Winter de Rick BASS

Publié le par Hélène

                              

 ♥ ♥ ♥

 "Je n'ai pas l'intention de quitter cette vallée." (p. 261) 

 

L’auteur :

 

Rick Bass est un écrivain américain. Il vit dans la vallée du Yaak depuis 1987, vallée qu’il défend ardemment contre l’exploitation forestière notamment. Il appartient au groupe que l’on nomme « Les écrivains du Montana ».

 

 

L’histoire :

 

Winter est le récit de l’installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans ces lieux isolés et désolés est décrite avec tellement de tendresse et  d’engouement, que j’avais sorti ma valise du placard... Puis sont venus les mois d’hiver, et à l’évocation des -35 mon petit cœur frileux a bondi et j’ai rangé bien sagement ma valise…

  

fix ranch

Fix Ranch

 

-          C’est un récit très similaire à « Indian creek » : rédigé sous forme de journal il nous offre le quotidien de ces hommes qui ont fait le choix de tenter la grande aventure… J’avais reproché à Pete Fromm l’absence de réflexions, et j’ai donc été très heureuse de les  trouver chez Rick Bass :

 

«  Il y a des forces dans les bois, des forces dans le monde, qui vous revendiquent, qui posent une main sur votre épaule si doucement que voue ne la sentez même pas ; en tout cas, pas au début. Tous les éléments les plus infimes – la direction de la brise un jour, l’unique petite phrase qu’un ami peut vous lâcher, un corbeau volant au-dessus de la prairie et décrivant un arc de cercle pour revenir – vous revendiquent, pour finir, avec une puissance cumulative. » (p. 114)

  

«  En fin d’après-midi, il y a un moment où la lumière devient si étrange, où elle prend de tels reflets de bronze et une si parfaite immobilité qu’on jurerait un ferrotype – on dirait qu’elle essaie de retenir cet angle particulier des rayons solaires le plus longtemps possible, afin de nous permettre de contempler les champs, les bois, les prairies sous cet éclairage contrasté une dernière fois avant de s’estomper. Une dernière fois…

Et nous contemplons. Nous restons plantés là, en l’honneur de la lumière, à regarder, sans rien faire d’autre. Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j’ai l’impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d’attente, de promesse est puissant. » (p. 120)

 

Pour ceux qui, comme moi,  à la lecture de ce passage auraient déjà pris leur billet d’avion :

 hiver.jpg

« Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté du Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres – si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi, je peux imaginer qu’il fasse aussi froid. » (p. 230)

  

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pendant cette lecture mon esprit a eu tendance à musarder, s’accrochant difficilement à certaines descriptions statiques. Etait-ce dû à un manque de concentration ou bien à quelques longueurs du récit… Je vous laisse seuls juges…

 

 

Premières phrases :

 

« J’avais déjà vécu dans les montagnes. J’avais même fréquenté une université bâtie à flanc de montagne, l’Utah State University, et jamais je n’avais été aussi heureux – non pas heureux d’être jeune, ou d’être étudiant, ou d’être libre, mais heureux tout simplement de faire partie du paysage, de me déplacer à travers une contrée aussi étrange et merveilleuse (je suis originaire du Texas et, après l’université, j’ai travaillé pendant plusieurs années dans le Mississippi.) Avec mon amie Elizabeth, j’allais souvent camper dans l’ouest. Nous aimions l’odeur que dégageaient les bois, le soir, et le lendemain matin, à notre réveil. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le livre du Yaak

Autre : Indian creek de Pete FROMM

 

Lecture commune avec Vilvirt, Anne, Somaja, Syl, Juliette, Emeralda 

D’autres avis : Pickwick

 

Winter, Rick Bass, traduit de l’américain par Béatrice Vierne, Gallimard, Folio, avril 2010,

 

Quelques liens : les écrivains du Montana, Le site de Yaak Valley

  

challenge nature writing 

Commenter cet article

Folfaerie 15/02/2011 18:41



Ah, un de mes Rick Bass préférés. Moi j'aime bien le relire quand j'ai droit à un hiver sans neige, ça me manque tellement. Heureusement que cette année nous avons été gâtés ! Lui a l'art de
décrire les plaisirs liés à l'hiver, il n'en parle jamais de façon négative, c'est sans doute sa saison préférée et je peux le comprendre...



Hélène 16/02/2011 09:25



C'est vrai que ils attendent avec impatience l'arrivée de l'hiver pendant tout le roman... Je préfère le printemps personnellement....



