Le silence de la mer de VERCORS
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Publié clandestinement en 1942, Le Silence de la mer de Vercors incarne un monde étouffé par la barbarie. Les nouvelles font le constat d’un monde déchu : l’homme est « la plus salope des créatures », capable de persécuter son prochain pour plus de terre ou de pouvoir, capable de placer un diable à la tête de son pays, capable de déporter, torturer, et tuer.
Malgré tout, Vercors refuse le désespoir absolu. Face à l’impuissance et à la soumission, dans un univers sclérosé, l’art et la pensée deviennent ainsi les derniers lieux où l’espoir est encore possible : « L’art seul m’empêche de désespérer. L’art donne tort à Renaud. Nous le voyons bien que l’homme est décidément une assez sale bête. Heureusement l’art, la pensée désintéressée le rachètent. »
Dans « Le désespoir est mort » « L’espoir, le désespoir, ne sont pas choses raisonnantes ni raisonnables. » Le découragement, le désespoir s’emparent de ces hommes dans un camp de prisonniers, il les enserre, les accable en les paralysant, dans un fatal désœuvrement. Puis un jour le narrateur et ses compagnons voient passer sur la route quatre petits canetons dont l’un qui n’en finit pas de « se casser la gueule » Ce spectacle dérisoire et cocasse les fait rire et lui fait dire soudainement « nous en sortirons » pour conclure « qu’il valait de vivre, puisqu’on pouvait espérer un jour extirper ce pire, faire refleurir ce meilleur. » L’espoir prend alors la place du désespoir : en riant, les prisonniers cessent d'être des victimes passives. Le rire leur redonne une supériorité intellectuelle sur leur situation.
Aujourd’hui, il est nécessaire de réveiller les consciences et de montrer que l'esprit humain reste libre, même sous la botte de l’oppression ou de la bêtise. Le désespoir est une forme de soumission, l'espoir est acte de résistance.
L’homme a le devoir de "faire refleurir le meilleur" alors rions, créons, écrivons !