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148 articles avec litterature amerique du nord

La petite et le vieux de Marie-Renée LAVOIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"La réalité, discrètement, se faisait belle."

"La petite" se fait appeler Joe. Elle se plait en effet à être une fille qui vit comme un garçon, comme son idole de dessin animé Lady Oscar, capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Elle pense qu'en effet être un garçon dans sa famille pas très riche serait plus utile qu'être une fille, raison pour laquelle elle tente de rendre service en accomplissant des petits jobs comme distribuer des journaux ou servir des joueurs de bingo. Joe grandit dans les années 80 au Québec, elle a huit ans et trois soeurs : Jeanne, Margot et la petite Catherine. Ses problèmes se résument à "Comment faire pour courir aussi vite qu'Isabelle-12 à l'école, commente faire pour avoir les cheveux très longs rapidement, comment faire pour empêcher mes seins de pousser, comment faire pour que papa arrête de vomir le matin avant de partir travailler, etc." En effet, son père traine un mal-être lancinant qu'il noie dans l'alcool, et sa mère tient la maisonnée d'une main de maitre, ponctuant ses phrases d'un "C'est toute" qui interrompt immédiatement toute velléité de résistance.

Un beau jour, Joe rencontre Roger, "le vieux" qui s'installe à côté de chez eux. C'est un vieil homme un peu grincheux, ayant la fâcheuse habitude de jurer, mais il se révèle au fil du temps un ami précieux.

Avec tendresse et douceur, l'auteure peint le quotidien de cette jeune fille, entre déconvenues de l'enfance, découverte du monde quelquefois incompréhensible des adultes, angoisses et profondeur de l'amour de ses proches. Un roman touchant, qui rappelle que si la vie se veut quelquefois cruelle, la tendresse et l'amour portés par les autres sauve finalement de tout...

 

Présentation de l'éditeur : XYZ Editeur ; Folio

D'autres avis : Babelio

Vous aimerez aussi : Mon top ten à la québécoise ; Karine

 

La petite et le vieux, Marie-René Lavoie, Folio, juillet 2015, 7.7 euros

 

 

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Top ten à la québecoise

Publié le par Hélène

Voici ma sélection de mes titres québécois préférés. Cliquez sur le titre !

La tournée d'automne de Jacques POULIN 

Le vieux chagrin de Jacques Poulin

La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie (chronique à venir le 10 novembre)

La fiancée américaine de Eric Dupont

Rivière Mékiskan de Lucie Lachapelle

Pieds nus dans l'aube de Félix Leclerc

Champagne de Monique Proulx

Défense de tuer de Penny

Elle et nous de Michel JEAN

Nature morte de Louise PENNY 

 

D'autres coups de coeur québécois chez Karine

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Québec en novembre

Publié le par Hélène

Ce mois-ci sera québecois avec Karine et Yueyin !

Ce sera l'occasion de faire de belles découvertes, grâce à un programme de lectures communes très alléchant :

4 novembre : littérature jeunesse

6 novembre : Top 10 à la québécoise qui nous permettra de mettre en avant nos romans québécois préférés

10 novembre : Marie-Renée Lavoie La petite et le vieux que je viens de finir, et pour qui j'ai eu un vrai coup de coeur !

12 novembre : Romance et chicklit

14 novembre : Réjean Ducharme

16 novembre : Écoutons un livre québécois (raccord avec le rendez vous du blog de Sylire http://www.sylire.com/

20 novembre : Michel Tremblay dont j'aimerais relire Le coeur découvert et le coeur éclaté

22 novembre : BD québécoise

24 novembre : Polars québécois, Louise Penny pour moi

 

J'ai également prévu de lire Bondrée de Andrée A. Michaud

Un beau programme en perspective qui risque de se densifier quand j'aurai découvert le top ten des uns et des autres lundi ! A suivre...

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Underground railroad de Colson WHITEHEAD

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Comme si en ce monde il n'y avait pas de lieux où s'enfuir, seulement des lieux à fuir."

