble me souvenir que j'avais moins de réticences que toi, je l'avais apprécié, sans quasiment
rien rejeter. Peut-être l'euphorie m'enpêche-t-elle de voir parfois des défauts ?



Hélène 12/03/2011 21:11



Ou peut-être suis-je TREESS exigeante...



Aifelle 12/03/2011 10:47



Il m'attend dans ma PAL, je verrai bien ce que je pense du style. Tu as un logo qui fait peur aujourd'hui



Hélène 12/03/2011 10:50



Eh oui ! je fais partie des "livrovores qui ont les crocs"... GRRRR