Grandeur des îles de Odette de PUIGAUDEAU

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

Issue d'une famille de la bourgeoisie, fille du peintre de l’école de Pont-Aven Ferdinand-Auguste-Marie Loyen du Puigaudeau (cousin germain de l'écrivain Alphonse de Châteaubriant), et de Blanche-Henriette-Idalie Vandenbrouke (ou van den Brouke), Odette du Puigaudeau réside à partir de 1908 au Croisic (Loire-Atlantique) dans le manoir de Kervaudu. Enfant unique, elle est instruite à la maison par ses parents.

En 1920 elle monte à Paris pour s'inscrire à la Sorbonne au cours d'océanographie du professeur Jourdin dans l'espoir d'être engagée au laboratoire marin de Carthage en Tunisie, sans succès.

Elle est ensuite dessinatrice dans les laboratoires du Collège de France, styliste chez Jeanne Lanvin, journaliste à L’Intransigeant et dans des revues féminines, et enfin ethnologue.

En 1929, elle devient l'une des premières femmes à s’embarquer sur des thoniers bretons.

Elle a décrit d’une façon remarquable la vie dans les îles bretonnes de l’entre deux guerres dans son livre Grandeur des îles.

Réfusée par le commandant Charcot pour une expédition au Groenland, car il n'acceptait pas les femmes, elle découvre par la suite d’autres grands espaces dans le désert du Sahara à partir de janvier 1934, avec son amie Marion Sénones.

Fondatrice en août 1940 à Paris du Service féminin français, elle assure à partir de cette date des missions de préhistoire et d'ethnographie pour divers ministères et sociétés savantes.

Elle s'établit à Rabat en 1961, où elle réalisa pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, devint documentaliste au ministère de l'Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au Musée des antiquités de Rabat de 1970 à 1977. Elle eut pour compagne l'artiste peintre Marion Sénones, (1886-1977), qui partagea sa vie de 1932 jusqu'à son décès à Rabat en octobre 1977.

Odette du Puigaudeau a écrit huit livres, de nombreux articles et un traité sur le peuple maure. Son travail ethnographique, scientifique et littéraire est un hommage aux peuples du Sahara occidental.

(Source : Wikipédia)

 

L’histoire :


Le nom d'Odette du Puigaudeau évoque encore bien des souvenirs dans les anciennes villes caravanières de Mauritanie. Cette grande voyageuse née en 1894 a consacré sa vie au Sahara occidental mais c'est en Bretagne, parmi les marins et la population des îles, que l'aventure avait commencé pour la fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin. En 1944 elle décide de rassembler dans Grandeur des îles ses notes et articles rédigés douze ans plus tôt sur les îles de Bretagne, Ouessant, Groix, l'archipel de Molène et Sein, autant de «fragments d'humanité amenés là par quelque rude et mystérieux hasard.». (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Odette de Puigaudeau était une bretonne qui faisait partie de ces femmes artistes pour qui l’aventure et ses multiples découvertes constituent le sel de la vie. Ces artistes pour qui Vivre importe davantage que survivre. Aussi elle s’embarque dans les années 30 à bord de plusieurs bateaux pour flirter avec le quotidien des pêcheurs de crevettes. Ce n’est que le prélude à sa grande aventure : un voyage en Mauritanie qui viendra quelques années plus tard.

Odette de Puigaudeau rend ici hommage aux hommes et aux femmes demeurant sur ces îles bretonnes au nom évocateur et magique : Sein, Ouessant, Groix, Molène… Ces îles qui ne sont pas si loin de la côte, et qui, pourtant, semblent au bout du monde.
Elle partage et décrit le quotidien particulier de ces êtres retirés du monde, élaborant un monde à eux, si différents de celui de continentaux.

« Et ils bénissent cet isolement, cette pauvreté qui ont protégé la pureté  e leurs mœurs, la simplicité de leurs âmes et la droiture de leur courage. »

 

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Philip Plisson

Elle s’attache surtout à transcrire son admiration pour les îliennes, celles qui restent :

« N’y a-t-il pas assez à dire du labeur des îliennes, reines de leurs foyers mais servantes de leur île, et sur l’angoisse qui les étreint lorsque retentit la sirène des naufrages, ou que la brume enveloppe la flotille langoustière éparpillée parmi les récifs de la chaussée. »

Ce monde résonne comme un idéal de paix et de bonté pour cette bretonne qui ne saura se détacher tout à fait de cette vision idéale de ces peuples îliens, comme ancrés dans un âge d’or utopique. Sa passion pour eux sait néanmoins nous convaincre à notre tour et nous nous embarquons bien volontiers pour ces îles magiques qui parlent directement au cœur…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien.

 

Extrait :


 « Archipel de Molène — Mme Floc'h est entrée dans la vie sous l'aile noire du malheur. Une tempête lui vola père et mère, entre le Conquet et Quéménez, et son destin amer s'ouvrit d'un coup devant ses quinze ans. Elle reprit la ferme ; son frère cadet et sa jeune sœur quittèrent l'école pour venir l'aider. Trois enfants, face à quarante-cinq ivrognes, sur une île perdue !

Elle se maria jeune, et pour peu de temps. Successivement, elle tint aux îles trois fermes sur quatre : Quéménez, Balanec où une poutre de fer, en tombant, lui tua une petite fille, Triélen que tient à présent son fils aîné, où elle a retrouvé un cimetière familial : une tante, ses enfants et ses domestiques emportés par le choléra en 1893.

Maintenant, veuve depuis longtemps, elle est revenue avec ses deux plus jeunes fils à la Quéménez de son enfance.

Pourtant, au Conquet, elle pourrait avoir une existence plus douce, près d'une fille et d'un petit-fils, un repos bien gagné après quarante ans d'épreuves. Ici, il n'y a que travail sans fin, l'écœurement des saouleries hebdomadaires, la gêne des courriers et du ravitaillement livrés au hasard des bateaux, chance bien rare pendant les tempêtes d'hiver. Le seul secours, c'est elle qui le donne, au dénuement des pigouyers et des pêcheurs, aux loques humaines qu'elle retient de sombrer tout à fait, à tous ceux qui frappent à sa porte. C'est une femme du bon Dieu.

Mme Floc'h ne quittera pas Quéménez. Les îles ont cette étrange puissance du tuer chez leurs proies le désir d'évasion. » (p. 146-147)

 

Grandeur des îles, Odette de Puigaudeau, Payot, avril 2004, 8.65 euros

 

Publié dans Récits de voyage

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Commenter cet article

Géraldine 06/07/2012 20:11


Tiens, une grande voyageuse que je ne connais pas, pas normal, faut que je rattrappe ça. Je note.

Hélène 06/07/2012 22:37



une grande femme...



Alex-Mot-à-Mots 03/07/2012 14:36


Idéal pour les vacances ! Quelle vie.

Hélène 03/07/2012 20:00



Oui, fascinant !



jerome 03/07/2012 06:52


Belle découverte en effet. Je ne connaissais pas du tout. Merci !

Hélène 03/07/2012 09:08



C'est un plaisir...



keisha 02/07/2012 07:48


Oui, je connais l'auteur avec la Mauritanie, même si jamais lu, mais j'ignorais le reste. Ces voyageuses sont à découvrir!

Hélène 02/07/2012 09:03



Oui, une belle découverte !



Lystig 01/07/2012 16:05


une femme forte comme on dirait 

Hélène 02/07/2012 09:05



Comme on les aime...