Kathel 15/02/2011 18:22



Le "nature writing" marche très bien en ce moment, il va falloir que je m'y mette... J'ai bien aimé ta valise qui est sortie et rentrée ! 



Hélène 16/02/2011 09:24



Comment ça tu ne t'es pas encore mise au "nature writing" ??? Mais cours ma belle, cours, tu verras le nombre de fois où tu es tentée de sortir ta valise, surtout si tu vis à paris comme moi !!!!



somaja 15/02/2011 15:52



Superbe ton billet ! et les photos donnent finalement envie de tenter l'expérience, même si tu triches un peu en mettant une photo du chalet en été...


Le passage des mots qui gèlent, très beau effectivement ! Je ne connaissais pas cet auteur mais les références données ici me donnent envie d'aller un peu plus loin.



Hélène 16/02/2011 09:23



Merci, une belle lecture mais personnellement je ne tenterais pas leur aventure... Trop frileuse, trop peureuse...



zarline 15/02/2011 14:02



Tu ne crois pas si bien dire: "Noires blessures" avec intrigue en Afrique et traversée du désert ;-)



Hélène 16/02/2011 09:19



C'est une technique efficace contre le froid au moins ? J'ai quelques africains dans ma pal, je vais peut-être faire comme toi... Sauf que le salon du livre cette année est sur la littérature
nordique et que je dois en lire quelques uns...



Syl. 15/02/2011 13:30



Si c'est la maison des gardiens, non ! Mon image était telle quelle. Mais la grande maison , l'autre... J'ai dû l'imaginer ! Si ça se trouve, elle est aussi petite. Et moi qui l'a rêvée entre
bois et verre, immense...



Hélène 15/02/2011 13:34



On est d'accord, il s'agit de la maison dans laquelle ils vivent. L'autre maison,  je ne sais pas, peut-être effectivement est elle en bois, verre, marbre... La magie de la lecture...



zarline 15/02/2011 12:23



Noté depuis un moment déjà mais j'attends de mourir de chaud en été pour m'y plonger



Hélène 15/02/2011 13:24



Un bonne technique effectivement. Donc actuellement tu lis 'désert" c'est ça ?



Anne 15/02/2011 12:22



Super ton article avec les photos en plus ; cela donne encore plus de poids au livre.



Hélène 15/02/2011 13:23



Merci.



keisha 15/02/2011 11:18



Je le lirai, mais je ne sais trop par lequel commencer : des conseils???


Au sujet des paroles congelées : j'ai aussi lu ça dans un livre de Stegner (génial, génial, génial)(billet un jour...)



Hélène 15/02/2011 13:23



"Là où se trouvait la mer" m'a laissé une impression très forte, je te le conseille vivement !!!


Jamais lu Stegner, mais il est sur ma lal depuis un bail (comme tous les écrivians dits "du montana")..



Dominique 15/02/2011 09:44



En lisant ce billet ça me retrempe dans l'ambiance, j'ai bien aimé ce livre de Rick Bass et aussi le dernier qui a paru chez Gallmeister sur la Yaak Valley



Hélène 15/02/2011 13:21



J'ai moins aimé le dernier qui est un peu une redite de celui-ci, mais je pardonne à Rick Bass qui est de mes auteurs favoris...



Syl. 15/02/2011 09:24



Le chalet en photo, n'est pas le demeure grandiose du ranch n'est-ce pas ? C'est la maison des gardiens ?
Je suis contente que tu aies apprécié ta lecture. Quant à moi, j'ai aimé les descriptions et l'ode à la nature mais à petites doses... Il m'a même un peu agacée Rick !
Bonne journée A++



Hélène 15/02/2011 13:25



Fix Ranch himself... Je le voyais bien comme ça, tu es surprise ? Une bonne lecture pour moi aussi.



vilvirt 15/02/2011 09:10



J'ai beaucoup aimé aussi, malgré certaines descriptions répétitives et des passages un tout petit peu longs, mais dans l'ensemble, ça fait envie !! Tu as même trouvé une photo du chalet, c'est
super !! Je me laisserais bien tenté par ses autres ouvrages, surtout celui qui évoque cette même vallée !!



Hélène 15/02/2011 09:13



J'avais été déçue par celui qui évoque encore le Yaak (Le livre du Yaak), par contre j'ai adoré "Là où se trouvait la mer", un pavé mais magnifique...