Les doigts coupés de Hannelore CAYRE
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Une paléontologue, Adrienne Célarier, découvre dans une grotte en Dordogne une sépulture vieille de 35 000 ans. Les parois sont couvertes de pochoirs de mains féminines mutilées, ce qui révèle peut-être la première scène de crime de l’histoire. La narration nous plonge ensuite dans l’histoire d'Oli, une jeune femme Homo sapiens révoltée face aux normes patriarcales de sa tribu. À une époque où la chasse est réservée aux hommes, Oli souhaite chasser également. Le chef la punit cruellement en lui coupant des doigts. Pourtant, elle persiste, cherchant la liberté, et finit par rencontrer une tribu de Néandertaliens où les femmes chassent aussi. Cette rencontre bouleverse ses convictions et vient questionner les origines des inégalités.
Ce que j'ai aimé :
A travers le personnage d’Oli, jeune femme sapiens rebelle qui refuse les rôles assignés, Cayre imagine la première voix féministe, celle qui ose revendiquer son autonomie face à l’ordre patriarcal. Le roman s’ancre dans les travaux de l’anthropologue Paola Tabet, dont l’hypothèse des doigts mutilés comme outil d’exclusion structurelle trouve ici une incarnation romanesque. L’autrice lui rend d’ailleurs hommage en postface. Malgré la dureté des thèmes, le récit ne sombre jamais dans le didactisme. La plume est caustique, vive, drôle – ce qui rend la lecture aussi savoureuse qu’intelligente. Sous la fiction, Cayre interroge la genèse des inégalités, du patriarcat, de la domination masculine et des constructions sexuées, en s’appuyant sur une solide base scientifique développée en fin d’ouvrage.
Bilan :
Un roman très original !
Présentation de l'éditeur : Points
Du même auteur : La daronne