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litterature amerique du nord

Autant en emporte le vent de Margaret MITCHELL

Publié le par Hélène

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

En 1861 en Géorgie. Scarlett O’Hara a seize ans. Nantie de plusieurs prétendants, elle n'a que l'embarras du choix en tant que riche héritière de Tara, l'exploitation de coton de sa famille. Secrètement amoureuse de Aschley Wilkes, son orgueil est touché quand elle apprend qu'il épouse en réalité sa cousine Mélanie. Le même jour elle rencontre Rhett Butler, à la réputation sulfureuse, et celui-ci découvre son secret. Dépitée, Scarlett se réfugie à Atlanta. Mais la guerre de Sécession met le pays à feu et à sang, opposant le Nord abolitionniste et le Sud ségrégationniste.

Le deuxième tome s'ouvre sur l'année 1866. Scarlett est retournée à Tara, bien décidée à tout faire pour sauver l'exploitation et subvenir aux besoins de ses proches. Ses choix s'avèreront litigieux dans ce contexte, sa morale se rapprochant dangereusement de celle de Rhett Butler. Mais chacun doit s'adapter à un monde finissant pour espérer survivre.

Scarlett personnage fier, imbue d'elle-même, subit la violence de cette guerre de plein fouet, elle connait la faim et la pauvreté, et cette expérience la marquera profondément, si bien que elle n'aura de cesse de trouver une sécurité financière par la suite. Après avoir vu le pire, elle n'a plus peur de rien, sauf de la faim. Elle affronte la réalité avec ses armes séductrices et se bat comme un lion pour garder son train de vie dispendieux, quitte à laisser sa morale de côté, écoutant ainsi le conseil de Rhett : "Il y a autant à tirer du naufrage d'une civilisation que de son édification." Il faudra attendre la fin du roman pour qu'elle tire des leçons de ses erreurs et comprenne l'importance des sentiments. Elle est détestable parce qu'égoïste, mais admirable parce que combattante.

Certes, aujourd'hui le livre fait polémique puisqu'il fait l'apologie de l'esclavage, les noirs esclaves étant présentés comme heureux tandis que les esclaves libres apparaissant comme des êtres sanguinaires symbole du passé colonialiste, mais il ne faut pas oublier que ce roman est avant tout le reflet d'une époque et la trajectoire d'une héroïne hors du commun. Couronné par le prix Pulitzer, immortalisé à l’écran avec les inoubliables Vivien Leigh et Clark Gable, Autant en emporte le vent est un best-seller, fresque intemporelle sur l’amour et la guerre, peuplée de personnages marquants, elle mérite grandement son succès.

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

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La vie qu'on m'a choisie de Ellen Marie WISEMAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 1931, Lilly a neuf ans et n'est jamais sortie de sa chambre, enfermée par ses parents qui prétendent la protéger du regard extérieur, puisque leur fille est atteinte d'une difformité. Un beau jour, sa mère la vend à un cirque.

En 1956, Julia a fui sa famille, mais quand sa mère meurt, elle se retrouve héritière d'un vaste domaine avec des chevaux. Elle retourne alors chez elle, et découvre des secrets enfouis dans les coulisses de la maison...

Ce que j'ai aimé :

- Le suspens : quel lien unit les deux jeunes femmes ?

- La vie de Lilly nous permet de découvrir les coulisses de la vie du cirque

Ce que j'ai moins aimé :

- Des scènes de violence aussi bien contre les animaux que contre les humains. Heureusement, la narration de Julia apporte un peu de légèreté par rapport à celle de Lilly.
Bilan :

Une lecture plaisante qui profite du ressort toujours efficace du secret de famille.

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

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La ferme des animaux de George ORWELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Cet apologue raconte la révolte d'animaux de la ferme, qui ne souhaitent plus se laisser spolier par les fermiers qui ne produisent rien personnellement mais exploitent la production des animaux. Ils renversent donc les fermiers et prennent la tête de la ferme, bien décidés à travailler dur pour eux mêmes. Mais tout ne se passe pas comme prévu, l'égalité qui devait être de mise est remise en question peu à peu par certains cochons.

