Encore 25 étés de Stephan SCHAFER
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♥
Et voilà je suis encore tombée dans le piège d'un feel-good qui ne s'annonce pas comme tel mais a bien tous les défauts du feel-good que je n'apprécie guère. Je ne me suis pas méfiée, le roman est sorti chez Actes Sud, d'un auteur allemand,et il n'avait pas de titre à rallonge comme "le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie" "ainsi gèlent les bulles de savon" "Cupidon a des ailes en carton" ou que sais-je encore. Juste "Encore 25 étés" pour un pitch qui s'annonçait philosophique : La vie a t-elle un sens ? Travailler nuit-il à notre liberté ? Autrui est-il indispensable ? Qu'est ce qu'être humain...
Que nenni !
Tout commence par une baignade, et dans ma grande naïveté, je voyais déjà une allusion à Héraclite mais si c'est le cas, le raccourci aurait déjà dû m'alerter : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, le temps ne revient pas, lavons nous de nos mauvaises habitudes, allégeons nous, libérons nous profitons de chaque minute qui ne reviendra pas ! (le leitmotiv de ces romans)
Mouais... on partait mal.
La rencontre entre le féru de travail qui ne peut pas laisser son portable trois secondes, qui établit des to-do list interminables, et celui qui, plus prosaïquement, a décidé de cultiver des pommes de terre, s'avère bien caricaturale, ponctuée des phrases habituelles sensées nous faire dire "mais oui mais c'est bien sûr pourquoi est ce que je perds mon temps à travailler quand je pourrais finalement cultiver des patates en profitant de chaque minute qui, comme le dit si bien Héraclite, ne reviendra pas ! " !!
Petit florilège des phrases en question :
"La vraie décision, c'est d'être toi-même" p 67 (je note les pages si jamais vous vous dites "nous elle exagère" vous pourrez vérifier !)
"Donne à chaque jour la chance de devenir le plus beau jour de ta vie " (attribuée à Tom Sawyer, l'auteur a des lettres...) p 90
"Savourer les choses en pleine conscience, être plus soigneux de son temps, aimer plus attentivement, embrasser plus longuement." (on n'était pas loin du rythme ternaire, mais non, même le style est décevant...) p 127
"Il s'agissait de vivre maintenant. De ne plus perdre de temps." (le message doit être répété souvent pour que le lecteur naïf comprenne bien ...) p 132
On rencontre tout de même un texte de Borges (qui dit la même chose, en mieux) mais la traductrice a cru bon de préciser (sans doute aussi sonnée par tant de banalités) que le texte était attribué à Borges à tort !
Bref, je n'ai pas eu l'envie de tout plaquer pour aller trier des patates au bord d'un lac, et je referme le roman déçue, ce n'est pas encore aujourd'hui que je connaitrai le sens de la vie...
Présentation de l'éditeur : Actes sud