L’amant de Patagonie de Isabelle AUTISSIER

Publié le par Hélène

                                              amant-de-patagonie.jpg

♥ ♥ ♥

« Comprend-on jamais les raisons d’un amour ? »

 

L’auteure :

 Isabelle Autissier est une navigatrice française, première femme à avoir accompli un tour du monde en compétition.

Isabelle Autissier, qui est née à Paris dans le 12e arrondissement, passe sa jeunesse à Saint Maur en région parisienne et découvre la voile en Bretagne dès l'âge de 6 ans.
En 1978, elle sort de l'École nationale supérieure agronomique de Rennes avec un diplôme d'ingénieur agronome (spécialisation en halieutique). En 1980, elle mène pour le compte du CORPECUM une recherche sur les langoustines et les gros crustacés. Cette activité de recherche se prolonge pour le compte de l'IFREMER, à La Rochelle sur les pêcheries du golfe de Gascogne. De 1984 à 1990, elle enseigne à l'École maritime et aquacole de La Rochelle.
En 1991, elle termine 7e au cours du BOC Challenge en réalisant l'exploit d'être la première femme à faire un tour du monde en course. C'est cette réussite qui la pousse à abandonner l'enseignement pour se consacrer entièrement à la course au large.

En 1996, elle participe au Vendée Globe à bord de PRB, mais est contrainte à l’abandon suite à la casse de son safran.

En 1999, au cours de la course en solitaire autour du Monde Around Alone (ex-Boc Challenge), elle chavire à 25 nœuds et son bateau reste à l'envers. Le skipper Giovanni Soldini viendra la sauver. C'est probablement cet accident qui accéléra la décision d'Isabelle Autissier d'abandonner les courses en solitaire. Elle continue néanmoins quelques courses en équipage.

Isabelle Autissier s'est également tournée vers l'écriture. Après plusieurs récits, essais, ainsi qu'un livret d'opéra, Homo Loquax, elle publie en 2009 son premier roman, Seule la mer s'en souviendra, l'histoire d'une supercherie en mer inspirée d'un fait réel – l'affaire Crowhurst en 1969. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

1880, alors que l'évangélisation décime le Nouveau Monde, Emily est envoyée en Patagonie en tant que « gouvernante » des enfants du révérend. Elle qui ne sait rien de la vie découvre la beauté sauvage de la nature, les saisons de froid intense et de soleil lumineux, toute l'âpre splendeur des peuples de l'eau et de la forêt.

(Extrait de la Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Après la mort de ses parents, le jeune Emily laisse son destin la mener vers les terres âpres de Patagonie, à Ochouaya, où elle est dévolue à être gouvernante des enfants du révérend Bentley. Elle Fait alors la connaissance des « sauvages », les Yamanas, qu’elle va apprendre à connaître et apprécier. Humaine, elle ira au-delà des clichés d’anthropophagie et de sauvagerie pour découvrir leurs rites et leurs rapport harmonieux au monde. 

 Elle ressentira elle-même les sensations quasi surnaturelles de connivence avec la nature,  « Cette impression d’être la vague et de m’éclater sur le bord, d’être la branche et de ployer sous la brise. » (p. 171)  

 « Marcher, être uniquement attentive au crissement de mes pas, au toc-toc d’un pivert, à une mare que je devine sous les herbes par son odeur fade, tout cela focalise mes pensées. Il me semble que mon âme, ainsi au repos, en profite pour cicatriser de vieilles blessures. » (p.211)

 Mais si Emily rêve de concorde entre les peuples, la réalité la rattrape rapidement, elle se trouve au coeur des combats sanglants qui divisent les Blancs aux Yamanas ou Onas, les deux peuples de la région. Impuissante, elle assiste alors à la déchéance au fil des années de ces peuples primitifs.

 "L'amant de Patagonie" est un de ces indiens et si la relation que Emily va entretenir avec lui est essentielle dans le roman, elle ne le résume pas. En cela ce titre à l'eau de rose est très mal choisi. Ce que nous offre l'auteure c'est avant tout un très beau portrait de femme, et un tableau juste de cette époque et du choc sanglant des civilisations en présence. 

indien-ona.jpg

Une très belle surprise de cette grande navigatrice et écrivain que j'avais déjà eu le plaisir d'apprécier avec son Kerguelen.

 

Ce que j’ai moins aimé :

La quatrième de couverture en dit beaucoup trop. Ne la lisez pas.

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Seule la mer s’en souviendra

Autre : Katherine Scholes La reine des pluies

 D’autres avis :

L’express Interview ; Miss AlfieThéoma 

L’amant de Patagonie, Isabelle Autissier, Le livre de poche, 2012, 6.10 euros

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Je suis d'accord le quatrième dévoile la moitié du livre!!! Je ne savais pas qu'elle était navigatrice avant de lire le livre... je lirai les autres, elle a une belle plume.
Répondre
C

Je ne savais pas qu'elle écrivait!  Effectivement l'histoire a l'air intéressante plus que le titre ne le laisse entendre. Je le note.
Répondre
L

Il m'a l'air effectivement intéressant. Je n'ai lu encore aucun de ces livres. Quand ma PAL aura bien diminué je mettrai I. Autisser sur ma nouvelle liste.
Répondre
H


Elle le mérite !



B

A nouveau un avis positif concernant ce roman : de quoi passer outre ce titre (qui fait craindre le pire ) !
Répondre
H


OUi, il faut aller au-delà de ce titre mièvre...



A

Je connaissais la navigatrice, masi pas l'écrivain. A découvrir, donc.
Répondre
H






K

Le thème est de ceux qui m'intéressent, ce que je n'imaginais pas non plus au vu du titre. 
Répondre
H


Je ne m'y serais pas arrêtée si je ne connaissais pas déjà l'auteur au travers d'un autre livre...



F

le titre m'aurait trompée, je suis heureuse d'avoir lu ton billet qui réhabilite ce roman. il me semble maintenant bien plus intéressant!
Répondre
F

Un beau thème humaniste que celui de cette rencontre entre cette femme blanche (courageuse certainement) et les peuples autochtones. La grande expérience humaine de Isabelle Autissier, acquise
lors des courses en solitaire, doit se ressentir dans son écriture, j'imagine.
Répondre
H


Une très belle surprise !



A

Je n'étais pas très tentée par ce roman (le titre à l'eau de rose en effet ..) plusieurs billets positifs vont me faire changer d'avis
Répondre
H


Il est loin d'être à l'eau de rose ... Ce titre est vraiment mal choisi !