« Ces scènes d’épouvante et ces massacres, ce n’était pas ce que nous avions appelé de nos voeux la nuit où Sage l’Ancien avait exalté en nous l’idée du soulèvement. Elle-même se fut-elle fait une image du futur, ç’aurait été celle d’une société d’animaux libérés de la faim et du fouet : ils auraient été tous égaux, chacun aurait travaillé suivant ses capacités, le fort protégeant le faible, comme elle avait protégé de sa patte la couvée de canetons, cette nuit où Sage l’Ancien avait prononcé son discours. Au lieu de quoi – elle n’aurait su dire comment c’était arrivé – des temps sont venus, où personne n’ose parler franc, où partout grognent des chiens féroces, où l’on assiste à des exécutions de camarades dévorés à pleines dents après avoir avoué des crimes affreux. »

Si Orwell s'en prend à la révolution russe à travers ces allégories, il condamne surtout toutes le formes de totalitarisme et de tyrannie et ces hommes prêts à tout pour asseoir leur domination plutôt que de mettre en avant les valeurs démocratiques de justice. Le roman met à mal les régimes totalitaires qui contrôlent les esprits et endoctrinent la population grâce à la propagande notamment. La leçon est plus philosophique et la morale est universelle : les hommes face au pouvoir perdent souvent toute mesure et sagesse.

« Bien sûr, j’ai conçu ce livre en premier lieu comme une satire de la révolution russe. Mais, dans mon esprit, il y avait une application plus large dans la mesure où je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être affamés de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. "

— George Orwell, « Lettre à Dwight Macdonald. 5 décembre 1946 »

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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Echec et mat de Stephen L. CARTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Alors que le juge noir Oliver Garland vient de mourir d'une crise cardiaque, sa fille Mariah est convaincue qu'il a été assassiné. Son frère Talcott, professeur de droit, émet des doutes jusqu'à ce qu'il soit approché par celui qui avait couté à son père sa nomination à la Cour Suprême, Jack Ziegler, un banquier mafieux qui lui réclame "les dispositions" du disparu. Talcott se met alors à douter lui aussi, et se trouve malgré lui embarqué dans une partie diabolique en vue de découvrir la vérité ainsi que lesdites "dispositions". Il doit oeuvrer avec parcimonie, car sa femme Kimmer risque aussi de perdre ses chances d'accéder au poste qu'elle brigue à la cour Suprême s'il ne joue pas finement.

Influencé par sa passion pour les échecs, passion qu'il partageait avec son père, Talcott va mener une véritable partie d'échecs, avançant pion après pion, observant attentivement les ripostes avant de jouer le coup suivant. 

L'auteur s'attache aussi aux complexités des relations familiales, au couple vacillant sous les coups de l'infidélité et parle finalement d'une quête d'identité, bien plus vaste qu'une simple enquête : qui était réellement le père de Talcott ? Comment expliquer certains de ses comportements étranges tout au long de sa carrière ? Comment le juge Garland a-t-il pu accéder à la classe dirigeante des afro-américains ? Tout n'était-il qu'une lutte de pouvoir ? Talcott découvre aussi les blessures profondes de l'être qui peuvent le pousser au-delà de la morale.

L'auteur connaît bien le milieu universitaire étant lui-même le premier professeur de droit noir titulaire d'une chaire à la prestigieuse université de Yale, et sa description du milieu est elle aussi taillée au cordeau, les personnages étant réellement incarnés. Il offre une analyse pertinente  de la situation raciale aux Etats-Unis en s'attachant à la bourgeoisie noire américaine

Un roman dense qu'on ne lâche pas malgré ses presque 700 pages, ce qui constitue en soi une preuve du talent de l'auteur !

 

Présentation de l'éditeur : Robert Laffont

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Les vitamines du bonheur de Raymond CARVER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les douze nouvelles du recueil s'attachent à des personnes ordinaires : Patti, jeune femme au chômage qui décide de vendre des vitamines à domicile, Jack et Fran invités chez un couple d'amis dotés d'un magnifique paon envahissant et d'un bébé hideux, un homme divorcé qui prend le train pour retrouver son fils... Ces personnages vivent sur le fil et à tout instant tout peut basculer. Dans leur monde, l'alcool agit comme une tentation dont il est difficile de se défaire, le couple reste chancelant quand les coups du sort s'acharnent, et la famille est un refuge tout aussi branlant.

