L'adieu au visage de David DENEUFGERMAIN
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Ce texte est un roman-témoignage puissant qui plonge le lecteur au cœur de la première vague de la pandémie de COVID-19, en mars 2020, pendant le confinement en France. L'auteur a utilisé son propre carnet de bord tenu entre mars et mai 2020 pour nourrir son récit, ce qui lui confère une authenticité et une intensité notables. Durant cette période, il est à la fois psychiatre exerçant en hôpital et responsable d'une équipe mobile qui maraude pour s'occuper des personnes marginalisées et des sans-abri dans la ville confinée. Le texte suit le quotidien intense et déchirant de ce psychiatre qui partage son temps entre deux réalités extrêmes.
Ce que j'ai aimé :
Ainsi l’auteur interroge sur la question de savoir ce qu'est le soin, ce que signifie prendre soin de l'autre, qu'il soit vivant ou mort : "L'adieu au visage" est l'écriture d'un tremblement dont l'angoisse aura été de prendre soin jusqu'au bout des humains dont il parle. En les masquant. En les protégeant." (note de l'auteur)
Il est avant tout l'écriture d'une résistance fragile et d'une lutte pour maintenir l'humanité et la dignité au milieu d'une urgence sanitaire déshumanisante. Il met en avant le conflit entre l'obéissance aux protocoles sanitaires et le refus de l'horreur qu'ils engendrent.
Ce que j'ai moins aimé :
Dés les premières pages le ton est donné, le narrateur doit laver le corps d'une dame décédée et accueillir la famille venue lui rendre sa dernière visite. Cela donne le ton, très réaliste et sombre de ce texte. L'auteur peint l'horreur des malades mourant seuls, privés de la présence de leurs proches et de tout rituel d'adieu. Le titre même fait référence à l'impossibilité, pour les familles, de voir le visage de leurs défunts une dernière fois à cause des protocoles sanitaires. Parallèlement, il continue ses maraudes pour retrouver et protéger les sans-abri dans une ville devenue silencieuse et vide. Il met en lumière la détresse de cette population déjà vulnérable, devenue encore plus invisible et en danger durant le confinement. Il faut toutefois se sentir prêt pour replonger dans les heures sombres du covid...
Bilan :
Un plaidoyer éprouvant en faveur de la mémoire et du soin à l'autre...
Présentation de l'éditeur : Editions Marchialy
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Sélection de novembre
Catégorie Non fiction