Underground railroad est le nom donné au réseau de routes clandestines utilisées par les abolitionnistes pour aider les esclaves noirs à s'échapper notamment dans les années 1850. Ce chemin, la jeune Cora, seize ans, esclave dans une plantation de coton, va le suivre pour fuir aux côtés de Caesar, un autre esclave de la plantation. Caesar pense sans doute que la jeune femme lui portera chance dans sa fuite puisque la mère de Cora, Mabel, fut la seule esclave de la plantation a avoir réussi à fuir sans jamais se faire prendre par les chasseurs d'esclaves. Cora et Caesar, accompagnés par Lovey, s'engagent donc vers la route censée les mener vers la liberté. Mais cette route est semée d'embûches, et de la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, ils vont vivre une incroyable odyssée.

"Il arrive parfois qu'une esclave se perde dans un bref tourbillon libérateur. Sous l'emprise d'une rêverie soudaine au milieu des sillons, ou en démêlant les énigmes d'un rêve matinal. Au milieu d'une chanson dans la chaleur d'un dimanche soir. Et puis ça revient, inévitablement : le cri du régisseur, la cloche qui sonne la reprise du travail, l'ombre du maître, lui rappelant qu'elle n'est humaine que pour un instant fugace dans l'éternité de sa servitude."

L'auteur a choisi ici de matérialiser ce chemin clandestin par un chemin de fer souterrain, lieu désertique dans lequel errera plusieurs fois Cora, sommée de fuir à nouveau alors qu'elle pensait avoir trouvé un havre de paix. Mais la paix est éphémère dans ce monde dominé par la haine et la violence.

« Un semblant de liberté était le pire des châtiments, tant il mettait douloureusement en relief la magnificence d’une vraie liberté […] Etre libre n’était pas une question de chaînes, ni d’espace disponible. »

Ce que j'ai moins aimé : Le roman est très bien documenté, ouvrant sur une période sombre de l'histoire, mais il manque un souffle, une émotion qui prendrait aux tripes et apporterait une dimension supplémentaire à ce destin poignant. Cora semble comme dénuée de sentiments, être immatériel qui traverse les étapes de son parcours en observatrice.

Bilan : Cette fuite en avant aux rebondissements multiples agit certes comme un page turner instructif, mais il lui manque une dimension supplémentaire pour marquer durablement.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

D'autres avis : Babélio

 

Reçu et lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire Priceminister

 

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Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard WAGAMESE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On n'est rien d'autre finalement. Que nos histoires."

Quand Eldon appelle son fils Franklin à son chevet, il sait que ses jours sont comptés. Détruit par des années d'alcoolisme, il est rongé de l'intérieur et souhaite que son fils l'accompagne dans la montagne pour l'enterrer comme un guerrier. Pour les deux hommes qui n'ont jamais vécu ensemble, c'est aussi l'occasion d'explorer le passé. Franklin espère avoir des réponses aux questions qu'il se pose, lui qui a été élevé par un autre homme que son père et qui n'a jamais connu sa mère.

Arpentant les grands espaces dans lesquels Benjamin se meut avec aisance et harmonie, les hommes se réconcilient aussi avec leurs origines indiennes et avec "le Grand Tout".

"Jimmy disait tout le temps que nous étions un Grand Mystère. Tout. Il disait que les choses qu'ils faisaient, ces Indiens d'autrefois, c'était rien d'autre que d'apprendre à vivre avec ce mystère. Pas le résoudre, pas s'y attaquer, pas même chercher à le deviner. Juste être avec. J'crois que j'aurais aimé apprendre le secret qui permet de faire ça."

Leur identité s'est forgée au fil de leurs histoires, et si Benjamin peut ressentir de l'amertume face à ce père alcoolique, le récit des épreuves d'Eldon lui permettra de mieux comprendre qui il est et d'où il vient.

"Le vrai monde c'était un espace de liberté calme et ouvert, avant qu'il apprenne à l'appeler prévisible et reconnaissable. Pour lui, c'était oublier écoles, règles, distractions et être capable de se  concentrer, d'apprendre et de voir. Dire qu'il l'aimait, c'était alors un mot qui le dépassait, mais il finit par en éprouver la sensation. C'était ouvrir les yeux sur un petit matin brumeux d'été pour voir le soleil comme une tache orange pâle au-dessus de la dentelure des arbres et avoir le goût d'une pluie imminente dans la bouche, sentir l'odeur du camp Coffee, des cordes, de la poudre et des chevaux. (...) C'était aussi la sensation de l'eau qui jaillit d'une source de montagne. Aspergée sur ton visage comme un éclair glacé. Le vieil homme lui avait fait découvrir tout cela."