Raymond Carver maitrise parfaitement l'art du détail, de l'atmosphère qui fait ressortir des blessures bien plus profondes. Dans ses nouvelles assez pessimistes le bonheur reste éphémère, comme une parenthèse enchantée à l'image de Chef qui avait trouvé un refuge dans la première nouvelle du recueil, mais doit quitter la maison, et à nouveau faire face à la précarité,  ou encore de la visite de cet aveugle dans la dernière nouvelle qui vient bousculer un couple englué dans le quotidien et dessine une cathédrale. Une cathédrale, comme une métaphore de l'art seul capable de sauver de la dérive ?

Présentation de l'éditeur : Points

Du même auteur : N'en faites pas une histoire

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Justice indienne de David Heska Wanbli Weiden

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Virgil vit dans la réserve indienne de Rosebud dans le Dakota du Sud. Il propose ses services pour rétablir la justice quand celle-ci est défaillante, les principaux abus ayant lieu sur la réserve n'étant pas punis. Il s'occupe aussi de son jeune neveu après la mort de sa soeur. Mais cette fois-ci, Virgil se lance dans une nouvelle mission différente de ses habitudes : on lui demande de traquer des hommes qui introduisent sur la réserve une nouvelle drogue. Son neveu se trouvera directement impliqué.

Ce que j'ai aimé :

Le roman est centré sur les problèmes auxquels est confrontée la nation lakota sicangu et sur cette "justice à l'indienne" : "La police tribale devait rapporter tous les crimes aux enquêteurs fédéraux, qui allaient rarement jusqu'aux poursuites. Seules les affaires médiatisées ou les crimes violents méritaient qu'ils engagent une action en justice. Mais les agressions sexuelles classiques, les vols, les voies de fait étaient le plus souvent ignorés. Et les ordures le savaient. Les violeurs pouvaient s'en prendre aux Indiennes tant qu'il le voulaient, du moment qu'ils opéraient en terre indienne."

Virgil contribue donc à la justice en se substituant au système judiciaire défaillant. Cet homme ambivalent hésite entre les traditions amérindiennes et la modernité qui s'offre à lui et devra trouver le juste accord pour sauver ceux qu'il aime.

Ce que j'ai moins aimé :

Une tension glaçante et des scènes assez violentes.

Bilan :

Un roman assez convenu mais néanmoins efficace !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Mois de mai : Il était une fois dans l'Ouest

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La couleur de l'eau de James McBRIDE

Publié le par Hélène

♥ ♥

James Mc Bride se penche sur ses origines complexes : il est noir, mais né d'une mère aussi blanche que ses enfants sont noirs. Il raconte la difficulté de trouver son identité dans ce pays assez manichéen sur le sujet. Comment allier les deux couleurs ? Mais il met surtout en avant cette mère atypique à qui il rend hommage, et sa volonté de passer outre couleur ou religion pour élever ses enfants dans la joie.

Parallèlement à l'histoire de James, se dévoile celle de sa mère, fille d'un rabbin polonais qui a bravé tous les interdits pour épouser en 1942 un noir protestant, puis reniée par sa famille, en charge de James et de ses onze frères et sœurs.

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été touchée par leur histoire, l'émotion m'a manqué.

Bilan :

Un bel hommage rendu à une femme forte capable de braver tous les aprioris !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Challenge Gallmeister organisé par Les Passions de Chinouk et Readlookhear

Thème du mois : Girl Power

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Sauvagines de Gabrielle FILTEAU-CHIBA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » prémonition d’Einstein

Raphaëlle est garde-forestière au cœur de la forêt du Kamouraska, à l’Est du Québec. Son rôle est de  « maintenir l’équilibre fragile entre l’humain, la faune et ses habitats : protéger, éduquer, prévenir. » Elle veille sur les ours, les coyotes, les lynx, les cerfs, aux prises avec le braconnage à outrance de ceux qui ne respectent pas la nature. Un matin, sa chienne Coyote disparait et elle la retrouve prise dans des collets de braconnage illégalement posés. Raphaëlle comprend rapidement que le braconnier en question est dangereux quand il vient rôder autour de chez elle, à la recherche d'une proie différente de ses cibles habituelles. Gronde alors en elle  «la frustration sans soupape de ne pas mieux servir la Nature, la colère de ne plus sentir que j’appartiens au clan des Hommes, la peur de perdre le contrôle. » Peu à peu s'ancre en elle le sentiment profond que la bonne chose à faire, en matière d’équilibre planétaire, est de protéger les vulnérables. Quel qu'en soit le prix !

