Hommage à Jacques POULIN

Publié le par Hélène

Lire Jacques Poulin, c’est d’abord accepter de ralentir, de s’arrêter, pour écouter le murmure d’une voix qui ne criait jamais, mais qui savait toucher profondément. Sa douceur était une force, son humanité une évidence.

Il portait en lui ce rêve fragile et immense, celui d’un monde apaisé :
"En dépit de mes craintes infantiles, je nourrissais l'ambition naïve et démesurée de contribuer, par l'écriture, à l'évènement d'un monde nouveau, un monde où il n'y aurait plus aucune violence, aucune guerre entre les pays, aucune querelle entre les gens, aucune concurrence ou compétition dans le travail, un monde où l'agressivité, entendue non pas comme l'expression d'une hostilité à l'égard d'autrui, mais plutôt comme un goût de vivre, allait être au service de l'amour." 

Ce rêve, il l’a poursuivi avec la plume, mais aussi avec le regard. Car pour lui, l’essentiel se trouvait dans la délicatesse des détails :

"Et dans la vie, demanda-t-il avec un net accent de sympathie, qu'est-ce qui compte pour vous ?

- Des détails, dit Jack. Ce qui brille dans les yeux des enfants... Un chat qui se nettoie la moustache avec sa patte... Les jeux infinis de la lumière dans le feuillage des arbres... La plainte déchirante d'une Ferrari dans la ligne droite des stands à Monza..."

Cette simplicité-là n’était pas un effacement, mais une forme d’humanité profonde, une manière de rappeler que la grandeur du monde tient dans ces instants fragiles qui, mis bout à bout, tissent une vie pleine. Il prônait une attention amoureuse à la vie, à ses éclats minuscules, à la beauté qui se cache dans l’ordinaire.

Et lorsqu’il doutait, lorsqu’il se sentait emporté, il trouvait encore les mots pour dire sa condition humaine, simple et fragile :
"Je me sens parfois comme une feuille sur un torrent. Elle peut tournoyer, tourbillonner et se retourner, mais elle va toujours de l'avant." Daniel Boone

Aujourd’hui, je veux garder de lui cette feuille portée par le courant, ce sillage de douceur et d’humanité qui continue d’aller de l’avant à travers ses livres et à travers nous.

 

Ses romans en ces pages : La tournée d'automne ♥ ♥ ♥ ; Le vieux chagrin ♥ ♥ ♥ ♥ Volkswagen blues  ♥ ♥ ; Les grandes marées ♥ ♥ ; Les yeux bleus de Mistassini ♥ ♥ ♥ ; L'homme de la Saskatchewan ♥ ♥ 

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V
oh je ne savais pas ;( J''ai lu Volkswagen blues que j'avais bien aimé et Chat sauvage que j'avais moins apprécié.
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