Richard Wagamese peint ici un magnifique roman sur ce qu'on transmet à ses enfants, sur la force qu'on leur inculque pour faire face aux évènements marquants de la vie, et de la vérité qui se tapit en eux, prête à resurgir, intacte, pure. Un roman profondément touchant.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Jérôme ; Sandrine

 

Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese (traduit de l’anglais par Christine Raguet). Zoé, 2016. 285 pages. 21,00 euros

 

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Chez les heureux du monde de Edith WHARTON

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

Lily Bart 29 ans issue d'un milieu modeste, aime frayer avec la haute société. Ambitieuse et belle, elle souhaite se marier avec un homme riche pour rester à l'abri des aléas de la vie. Elle pense que sa beauté lui facilitera les choses. Elle a quelques noms en vue, mais étrangement, chacun de ses projets échoue, comme si elle savait au fond d'elle qu'elle restait en inadéquation avec l'esprit de ces messieurs et de ce milieu.

Elle sympathise avec Lawrence Selden, un avocat qui tente de la diriger vers d'autres priorités :

"Selden repoussa son chapeau en arrière et la regarda de côté.
- Le succès… qu’est-ce que le succès ? Je voudrais bien connaître votre définition.
- Le succès ?… (Elle hésita.) Mais c’est tirer de la vie tout ce qu’on peut en tirer, j’imagine… C’est une qualité relative, après tout… N’est-ce pas aussi votre idée du succès ?
- Mon idée ?… à Dieu ne plaise !
Il redressa le buste avec une énergie soudaine, appuyant ses coudes sur ses genoux, et, les yeux fixés sur le paysage harmonieux :
- Mon idée du succès, - dit-il, - c’est la liberté personnelle.
- La liberté ?… être libre de soucis ?
- Libre de tout… de l’argent et de la pauvreté, de l’aisance et de l’inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l’esprit, voilà ce que j’entends par le succès.
"

Mais Lily tient à côtoyer les hautes sphères et, persévérante, elle se rapproche de personnages aux intentions troubles. Le mariage lui apparait comme la seule issue, mais, victime des ouï-dires, elle est mise à l'écart, Lawrence Selden lui-même ajoutant foi aux rumeurs.

Le portrait de cette jeune femme est troublant, elle qui tient à vivre dans le luxe et se raccroche à la "stupide cherté de la nourriture et la voyante sottise de la conversation, une liberté de langage qui n'atteignait jamais l'esprit, et une liberté d'action qui ne s'élevait jamais jusqu'au roman.", mais reste trop honnête pour monnayer sa beauté. Elle reste déchirée entre sa moralité et ses ambitions et la fin du roman offre une satire poignante de cette société étouffante du début du XXème siècle !

Un classique qu'on apparente souvent à Henry James ou Jane Austen - en plus sombre- tant la subtilité des portraits se marie à merveille avec l'intrigue ancrée dans le siècle.

 

Présentation de l'éditeur : Archipel

D'autres avis : Lily, Papillon, Babélio

 

Chez les heureux du monde, Edith Wharton, traduit par Du Bos, Charles de Anglais (EU), Arcgipel, archipoche, mars 2017, 498 p., 7.80 euros

 

Chez les heureux du monde de Edith WHARTON

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Courir au clair de lune avec un chien volé de Callan WINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

« Des nouvelles vraiment impressionnantes, dont les personnages m’ont habité longtemps. » Jim Harrison

Salué par le maître Jim Harrison et par Thomas McGuane, Callan Wink est un jeune auteur qui fait preuve dans ce premier recueil de nouvelles d'une profondeur d'analyse prometteuse.

Il met en scène des protagonistes souvent divisés entre le poids des responsabilités et l'envie de liberté. Perry, le héros de Une autre dernière bataille, trompe sa femme atteinte d'un cancer avec une jeune indienne crow une fois par an, dans Exotisme, James est un professeur perdu qui part vers la liberté pendant les vacances d'été. Son frère quant à lui a fait le choix d'une vie de famille rangée. Comme dans la symétrie d'un jeu de miroirs l'un envie le mode de vie de l'autre :

""J'aimerais juste pouvoir me barrer quand l'envie m'en prend, aller vivre sur un ranch, réparer des clôtures, baiser des femmes que je viens de rencontrer et boire de la bière toute la journée."

