Ceci n’est pas l’Afrique, récit d’une française au Gabon de Anne-Cécile MAKOSSO-AKENDENGUE

Publié le par Hélène

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 L’auteure :

 

Anne-Cécile Makosso-Akendengué, née Frébeau, après une vingtaine d'années passées au Gabon, vit actuellement à Angers. Elle y est disquaire. Elle a déjà publié en 2007 un roman, Mathilde et son pianiste, aux éditions les 2 encres.

 

L’histoire :

 

 L'auteur nous parle ici de ses vingt ans passés au Gabon. Sans nostalgie et parfois avec humour, elle s'exprime sur ce qui l'entoure, s'attardant sur des vues du pays, des situations souvent surprenantes, la vie de tous les jours, loin de certains clichés habituels. (Source éditeur)

 

Mon avis :

 

 Ce qui m’a profondément choqué dans ce témoignage d’une femme qui a  passé vingt ans en Afrique est qu’elle ne parle pas du tout des africains. Ils sont scandaleusement absents de ces pages, comme si Madame Makosso avait vécu là-bas dans une bulle à part, sans s’intégrer, sans se mélanger, à observer seulement de loin ce pays dont elle prétend ensuite donner une image plus juste que les médias français. Il faut le savoir : nous avons ici un récit écrit par une blanche, le point de vue d’une blanche qui se complaît à écouter de la musique classique dans sa voiture.

Finalement les moments où elle semble le plus  en harmonie avec le pays est quand elle s’évade loin de Libreville au cap Estérias, comme pour fuir cette ville qu’elle rêve de nettoyer de fond en comble de ses détritus. Ses propos sur la ville sont inintéressants : ils concernent les taxis, les grands hôtels, une excursion à Lambaréné

, Mbolo, le nom des quartiers de Libreville, les atangas… Autant de futilités qui ne donnent qu’une image superficielle de ce pays, de cette ville foisnnante et de ses habitants…

« Comment s’habiller ce matin ? Pleuvra-t-il encore ? Le ciel, surchargé, le laisse soupçonner. Dand le doute, comme sous  toutes les latitudes, j’embarque mon parapluie dans la voiture. Et m’habille finalement comme tous les jours, légère et sobre à la fois. » (p. 113)

De plus le style frise le scolaire, les phrases restant très basiques. Clou du récit, un chapitre entier « J’aime j’aime pas » digne des meilleures rédactions de collégiennes… En voici un florilège : « Je n’aime pas le dimanche soir, à cause du lundi matin. » « Je n’aime pas les mondanités. » « Je n’aime pas la banane verte, je l’aime mûre, tendre et sucrée. » « Je n’aime pas l’heure fatale où le moustique débarque, fatalement repoussant, jamais inoffensif. » « J’aime dire que j’ai vécu au Gabon. »

J’aurais envie de dire à cette charmante dame « Ceci non plus n’est pas l’Afrique. » Ce n'est qu'une vision fade et égocentrique de son séjour...

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Premières phrases :

 « Nous venions de faire connaissance. J’allais chez L. à la Cité Universitaire. Chez lui, c’est beaucoup dire : petite chambre impersonnelle dans laquelle il ne ferait que passer, entre son arrivée à Toulouse et son installation, avec moi, dans mon studio. »

 

Vous aimerez aussi :

Sur le Gabon : La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI  

 

D'autres avis :

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/05/01/17753856.html

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2012/05/06/24195266.html

http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/11/03/19510378.html

 

Ceci n’est pas l’Afrique,  Récit d’une française au Gabon, Anne-Cécile Makosso-Akendengue, l’Harmattan, 2010, 137 p., 13.50 euros

Publié dans Récits de voyage

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Géraldine 10/06/2013 17:29


Bon et bien je passe et puis j'oublie !!!

Hélène 11/06/2013 09:38



Il vaut mieux ...



L.M 17/05/2013 11:38


Pas de souci, bonne journée, je vais mettre lecturissime en lien...de belles découvertes!


http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/05/01/17753856.html


 


http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2012/05/06/24195266.html


 


http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2010/11/03/19510378.html


 


http://lucmelmont.canalblog.com/archives/2011/05/08/21086972.html

Hélène 18/05/2013 19:00



Je rajoute tes liens, bon we !



Melmont 16/05/2013 14:59


Mazette ! Etonnant le nombre de réactions! En même temps l'Afrique (ah quel mot qui recouvre tellement de réalités différentes) est tellement vaste, variée, et surtout vécue dans son intimité de
façon différentes par ceux et celles qui y vivent, qu'il est difficile d'avoir un ouvrage qui mettrait tout le monde d'accord.


