Terreur apache de William Riley BURNETT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

1886 Arizona. Le chef apache Toriano s'enfuit de la Réserve et sème la terreur dans la région. Walter Grein, éclaireur renommé est dépêché par l'armée pour le capturer. Il s'entoure des meilleurs pisteurs qu'il connaît pour partir sur les traces du sanguinaire apache, peuple connu pour être impitoyable :

" Savez-vous ce que veut dire "Apache" ? C'est un mot zuni qui signifie "ennemi". (...) Ennemis de la race humaine et de tout ce qui est humain." p. 188

Mais ces indiens ne sont pas les seuls à donner du fil à retordre à Grein, il se heurte également aux politiques de la région qui tirent les ficelles dans l'ombre sans réellement connaître les réalités du terrain. Face à eux, Grein est un personnage dense, un homme éternellement insatisfait qui court après le danger en autodidacte et hante les grands espaces sauvages. Pour le peindre, l'auteur s'est inspiré du célèbre chef des éclaireurs durant les guerres indiennes Al Sieber, tout comme il a puisé pour Toriano dans le personnage du grand chef de guerre apache Victorio. Ses portraits tout en subtilité refusent les amalgames et ne condamnent pas tous les indiens, juste les Apaches : 

"Autrefois les Pueblos possédaient une forme de civilisation. Ils vivaient en paix avec le monde. Mais ensuite les Navajos et les Apaches - qui étaient alors frères de sang- sont venus tout gâcher. Ils s'en sont pris aux Pueblos et ont anéanti leurs foyers." p. 50

Les espaces sauvages traversés par Grein et ses acolytes sont peu à peu conquis par la civilisation mais malgré tout la nature reste millénaire, laissant sa trace indélébile là où la civilisation s'efface. 

"Devant eux, à l'est, le désert étiré à l'infini s'abaissait lentement, kilomètre après kilomère, jusqu'à un bassin sableux nommé le Piège de la Mort. Il n'y avait pas un souffle d'air, tout n'était que chaleur, silence et lumière cuivrée." p. 238

Les descriptions du désert vibrent avec force de cette atmosphère de danger étouffante, de la fatigue ressentie par ces hommes qui ne peuvent plus rebrousser chemin, condamnés à avancer vers leur destin. "Un sentiment d'inéluctabilité, de fatalité s'impose au fur et à mesure qu'on approfondit, qu'on rentre à l'intérieur de ces personnages, avec les forces qui les motivent" analyse John Huston, grand admirateur de Burnett et de son Terreur apache. Les dialogues sonnent justes, résonnant dans les immensités américaines de ce grand western.  

"Idéalisme et réalité brute sont au coeur des romans de Burnett, ce mélange de grâce épurée et de précision impitoyable, cette vision nette, décapante, qui nous fait regarder le monde autrement." Bertand Tavernier dans sa postface.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud 

Présentation de la collection "L'ouest le vrai" : Actes sud 

Vous aimerez aussi : Dans la même collection : La captive aux yeux clairs de GUTHRIE

Adaptations

 

 

Terreur apache, W.R. Burnett, roman traduit de l'anglais (EU) par Fabienne Duvigneau, postface de Bertrand Tavernier, Actes Sud Babel, juin 2015, 8.7 euros

 

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Electra 22/09/2015 14:20

Je l'ai acheté il y a un bout de temps et j'ai envie de le lire ! j'ai lu en diagonale ta chronique pour ne pas en savoir trop ! comment ai-je pu louper ce billet d'ailleurs ?

Theoma 18/09/2015 16:28

Dernier western lu : Lonesome dove. Tu me fais envie, je note !

Hélène 19/09/2015 12:22

"Lonesome dove" est un de westerns préférés, je te conseille aussi 'la captive aux yeux clairs"

Tasha 12/09/2015 22:50

Tu me donnes très envie de lire ce roman, je suis très sensible à ce que tu dis sur l'atmosphère et les dialogues. Et j'aime le Burnett du roman noir, donc je devrais aimer celui-ci aussi!

Hélène 14/09/2015 08:40

C'est mon premier roman de cet auteur, je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin !

Ingannmic 12/09/2015 14:19

J'ai failli me laisser tenter lorsque je l'ai vu dans les nouveautés poche de la librairie du coin...
J'ai lu King Cole de cet auteur, qui m'avait beaucoup plu (où il est également question d'enjeux et de magouilles politiques). Ton avis achève de me convaincre..

Hélène 12/09/2015 20:32

Je pense continuer à lire d'autres titres de l'auteur !

FondantGrignote 12/09/2015 12:30

Rien que pour l'évasion et pour la force de certains passages, je m'empresse de noter les références !

Hélène 12/09/2015 20:32

Il faut le noter !

Alex-Mot-à-Mots 11/09/2015 16:03

Un vrai bol d'air que cette lecture, à lire ton billet.

Hélène 12/09/2015 20:32

Dépaysement garanti !

Titine 11/09/2015 15:48

Bertrand Tavernier est un grand amateur de la culture américaine et ton avis confirme son avis. Je ne peux que noter !

Hélène 12/09/2015 20:31

Oh oui, il faut le noter !

Marie-Claude 11/09/2015 13:25

Très intriguant ce titre, et tu le vends trop bien. J'aime de plus en plus les westerns, que j'apprivoise du côté littéraire. J'ajoute celui-ci à ma liste. La captive aux yeux clairs est déjà dans ma pal.

Hélène 12/09/2015 20:31

J'ai préféré "la captive aux yeux clairs" mais je suis comme toi j'aime les westerns et je compte bien lire tous les titres de la collection !

Dominique 11/09/2015 09:41

une jolie série actuelle chez Actes sud, j'ai malgré tout un peu de peine à lire les westerns

Hélène 12/09/2015 20:31

je suis fan pour ma part !

keisha 11/09/2015 08:42

Rha la la, je sens le truc grandiose comme j'aime... Les photos des affiches sont d'un kitsch absolu!

Hélène 12/09/2015 20:30

Il va te plaire, enfin je dis ça je dis rien ;-)