Comment tu parles de ton père de Joann SFAR

Publié le par Hélène

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Dans ces quelques pages, Joann Sfar, auteur du magnifique Chat du rabbin, évoque les derniers jours et la mort de son père. Entre humour et émotion, il offre un témoignage touchant de l'amour d'un père pour son fils mais également un portrait en creux de lui-même en tant que fils. 

"J'ai constaté que l'on m'aimait lorsque je racontais des histoires. Et aussi quand je dessine. Tu fais une princesse, on te dit "oh, la jolie princesse". Alors tu passes ta vie à refaire des princesses pour avoir des compliments. Si à quarante-trois ans quelqu'un te passe derrière le dos et te dit "tu es encore à dessiner tes princesses" et si tu réponds "oui, sinon on m'aime plus", tu es moi." p. 72

Il évoque ainsi sa mère, ses conquêtes, son mariage, son divorce, mais aussi sa religion, la lutte incessante entre l'Israël et la Palestine...

"Voilà, mes frères, aimer la paix, c'est se mettre dans une colère folle. Plus je songe à la paix, plus je souhaite vous casser la gueule à tous. Mon papa faisait ainsi, il souhaitait la paix dans le monde et il se bagarrait tout le temps. Je crois que c'est inévitable, dès qu'on a un tout petit peu d'ambition pour l'espèce humaine, de se mettre dans une colère folle." p. 108

Ce que j'ai moins aimé : un récit qui n'est guère marquant, il s'évapore dès les dernières pages refermées. Des répétitions jalonnent le récit, dénotant un problème de construction comme si les souvenirs avaient été jetées pêle mêle sur le papier. L'auteur dit qu'il "triturait" ce texte depuis deux ans (date à laquelle il a perdu son père), le terme choisi est à l'image du livre : il garde un aspect bancal, inachevé, qui ne lui permet pas d'échapper à une certaine forme de banalité. 

Bilan : L'humour de l'auteur seul sauve ce court roman autobiographique.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

Vous aimerez aussi : Le livre de ma mère de Albert Cohen, un modèle du genre ! 

D'autres avis : Babélio ; Caroline en parle aussi ce matin (et son illustration vaut le coup d'oeil, elle a l'art de le vendre..)

 

Merci à l'éditeur; 

 

Comment tu parles de ton père, Joann Sfar, Albin michel, août 2016, 150 p., 15 euros

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Commenter cet article

clara 20/09/2016 11:09

le thème ne me dit rien (comme je ne regarde pas LGL ou très exceptionnellement, un passage télé ne fera pas la différence:))

Hélène 21/09/2016 08:36

Tu ne manques pas grand chose !

Moka 19/09/2016 21:42

Autant j'ai détesté sa dernière BD autant je suis curieuse de découvrir ce qu'il vaut côté roman.

Hélène 21/09/2016 08:36

J'avoue ne pas être fan de ses dessins, mais j'étais aussi curieuse de découvrir l'homme.

gambadou 18/09/2016 17:41

Il m'a donné envie à la grande librairie, mais les avis sont assez mitigés ...

Hélène 19/09/2016 08:08

Eh oui. ;-)

Athalie 18/09/2016 09:56

Malgré tes deux petits coeurs, si il me passe entre les mains, je le lirai par curiosité, parce que j'adore l'humour du chat du rabbin !

Hélène 19/09/2016 08:07

L'humour est là.

Kathel 17/09/2016 08:46

Dommage pour toi... J'espère que tu as plus passionnant pour la suite !

Hélène 19/09/2016 08:07

Bof... Maintenant je reviens vers du classique (Dumas) ou des valeurs sûres (Erri de Luca)

manou 17/09/2016 07:04

Je pense que je le lirai malgré tes deux étoiles...les avis divergent beaucoup pour ce roman et j'aime me faire ma propre opinion. Le titre est attirant et les citations que tu as choisi aussi. Bon weekend

Hélène 19/09/2016 08:06

Mes deux étoiles tendent à prouver que je ne l'ai pas totalemtn condamné ;-) Je lirai ton avis !

Bernieshoot 16/09/2016 16:46

Je ne crois pas que les souvenirs ont été jetés pêle-mêle, au contraire c'est pour arriver à ce roman court, 140 ou 160 pages suivant l'édition, un travail de synthèse qui a été fait pour ne dégager que ce qui doit rester.

Hélène 19/09/2016 08:04

Pour moi l'impression décousue perdure à cause de certaines anecdotes racontées deux fois notamment.

Alex-Mot-à-Mots 16/09/2016 13:17

Je vais commencer par lire ses BD alors.

Hélène 19/09/2016 08:04

Oh oui, ce sont des classiques désormais !

zazy 16/09/2016 10:42

Je ne suis pas si sévère que toi car l'enchevêtrement des souvenirs permet ces sauts, ces répétitions et il y a quelque chose de plus important que le père : ses réflexions

Hélène 19/09/2016 08:04

Oui sans doute, mais je n'y ai pas été sensible :-(

Luocine 16/09/2016 10:15

l'humour sauve beaucoup de mes lectures.

L'Irrégulière 16/09/2016 10:07

Lionel Duroy n'aime pas du tout le livre de ma Mère ^^

Hélène 19/09/2016 08:03

Il paraît ! Personnellement je l'ai lu et relu et je pleure à chaque fois ...

Electra 16/09/2016 09:34

pile poil après l'émission de Busnel ;-) ce livre ne m'attire absolument pas -

Hélène 19/09/2016 08:02

Comme je ne regarde pas la télé, c'est un pur hasard !

luocine 16/09/2016 09:19

L'humour sauve beaucoup de livres .

Hélène 19/09/2016 08:02

Oui il est indéniable que cet écrivain est pétillant !

Mior 16/09/2016 09:10

Lu mais pas chroniqué, une grosse déception pour moi aussi

Hélène 19/09/2016 08:00

Il manque de consistance