Empruntant à différents genres, que ce soit le nature writing, le thriller, le roman d'amour, la poésie, Gabrielle Filteau-Chiba crée son propre chemin, percutant et doux à la fois, appelant tout un chacun à réfléchir à son rôle dans ce monde bancal...

Un très beau roman !

 

Présentation de l'éditeur : Stock

Du même auteur : Encabanée

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Les étoiles, la neige et le feu de John HAINES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"C'est dans la clarté et la force brève d'une rencontre avec la nature , dans ce témoignage d'amour et - puisque c'est d'un livre dont il s'agit- dans les souvenirs qu'on rappelle à soi pour les conter, que l'on peut recouvrer certains moments vitaux de cette expérience. Ils recèlent cette vitalité première de l'existence sans laquelle il n'est aucun art possible, aucune approche spirituelle, aucun rapport authentique au monde." Préface de l'auteur

John Haines a fait le choix de se retirer de la civilisation pour se retirer pendant vingt-cinq ans dans une cabane au coeur de l'Alaska, réapprenant les gestes essentiels des pionniers : chasser pour se nourrir, couper du bois pour se chauffer, tracer des pistes. Il s'adapte à cette vie harmonieuse proche de la nature et nous livre son émerveillement profond de cette vie. 

Les soirées sont bercées par les récits des voisins à qui on rend visite pour échanger autour du feu des anecdotes, des destins atypiques, des légendes qui se teintent quelquefois de magie à la lueur du feu. Jamais ce récit ne se fait lassant tant il déborde d'un amour inconditionnel pour ces personnes et pour ce mode de vie, loin de tout. On se surprend à guetter nous aussi le passage d'un élan, en espérant qu'il ne disparaisse pas de ces paysages paradisiaques...

Il s'agit du premier roman édité chez Gallmeister sous le titre Vingt-cinq ans de solitude, inscrivant la maison d'édition dans le nature writing et prouvant le talent indéniable de Oliver Gallmeister pour dénicher des récits envoûtants !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Challenge Gallmeister organisé par Les Passions de Chinouk et Readlookhear

Thème du mois : Nature writing

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Le chant de la frontière de Jim LYNCH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Brandon Vanderkool a un monde bien à lui. Il aime les oiseaux et est doté d'une sensibilité et d'une intuition particulière. Cet être à part préoccupe ses parents, aussi son père le pousse-t-il à se faire embaucher dans la Border Patrol, la police des frontières américaines. Il surveille ainsi la frontière avec le Canada, traquant émigrés ou les trafics de drogue. Curieusement, Brandon accumule les arrestations, son observation hors normes de ce qui l'entoure lui permettant de repérer tous les détails inadéquats. Pendant ce temps son amie d'enfance Madeline se lance dans le trafic de drogue...

Ce que j'ai aimé :

Brandon est un personnage très attachant parce que pur. Sa sensibilité est touchante et son rapport à la nature tout artistique. Il est un être de beauté qui ne conçoit pas le mal et qui ne peut s'épanouir dans ce métier si particulier. Il touche ceux qui l'entourent, transmettant son détachement et son amour pour la beauté. Les autres personnages, symboles d'une Amérique décadente gravitent en roue libre autour de cette frontière, qu'il s'agisse du père de Brandon aux prises avec des difficultés dans son élevage de vaches, du père de Madeline révolté dans l'âme ou encore de Madeline elle-même, victime de l'argent facile et des hommes. Entre la peur du terrorisme et la crise économique, chacun tente de s'en sortir, tant bien que mal...

Ce que j'ai moins aimé :

Je l'ai toutefois moins apprécié que les romans précédents de l'auteur. Il manquait un souffle, un supplément d'âme que j'avais trouvé dans les Les grandes marées que je vous conseille davantage.

Bilan :

Mitigé

Présentation de l'éditeur  : Gallmeister

Du même auteur : Face au vent ♥ ♥ ♥ ♥ ; Les grandes marées ♥ ♥ ♥ 

Challenge Gallmeister organisé par Les Passions de Chinouk et Readlookhear

Thème du mois : C'est la vie

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