Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 08:00


limonov

 

 

 

♥  

 

Prix Renaudot 2011

 


 

L’auteur :

 

Emmanuel Carrère est un écrivain français.

 

L’histoire :


« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

 

-         -  Je pourrais vous dire que Limonov est un roman passionnant centré sur un personnage marquant. Mais si Edouard Limonov est sans conteste un homme qui marque les esprits, il est aussi un être prêt à tout pour échapper à sa condition tristement humaine et exister. Prêt à tout, et surtout prêt au pire pour devenir quelqu’un et s’échapper d’un destin étroit. Ce n’est pas un être attachant, et la fascination étrange de l’auteur pour cet homme est assez déroutante :

 

« « C’est bizarre, quand même. Pourquoi est-ce que vous voulez écrire un livre sur moi ? »

Je suis pris de court mais je réponds, sincèrement : parce qu’il a – ou parce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangereuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.

Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarder :

« Une vie de merde, oui. » » (p. 484)


La frontière entre biographie et roman est ténue ici et l’auteur le reconnaît lui-même "J'ai une réticence à utiliser ce mot, explique l'auteur. La définition du roman parle de fiction. Or, tous les événements rapportés sont véridiques, même si je garde une liberté dans la mise en scène. Et il y a aussi tout ce qui relève de l'inexactitude involontaire..." (source L’express, Jean-Paul Guilloteau)

 

-          - Je pourrais vous dire que l’on apprend beaucoup sur la Russie et la politique de cette époque. Sauf que personnellement, je me suis ennuyée dans ces passages historiques et politiques.

 

-         - Je pourrais vous dire qu’Emmanuel Carrère est un grand écrivain, mais je n’avais pas du tout apprécié son « D’autres vies que la mienne », qui jouait trop sur le pathos à mon goût, et ici j’ai été énervée par ces allers et retours entre sa vie et celle de son héros, parce que je n’ai pas cette idée-là de la littérature et des romans.

 

-         -  Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage,  et je pense qu’il faut le faire si :

 

1. Vous appréciez les biographies

2. Vous appréciez l’histoire du communisme

3. Vous vous intéressez à  Edouard Limonov

4. Vous appréciez Emmanuel Carrère.

 

Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…

 

Premières phrases :

 

« Jusqu’à ce qu’Anna Politkovskaïa soit abattue dans l’escalier de son immeuble, le 7 ocotbre 2006, seuls les gens qui s’intéressaient de près aux guerres de Tchétchénie connaissaient le nom de cette journaliste courageuse, opposante déclarée à la politique de Vladimir Poutine. »

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara , Mathilde, Valérie, PetitSachem, SD49

Presse : Les InrocksTélérama, Lire, Le Magazine Littéraire

 

Limonov, Emmanuel Carrère, POL, 2011, 488 p., 20 euros

 

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Par Hélène - Publié dans : Littérature Française
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“A quoi sert d’être cultivé? A habiter des époques révolues et des villes où l’on n’a jamais mis les pieds. A vivre les tragédies qui vous ont épargné, mais aussi les bonheurs auxquels vous n’avez pas eu droit. A parcourir tout le clavier des émotions humaines, à vous éprendre et vous déprendre. A vous procurer la baguette magique de l’ubiquité. Plus que tout, à vous consoler de n’avoir qu’une vie à vivre. Avec, peut-être, cette chance supplémentaire de devenir un peu moins bête, et en tout cas un peu moins sommaire.”

Mona Ozouf, historienne, auteur de La Cause des livres (Gallimard).

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