Je ne connais pas le Gabon, plutôt le Cameroun, et mal. Toutefois, il y a quelques similitudes, des choses que l'on retrouve. J'ai moi-même chroniqué ce livre peu de temps après sa sortie, et
avant que Jeune Afrique, Afrique Magazine etc n'en parlent, car j'étais intrigué. On est loin des leçons moralisatrices de certains écrivains occidentaux qui ont des grandes idées sur l'Afrique.


 


On est loin aussi dun cliché j'aime l'afrique donc je mets un pagne, je vis avec un mari polygame et je vais chercher l'eau au puits. C'est une Afrique urbaine, assez chaotique où des fois on
s'ennuie, où le temps passe, mais les saisons ne changent pas. Douala, Abidjan, Libreville, ce sont des villes semblables les unes des autres. Je n'ai pas du tout trouvé les Africains absent de
l'ouvrage. Loin de là. D'ailleurs le début du récit est clair puisque l'auteure rencontre sa connaissance avec l'étudiant gabonais qui allait devenir son mari, et lui faire découvrir Pierre
Akendengué.


Je veux dire, on met les pieds dans le plat. Il faut voir ce récit, je pense comme une sorte de succession d'estampes...d'instantanés, de souvenirs, il y a de la poésie. Je pense que le style
peut éventuellement rebuter. Après un roman qui mettrait tout le monde d'accord, ça n'existe pas à ma connaissance. Ou alors ce serait inquiétant. Finalement le mini débat que ce livre suscite
est...intéressant et salutaire. Il vaut toujours mieux que l'indifférence ou les béni oui oui. C'est un point de vue sur le Gabon, pas plus illégitime qu'un autre, au demeurant. Le j'aime, j'aime
pas, dans le dernier chapitre est à la fois une synthèse et d'une certaine tendresse pour un pays qui devient, avec le temps qui passe, un lointain souvenir, par je dirais une gabonaise
d'adoption de classe moyenne (et oui les classes moyennes existent en Afrique, c'est bien aussi d'en parler) et non une expatriée. 


 


L.Melmont

Hélène 17/05/2013 09:08



Effectivement, le texte qui ferait l'unanimité n'a pas encore été écrit... merci pour ton comm, je vais voir ton avis...



ariane dust 15/05/2013 18:29


Mais je crois que vous n'avez absolument pas su lire entre les lignes!!!!


De plus, auriez-vous apprécié que l'auteur se permette de dire "les gabonais sont ceci, celà", etc??? Nous aurions certainement eu droit à divers commentaires "moi je connais le Gabon, c'est pas
ça", bla bla bla.


Le but du livre n'est absolument pas de vous montrer ce qu'est le Gabon (dont il est question dans le livre, ça a dû vous échapper), ni de le dépeindre avec exactitude, ou d'en faire une étude
sociologique! 


La réponse à toutes vos critiques est dans le titre, teintée de douce ironie "ceci n'est pas l'Afrique", et c'est le récit d'un vécu (et non pas d'un simple "séjour" anecdotique, l'auteur a vécu
une vingtaine d'années dans ce pays et est toujours mariée; elle n'est pas non plus considérée comme "expat'", bref.), personnel.


Vous êtes certainement trop exigeante pour écrire votre propre livre, mais alors pour critiquer les autres, là vous vous sentez toutes les compétences requises!

Hélène 16/05/2013 08:42



J'exprime mon ressenti, mon avis, vous avez tout à fait le droit de ne pas ressentir la même chose, je ne prétends pas détenir la Vérité...



luocine 13/05/2013 12:55


étonnant , moi je ne connais pas l'Afrique mais le débat autour du livre me plait bien, sans me donner envie de lre le livre, mais je le pense quand même assez intéressant ne serait-ce que par
les commentaires que ton billet prrovoque !


Luocine

Hélène 13/05/2013 20:47



Je trouve aussi ...



