L'homme que je ne devais pas aimer de Agathe RUGA

Publié le par Hélène

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"Il y a les mères qui bouffent, boivent, prennent des médicaments.

Il y a les mères qui travaillent trop.

Celles qui pleurent le matin au réveil en se demandant pourquoi.

Il y a les mères qui cuisinent, cousent, rejoignent des associations, vont à la messe.

Celles qui courent frénétiquement dès l'aube.

Il y a celles qui postent six mille photos de leurs gamins.

Il y a celles qui ne font rien de tout ça et qui tombent malades.

Et puis il y a les mères qui trompent leur mari.

Les mères qui font ce qu'elles peuvent.

Les pères aussi."

Ariane est une femme comblée, mère de trois adorables filles, aimée d'un mari beau et spirituel, femme accomplie intellectuellement, son parcours est doré. Mais ce sera sans compter sur ce grain de sable, cette phrase ou ce regard qui appelle tout à coup autre chose, et qui, consciemment ou non mène à tout remettre en question et à tout balancer par dessus bord. Pour Ariane, il s'agit de Sandro, un barman qu'elle croise un beau jour, un homme qui n'est pas fait pour elle -lui-même le dit- mais qui deviendra une obsession dont la jeune femme ne saura se défaire.

Avec une sincérité touchante, en totale transparence, Ariane, double de l'auteur, livre cette période tourmentée de sa vie. Elle s'interroge sur les modèles masculins qui ont jalonné sa vie et l'ont peut-être poussé inconsciemment à aimer cet homme interdit. Cette plongée dans les arcanes de la passion lui permet aussi d'observer la femme trop souvent cachée derrière la mère de famille débordée par un quotidien aliénant. Cette passion n'est-elle pas aussi la façon de retrouver la femme, l'adolescente tapie derrière la vie de famille trop sage et pourtant longtemps rêvée ? Une façon de retrouver sa jeunesse et de faire un pied de nez au temps qui passe et ternit l'élan initial ?

Ses paradoxes sont nombreux, mais le choix assumé de retirer tous les fards qui auraient pu maquiller cette passion et la justifier permet de les présenter dans toute leur logique déconstruite, dans leur pureté scintillante.

Quand l'expérience personnelle touche à l'universel et est relatée avec tant de pureté et d'honnêteté, de pages en pages, de mots en mots, peu à peu, cette expérience devient artistique et trouve seule sa justification.

Présentation de l'éditeur : Flammarion

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A
Quel beau billet. Le sujet ne me tentait pas, pourtant.
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S
Le thème me donne très envie de découvrir ce livre !
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M
A priori, en lisant le titre je n'aurais pas été tentée mais vu ce que tu nous dis, je change d'avis et je le note. En plus je ne la connais que de nom...
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C
Quelle belle critique ! Qui n'aurait pas envie de lire ce livre après ça ?
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