Impossibles adieux de Han KANG

Publié le par Hélène

Gyeongha est une écrivaine hantée par ses propres livres. Un matin, elle reçoit un message d'Inseon, une amie perdue de vue : cette dernière est hospitalisée à Séoul après s'être accidentellement sectionné deux doigts. Elle supplie Gyeongha de se rendre immédiatement sur l'île de Jeju pour nourrir son oiseau, un perroquet blanc nommé Ama, qui mourra si personne n'intervient.

Gyeongha s'exécute, mais arrive sur l'île en pleine tempête de neige. Ce qui devait être une simple mission de secours se transforme en un voyage halluciné aux confins de la mort et de la mémoire.

Ce que je n'ai pas aimé : 

Lire Impossibles adieux, ce n'est pas seulement lire un roman sur un massacre historique (celui de l'île de Jeju en 1948), c'est aussi accepter de sombrer dans une hypnose sensorielle où le blanc de la neige finit par brûler les yeux. Ce qui frappe d'emblée, c'est cette froideur clinique qui se mêle à un onirisme macabre. Han Kang nous installe dans un malaise permanent : par exemple l'obsession pour les doigts sectionnés d'Inseon, que les infirmières doivent piquer toutes les quelques minutes pour vérifier que le sang circule, crée une tension physique presque insupportable. La douleur devient un métronome. 

À mesure que Gyeongha s'enfonce dans la tempête et l'obscurité de la maison d'Inseon, la frontière entre les vivants et les morts se dissout. On ne sait plus si la narratrice hallucine sous l'effet de l'hypothermie ou si les esprits des 30 000 massacrés ont investi les lieux.

L'image récurrente de ces arbres noirs plantés comme des corps dans une terre gelée, destinés à être engloutis par la mer, est d'une beauté terrifiante. C'est une forêt qui ne respire plus, un paysage qui "hurle" en silence.

Bilan : 

Han Kang signe ici un livre spectral. C’est une lecture qui "colle" à la peau comme de la neige humide. On en sort avec une sensation de malaise, il nous force à regarder les morts en face, là où le temps s'est arrêté. Son univers n'est vraiment pas pour moi...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

Du même auteur : La végétarienne

Publié dans Littérature Asie

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M
Je n'ai encore rien lu d'elle mais j'ai noté certains titres dont celui-là, à écarter alors vu ton avis...
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G
coucou toi<br /> trop bien pour ta critique <br /> il donne envie de lire ce roman :OP<br /> bon mercredi
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R
j'ai comme.ncé/lu deux de ses livres, dont la végétarienne, mais l'aspect morbide m'a à tel point marqué que je n'ai pas voulu les chroniquer.
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A
Une lecture qui m'avait déplu car j'ai trouvé le récit des atrocités de Jeju trop plaqué : les faits arrivent sans crier gare.
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