Africain75 12/05/2013 16:57


Cette dame a épousé un gabonais, a écrit un livre atypique sur un pays assez méconnu d'Afrique. Dire qu'elle méprise, c'est un peu...exagéré...pour ne parler que par euphémisme...elle raconte
quand même son boulot en tant que prof dans un lycée public, ses rapports avec les élèves, l'attitude de la bourgeoisie gabonaise...c'est un récit de vie personnel...on peut reprocher pas mal de
choses à ce livre, mais on peut se demander si vous l'avez lu, compris ? Le Gabon où elle vécu est réel et représente le quotidien de milliers de gabonais. Dire qu'elle a vécu dans sa bulle,
c'est bizarre...j'ai des origines gabonaises et congolaises, je connais bien Libreville, moins bien que Port-Gentil et je suis content que ce livre existe, très franchement. Acceptez qu'on ne
partage pas votre avis sur un même ouvrage. Pour le reste, oui, après tout est affaire sans doute de sensibilité...

Hélène 12/05/2013 19:26



Son récit représente le récit du quotidien d'expatriés mariés ou non à des locaux, mais ne représente pas le quotidien des gabonais à mes yeux. IL s'agit effectivement de mon ressenti, je suis
aussi attachée à ce pays et à cette ville, et effectivement ce livre a le mérite de parler de ce pays peu connu. J'ai rencontré là-bas des gens formidables, profondément humains, et j'aurais
juste aimé que l'auteure parle plus d'eux... Mais j'accepte tout à fait et respecte votre point de vue, ce blog et ses commentaires sont aussi là pour partager les différences...



Yv 12/05/2013 16:10


Je n'ai pas lu ce bouquin et m'en abstiendrai, comment pareler d'un pays sans parler de ses habitants, ça me fait l'effete des gens qui "visitent" un pays en restant dans leur complexe 4 ou 5
étoiles luxe, sans rencontrer les autochtones. Même en France, lorsque je visite une région, je vais chez l'habitant, je les rencontre : on apprend tellement plus ! Je ne suis pas beaucoup allé à
l'étranger, jamais en Afrique, en ai envie, mais jusyement, je ne veux pas partir dans de mauvaises conditions, il me faut des adresses et des noms avant de m'engager

Hélène 12/05/2013 19:27



Effectivement, j'ai eu aussi cette impression, et pourtant l'auteure a passé 20 ans là-bas, c'est étrange. C'est peut-être un parti pris de l'écriture...



Africain75 12/05/2013 13:02


Etrange vision du bouquin. Pour une fois qu'un récit nous montre une afrique qui n'est pas misérabiliste...j'ai beaucoup aimé ce roman. De plus, vous semblez ignorer que l'auteure est mariée à un
Gabonais et maman de deux enfants.  Enfin, les goûts et les couleurs...

Hélène 12/05/2013 13:55



Je sais qu'elle est mariée à un gabonais, alors pourquoi n'en a-t-elle pas parlé ? Son récit n'est pas misérabiliste car il nie l'Afrique à mes yeux, il n'en parle que très peu, que de façon
anecdotique, pour moi ce n'est pas un récit sur l'Afrique ... Je l'ai trouvé presque méprisant envers les africains dont elle ne parle pas.



Anis 12/05/2013 10:26


En tout cas, les j'aime/ j'aime pas, on les a aussi à l'école primaire !

Hélène 12/05/2013 13:49



Effectivement...



Jean-Charles 12/05/2013 09:26


Pas très emballant comme lecture.


J'avais bien aimé le livre de Janis Otsiemi mais j'ai surtout aimé un autre : Histoire d'Awu de Justine Mintsa qui nous plonge dans le Gabon profond. 

Hélène 12/05/2013 13:49



Je suis tout à fait d'accord, j'ai aussi lu "histoire d'awu" avec grand intérêt...



mishelle 12/05/2013 08:53


cela ne donne vraiment pas envie de lire ce livre, même pas pour comparer votre opinion et la mienne?par contre vous-même, avez-vous écrit un livre?sinon en avez-vous l'intention?....

Hélène 12/05/2013 13:50



Non je n'ai jamais écrit, et je suis bien trop exigeante pour le tenter...



keisha 12/05/2013 07:21


Remarque, le titre, Ceci n'est pas l'Afrique, prévenait déjà le lecteur...


Pour avoir passé moi aussi des années en Afrique, il me semble que je fréquentais un peu plus les gens du coin (et pas vraiment les rares blancs, d'ailleurs). Un jour j'écrirai mon histoire? Non!
Car moi aussi j'écoute de la musique classique (mais j'ai des disques plus africains, aussi)


Cependnat cette dame a épousé un congolais, non, vu son nom? Etonnnat qu'elel ne parle pas au moins de sa belle famille.

Hélène 12/05/2013 13:50



Elle est restée dans sa bulle...