Cher Gabriel de Halfdan W. FREIHOW

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

L’auteur :

 Halfdan W. Freihow est norvégien. Il est né en 1959 à Mexico et a partagé ses années de jeunesse entre la Norvège, l’Espagne et la Belgique. Il a d’abord travaillé comme reporter, traducteur et critique littéraire avant de co-fonder la maison d’édition norvégienne Font Forlag. De l’exploration de sa vie intime et familiale est né son premier récit, Cher Gabriel, nominé pour le prestigieux prix Brage (2004).

 

L’histoire :

« Est-ce que tu apprendras un jour à jouer avec les mots, Gabriel ? Le paysage plaisante sans cesse avec nous. Les nuages sont des visages ou des animaux effrayants, mais ils n’arrêtent pas pour autant d’être des nuages ? Ça ne fait rien si de temps en temps tu as envie de boire un cheval ou un pantalon d’eau — le verre ne reste pas moins un verre. »

Cher Gabriel est une lettre intime et émouvante d’un père à son fils. Gabriel est autiste. Il vit avec sa famille dans une maison située sur la côte norvégienne, en pleine nature sauvage et balayée par les vents. H. W. Freihow met en lumière une relation complexe, un amour inconditionnel. Tel un château de sable qui tantôt prend des allures de palais étincelant, tantôt se laisse engloutir à la première houle, et qui sans cesse demande à être reconstruit. (Quatrième de couverture)

 

 

Ce que j’ai aimé :

L'auteur nous offre un témoignage émouvant qui ne cache rien et qui montre les différents stades par lesquels peuvent passer des parents aux prises avec un enfant autiste : la volonté de se battre,  d’aimer leur enfant, de l’aider de le préserver du monde tout en le rendant autonome, mais aussi la souffrance, les difficultés du couple face à tant d'instabilité... En décrivant son quotidien autour de scènes clés, il nous apporte un regard neuf et franc sur cette maladie mal connue et nous permet de mieux appréhender le monde des enfants autistes au fonctionnement si particulier et à l'univers si fragile.

 "Paralysé par cet immense besoin de sécurité, le besoin de savoir que tout se tient, que chaque chose a sa place dans la chaîne ininterrompue des causes et des effets, que tout est comme d'habitude, il te faut un pont, une main pour te guider hors du labyrinthe." (p. 12)

 L'ensemble est porté par un style poétique et doux qui évite le pathos pour effleurer avec tendresse son sujet et tenter de comprendre le mode de pensée d'un enfant autiste. Au-delà de la maladie seule de l'autisme, l'auteur nous ouvre plus largement vers un apprentissage de l’altérité.

 

   Ce que j’ai moins aimé :

 La description de l'univers de cet enfant et de ce qu"il doit affronter est comme édulcorée, peut-être parce qu'il est ultra protégé par ses parents. Il me semble que tout enfant différent doit aussi affronter des difficultés autrement supérieures à celles décrites ici. Le témoignage de cet homme est tendre, mais il reste un peu trop linéaire à mon goût.

 

 Premières phrases :

 « Sur le faîte du hangar à bateaux, une mouette médite.

Son plumage gris et blanc se détache sur la mousse vert-de-gris ponctuée de taches de vieillesse marron. Ca fait bien cinquante ans que cette touffe de mousse s’agrippe là, à l’abri du vent du nord, juste pour donner couleur et texture au toit de fibrociment. C’est beau, et quelque part dans l’univers, cela doit avoir un sens. »

 

 Vous aimerez aussi :

Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

 

 D’autres avis :

 Théoma ; Nadael  Clara 

 

Dagbladet « Ce livre compte parmi les plus beaux livres jamais écrits en norvégien. »

 

Le Monde « Chronique d'un père, Cher Gabriel est aussi celle de la naissance d'un écrivain. Ni un roman, ni un essai, certes. Mais un très beau texte, assurément. »

 

Paris Match « Un récit bouleversant. […] La quête de ce père touche au cœur dans cet ouvrage qui ne fait étalage de rien, mais raconte, entre souvenirs et avenir, ce que Gabriel connaît de la vie, c'est-à-dire ni le calcul ni la stratégie. […] Gabriel n'est pas seulement ce jumeau du paysage, il est une voix, une musique, une langue. »

Site Actualitte « Voici une lecture à partager de toute urgence, presque vitale même tant elle tend vers la voie de la sagesse, l’acceptation de l’autre (et de soi, finalement) dans sa différence la plus complexe, malgré toutes les difficultés quotidiennes, la douleur immense, souvent présente, les doutes permanents et le chagrin, parfois même le désespoir. […] C’est le cheminement d’un être tout entier, livré ici, par ces mots, qui se fortifie à mesure que son fils grandit. Une remise en question perpétuelle, admirable, qui donne du sens à l’existence. Un livre d’amour intense où l’émotion et la réflexion philosophique s’assistent et s’enrichissent réciproquement. »

