Quand reviennent les âmes errantes de François CHENG

Publié le par Hélène

                                           quand reviennent les âmes errantes

 

  « Toute vie est à refaire

A refaire et à réinventer

Ecoutez, un rossignol chante ! » (p. 154)

 

L’auteur :

 Né en 1929 dans la province de Shandong, François Cheng vit en France depuis 1949. Universitaire, poète, calligraphe, traducteur en chinois de Baudelaire, Rimbaud, René Char, des surréalistes, etc., il est l’auteur de nombreux livres dont, aux éditions Albin Michel, Le Dit de Tianyi (prix Femina), L’Éternité n’est pas de trop ou Cinq méditations sur la beauté. Il a également reçu le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son oeuvre en 2001. Il a été élu à l’Académie française le 13 juin 2002.

 

Quatrième de couverture :

Dans une forme éminemment originale, François Cheng signe là un drame épique où le destin humain, avec toute la complexité des désirs qui l’habitent, se dévoile comme dans les tragédies antiques.

Quand reviennent les âmes errantes, un mystérieux échange se noue, et toute la vie vécue, extrêmes douleurs et extrêmes joies mêlées, se trouve éclairée d’une lumière autre, revécue dans une résonance infinie.

 

Ce que j’ai aimé :

Quand le destin de Chun-niang, « Dame du printemps » croise celui de deux hommes entrés dans sa vie par hasard, Gao Jian-li devenu maître de zhou, cet instrument à cordes proche de la cithare et Jing Ko, mercenaire devenu chevalier, tout l’ordre du monde et de leurs âmes s’en trouve tourmenté. Dans cette ère de la fin du IIIème siècle avant JC, leur amitié triangulaire ne pourra s’épanouir pleinement, heurtée de plein fouet par la vie tourmentée de leur pays.

 « L’ordre antique a fini par s’effondrer, la longue dynastie des Zhou a rendu l’âme. Voici que la vaste terre de Chine se divise en de multiples royaumes rivaux. (…) Partout règnent la violence, le désordre, l’arbitraire, l’injustice. » (p. 11)

 Comme dans les tragédies grecques, cœur et raison vont s’affronter, sans d’autre issue possible que la mort. Jing  Ko va être appelé à jouer un rôle déterminant dans cette lutte continuelle entre les royaumes chinois.  La passion des hommes va le mener vers la mort, cette mort qui permettra peut-être, enfin, la communion des âmes…

 « L’âme ? C’est bien par elle que la vraie beauté d’un corps rayonne, c’est par elle qu’en réalité les corps qui s’aiment communiquent. » (p.123)

 « La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant, c'est d'entendre et de donner à entendre l'âme qui l'habite et qui résonne de fait à l'âme cachée de l'univers. » (p 46)

 L’histoire –vraie- de ces trois protagonistes éclaire cette époque tourmentée de l’histoire chinoise.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Malheureusement, le récit de François Cheng n’est qu’une pâle copie des tragédies grecques et le style offert ici reste plat et insignifiant.  Les interrogations tintent faussement à l’oreille du lecteur, accumulant les clichés en des questions existentielles frôlant le ridicule :

 « O mystère ! Qui sommes-nous ? Où sommes-nous » (p. 72)

« Quelle est cette énigmatique force du désir qui nous ballotte, nous pulvérise ? Et vers quel Au-delà ? » (p.72)

 « Orgueil, ambition, ivresse du pouvoir absolu, tout cela habite l’homme, le pousse à la folie. L’humain devient inhumain, et l’inhumain monstrueux. La violence engendrant la violence, celui qui vit de la terreur périt par elle. »  (p. 137)

 Quand reviennent les âmes errantes jette de la poudre aux yeux du lecteur sans parvenir aucunement à l’éblouir…

 

Premières phrases :

 « En ce bas monde, en ce très bas monde, tout est vicissitude, tout est transformation. Le livre des Mutations l’a démontré, les Anciens nous l’ont dit : « Tous les cinquante ans, petit changement ; tous les cinq cent ans, grand chambardement. » »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Cinq méditations sur la beauté

Autre : Electre de Jean GIRAUDOUX

 

D’autres avis :

 Presse : Le figaro 

 

 Quand reviennent les âmes errantes : drame à trois voix avec chœur, François Cheng, Albin Michel, mars 2012, 166 p., 14 euros

 ChallengeDragonFeu 

Commenter cet article

Catherine 28/05/2012 13:19


Article noté dans le challenge, merci pour cette note de lecture et bonne semaine

Hélène 28/05/2012 13:22



Bonne semaine à toi aussi !



luocine 28/05/2012 08:31


j'aime bien ce commentaire et j'aime bien aussi François Cheng en éprouvant exactement cela. je me demande si notre époque supporte le lyrisme la grandiloquence .
Parfois oui et quand c'est un peu trop ça devient vite ridicule


Luocine

Hélène 28/05/2012 13:22



J'aime les tragédies, mais l je trouve qu'il ne s'agit que d'une pâle copie sans beaucoup, d'intérêt !