James s'esclaffa; "Ne me tente pas, mon vieux. J'échangerais ma place contre la tienne sans l'ombre d'une hésitation. Enfiler tes chaussons. Boire ton bourbon de luxe. Profiter de ton compte en banque. Etrangler ta femme."" p. 139

Certains font les mauvais choix ou s'interrogent longtemps sur la pertinence des dits choix. Ainsi, pour avoir voulu courir après le profit, Rand, entrepreneur zélé, en a trop demandé à ses ouvriers, jusqu'à la catastrophe, un soir de Noël (La danse du soleil). De fait, les rapports familiaux sont souvent complexes et les jeunes errent désoeuvrés dans une vie qui les dépasse, face à des attentes frustrantes (Les respiriens, Dérapage et Moïse au pays des indiens crows)

Car chacun lutte comme il peut contre une solitude qui s'attache d'un peu trop près à leurs pas à l'image de cette éleveuse de boeufs texans dans Regarder en arrière.

Mes réticences : Si ces textes sont forts, il manque encore un petit supplément d'âme que l'on espère trouver dans les oeuvres futures de ce jeune auteur...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

 

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit de l'américain par Michel Lederer, Albin Michel, Terres d'Amérique, septembre 2017, 290 p., 22 euros

 

Merci à Babélio

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L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Publié le par Hélène

♥  ♥ ♥

Ete 1979. Rachel, 13 ans et Patty 11 ans sont livrées à elles-mêmes : après le divorce de leurs parents, leur père est parti et leur mère a sombré dans une dépression la déconnectant de la réalité. Rachel et Patty qui se qualifient de "bizarres et un peu foldingues" profitent de cette liberté forcée pour arpenter la montagne avoisinante. Elles se balancent à des lianes, dévalent la montagne en roulés-boulés, trainassent dans la cabine rouillée d'un camion avec un sac de crackers, écrivent des histoires qu'elles se lisent à haute voix, jouissant pleinement de cette belle complicité entre soeurs. Elles se créent un monde à elles, ensemble, unies.

Mais un évènement va sonner le glas de ces sorties insouciantes : une jeune fille est retrouvée morte, assassinée par celui que l'on surnommera par la suite après la découverte d'autres corps "L'étrangleur du crépuscule". Le père des filles, inspecteur, est en charge de cette enquête très médiatisée. Vouant un amour sans failles à ce père absent, Rachel et Patty sont persuadées qu'il attrapera rapidement le coupable.

Au travers du portrait touchant de Rachel et de ses rapport fusionnels avec sa soeur, se profile l'adolescence et ses choix : faut-il assumer le fait d'être "bizarre", à part, ou choisir d'être populaire en papotant et en se vernissant les ongles ? Faut-il entrer dans la norme et avoir un petit copain qui vous pétrit les seins en s'imaginant être sensuel ou préférer courir les montagnes en faisant rire sa soeur ?

"Les filles de treize ans sont grandes et petites, grosses et maigres. Ni l'un ni l'autre, ou les deux. Elles ont parfois la peau la plus douce, la plus parfaite, et parfois, en l'espace d'une nuit, leur visage devient une sorte de gâchis. Elles peuvent pleurer à la vue d'un oiseau mort et paraitre sans coeur à l'enterrement de leurs grands-parents. Elles sont tendres. Méchantes. Brillantes. Idiotes. Laides. Belles." p. 238

Treize ans est aussi l'âge où l'on découvre son corps et sa sexualité, l'âge où on admire encore ses parents en les prenant comme modèles, mais où l'on comprend aussi qu'ils sont faillibles. Joyce Maynard saisit avec talent cet âge intermédiaire entre l'enfance et l'adolescence, ce moment où tout bascule et plus rien n'est sûr. L'intrigue policière n'est au fond qu'un prétexte pour peindre de magnifiques portraits d'adolescentes.

Ce que j'ai moins aimé : La fin est décevante.

Bilan : Un roman très sensible et touchant sur l'adolescence.