Paperblog « Un acte d'amour sans miel et sans sucre, de foi en la vie mais aussi une ode à la vibration du paysage norvégien, à cette nature, pourtant impitoyable, qui le porte, le soutient, l'élève. […] Un sublime témoignage de père, d'homme. »

Var matin « Dans cette lettre, il y a de l'amour à toutes les pages. »

L'est-éclair « Un récit poétique au ton juste et sincère, qui met délicatement en lumière les problèmes de l'autisme et ses conséquences dans la vie quotidienne. »

La Libre Belgique « Halfdan W. Freihow déploie toute sa sagesse pour poser d’universelles questions. […] À ce fils pour qui les mots ont un sens unique s’enracinant hors de tout contexte, il offre un texte pétri de grâce et de poésie, de générosité et d’émotion, de vérité et d’absolu, de fragilité et de victoires, d’humilité et d’amour. »

Écho magazine « Cette belle lettre se lit comme un passionnant dialogue entre deux êtres qui s’efforcent, entre patience et colère, rire et désespoir, de se comprendre. »

 

Cher Gabriel, Halfdan W. Freihow, traduit du norvégien par Ellen Huse Foucher, Gaïa, mars 2012, 16 euros

 grand prix lectrices de elle 

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Commenter cet article

Lystig 11/11/2012 10:53


je ne connais pas cet auteur, je m'empresse de noter le titre !

Hélène 11/11/2012 16:10



Un très beau témoignage sur l'autisme



clara 31/10/2012 15:27


Ils semblent vivre dans un endrpoit assez peu peuplé ( par rapport à une grande agglomération). Je crois que même en France, la solidarité est plus active, spontanée ou naturelle  dans les
villages qu'en ville...

Hélène 31/10/2012 18:34



Effectivement, encore que dans mon immeuble la solidarité marche bien, à tous les étages.. 



Theoma 31/10/2012 08:52


ce que j'ai aimé aussi, c'est le fait que le livre a une réelle justification littéraire. On est au-delà du simple témoignage. L'écriture est sensible, fine et juste.

Hélène 31/10/2012 10:31



Il est vrai que l'écriture est sensible, à l'image des paysages dans lesquels ils évoluent...



luocine 29/10/2012 16:22


le sujet est poignant comme toujours et l'écriture semble belle , je lirai certainement ce livre à loccasion


Luocine

Hélène 30/10/2012 08:56



Il le mérite.



clara 29/10/2012 08:08


Je me permet Hé!ène de réagor sur ce que as moins aimé. Je crois que cette maladie , l'autisme est une maldie dont le gaçon souffrira toute sa vie et à mes yeux, il est naturel que son père lui
offre plus. Des moments où Gabriel est comme tout  le monde  ce n'est pas la cas. Alors oui, semon moi, il a le droit de réagir ainsi. Cet handicap permet à Gabriel  d'ouvrir sa
bulle donc contairement à un autre handicap, il  ne peut pas comprendre  ou à sa manière...

Hélène 29/10/2012 08:41



Je ne remets pas en cause le fait que son père cherche à lui créer un univers serein. Ma question était plutôt de savoir si dans ce livre le père n'avait pas occulté certains passages de la vie
de son fils plus difficiles. Dans le monde actuel il me semble étonnant que tout soit aussi fluide, comment dire, si peu violent psychologiquement ? Mais peut-être faudrait-il que j'aille vivre
en Norvège plutôt qu'à Paris pour me convertir à ce calme...



kathel 28/10/2012 15:40


Malgré tes quelques restrictions, je me laisserai peut-être tenter un de ces jours... Le thème n'est pas si fréquent.

Hélène 28/10/2012 16:49



Effectivement, il vaut la peine de le lire pour mieux comprendre le fonctionnement de ces enfants en souffrance/



Alex-Mot-à-Mots 28/10/2012 14:56


Pourtant, les critiques étaient élogieuses.

Hélène 28/10/2012 16:50



Je l'ai apprécié, entendons nous, mais je n'ai pas été emportée;



Catherine 27/10/2012 15:22


Je ne sais pas si j'ai envie de lire le livre mais la vidéo est très belle, allez je le note , bon weekend.

Hélène 27/10/2012 16:15



Le  livre est aussi tendre que la vidéo...



Nadael 27/10/2012 11:43


Ce livre m'a vraiment touchée.

Hélène 27/10/2012 12:51



C'est un très beau témoignage je le reconnais.