 

Présentation de l'éditeur : Philippe Rey ; 10-18

D'autres avis : Télérama  ; Chez Florence

 

Du même auteur : Les filles de l'ouragan

Vous aimerez aussi : The girls de Emma Cline

 

Lu dans le cadre du Blogoclub organisé par Amandine et Florence Le livre d'après

 

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L'été avant la guerre de Helen SIMONSON

Publié le par Hélène

♥ ♥

 

Eté 1914. Béatrice Nash rejoint le village de Rye pour exercer le métier de professeur de latin. Célibataire, indépendante, elle aspire à devenir écrivain, dérangeant les codes conservateurs de la société de l'époque. A Rye, elle est accueillie par Agatha Kent et ses neveux Hugh et Daniel en qui elle rencontre des alliés face à certains avis plus vindicatifs sur sa venue...

Mais la guerre gronde et le village accueille alors un afflux de réfugiés belges. Béatrice accepte de recueillir la frêle Céleste. Puis les hommes partent peu à peu, au front. Cette jeunesse insouciante apprend peu à peu la gravité. L'expérience de la guerre bouleversera à jamais les destins des uns et des autres, comme le dit l'un des personnages : "Je suis libéré, non pas de la peur de la mort, mais de la conviction que je peux contrôler la mort."

Avec beaucoup de charme, Helen Simonson peint la fin d'une époque, ces jours où tout bascule petit à petit de la routine aux choix cruciaux et vitaux. Si elle n'idéalise pas la société d'avant-guerre très conservatrice, elle réussit à lui insuffler une légèreté que rompt insidieusement l'arrivée progressive du conflit. L'horreur arrive petit à petit, crescendo,  par le biais d'une faisceau dense de personnages et d'intrigues secondaires gravitant autour de la jeune Béatrice. Malgré tout, sous ce climat tendu,  l'humanité prévaut, elle qui peut parfois percer les coeurs et sauver les âmes.

Une belle surprise découverte grâce à La Thé Box / 10-18

 

Présentation de l'éditeur : Nil editions10-18

D'autres avis : A livre ouvert ; Keisha ; Cryssilda

 

L'été avant la guerre, Helen SIMONSON, 10-18, mai 2017, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Odile Demange , 672 p., 9.10 euros

https://www.10-18.fr/livres/litterature-etrangere/lete_avant_la_guerre-9782264070968/

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Magic Time de Doug MARLETTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Années 90. Carter regagne son Mississippi natal pour se remettre d'un choc et d'une rupture douloureuse. Mais la tranquillité ne sera pas au rendez-vous puisque il revient dans la ville de Troy au moment de la réouverture d'un procès retentissant pour le meurtre de militants des droits civiques par le Ku Klux Klan en 1965. Le père de Carter, le juge Ransom était en charge de l'affaire à l'époque, or il semblerait que des éléments soient restés enfouis. Les souvenirs de Carter resurgissent, sa petite amie de l'époque faisant partie des victimes. Jeune homme de 19 ans issu d'un milieu bourgeois, il s'était pourtant lié avec le groupe du Magic Time aux côtés de son ami d'enfance Lige. Là, il rencontre Sarah, celle dont le souvenir restera à jamais gravé en lui.

Les chapitres balancent entre les deux périodes et peu à peu les coulisses du procès s'éclairent, des batailles acharnées pour défendre les droits civiques, aux abominations perpétrées par le Klan. Les 660 pages balaient le climat tendu de l'époque : des victimes qui disparaissent sans laisser de traces, des sudistes qui ne sont pas inquiétés quand toutes les preuves convergent vers eux, des arrestations musclées sans bien-fondé, des inégalités prégnantes qui jour après jour créent un climat de violence latente. Dans ce contexte, le personnage de Carter aux prises avec l'Histoire se construit sous nos yeux, rétrospectivement il reconnait s'être bandé les yeux, refusant de comprendre certains évènements tragiques dépassant l'entendement humain.

Ce que j'ai moins aimé :

- des longueurs.

- quelques clichés : "Parfois, les gens dont nous sommes le plus proches sont ceux que nous connaissons le plus mal."

Bilan : Un roman prenant qui par le biais de personnages attachants nous renvoie à cette période essentielle du pays. Toutefois, sur le même sujet j'avais préféré Le temps où nous chantions

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 ; Le cherche midi

D'autres avis : Repéré chez Sandrine Eva ; Dominique ; Keisha ; Jérôme ; Kathel ;

 

Magic Time, Doug Marlette, traduit de l'anglais (EU) par Karine Lalechère, 10-18, avril 2017, 660 p., 9.60 euros

 

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