La confrérie des moines volants de Metin ARDITI

Publié le par Hélène

confrérie moines

♥ ♥

L’auteur :

 Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Il préside l’Orchestre de la Suisse romande et la fondation Les Instruments de la Paix-Genève.
Son œuvre est publiée chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La pension Marguerite (2006 ; Babel n° 823), L’imprévisible (2006 ; Babel n° 910),Victoria-Hall (Babel n° 726), La fille des Louganis (2007 ; Babel n° 967), Loin des bras (2009 ; Babel n° 1068), Le Turquetto (2011, prix Jean-Giono, prix Page des libraires, prix Alberto-Benveniste, prix des libraires de Nancy) etPrince d'orchestre (2012). (Source : Actes Sud)

 L’histoire :

 1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l’Eglise russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s’échappent, vivant cachés dans les forêts.

Voici l’histoire de Nikodime, qui, avec l’aide d’une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Où l’on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu. De l'avant-guerre à nos jours, de la Russie bolchévique à la Moscou des milliardaires et des galeries d’art, l’étourdissante histoire de quelques hommes de courage.
Et puis, bien sûr, il y a Irina. Elle fuit l'Enfer, traverse l'Europe, arrive à Paris, change d'identité... Elle est au cœur de cette lumineuse histoire de résistance et de rédemption. (Source  éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 La première partie du roman se déroule en 1937 lors des pillages massifs et radicaux orchstrés par le régime soviétique. Une à une les églises disparaissent en fumée, les moines et les prêtres sont exécutés. Un petit groupe d’entre eux parvient à s’échapper et à se cacher dans la forêt. Sous l’égide du prêtre NIkodime, ils vont s’organiser pour sauver les plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe. Ils vont alors former « la confrérie des moines volants ». Nikodime est un personnage tourmenté par le pêché, par la tentation, en raison d’un lourd passé mystérieux. Il va rencontrer au détour d’un chemin la jeune Irina et sa destinée en sera à jamais marquée.

Cette partie est passionnante, mettant en lumière un épisode peu connu de l’histoire soviétique, bel exemple de résistance incarnés par des personnages forts. Malheureusement la deuxième partie est beaucoup moins aboutie…

 Ce que j’ai moins aimé :

 La deuxième partie se situe dans les années 2000, Mathias est un jeune photographe, petit-fils de Nikodime, mais ignorant encore tout du passé de son grand-père.

Les chapitres sont aussi courts que dans la première partie, mais quand précédemment ils servaient une fluidité d’écriture, ils semblent être ici le signe d’un manque prégnent d’inspiration :

« Mathias appela Dol, tomba sur son répondeur et raccrocha. Il appela ensuite Helen, d’abord chez elle, où le téléphone sonna dans le vide, puis sur son portable. Elle décrocha de suite, fit : « Mathias, mon chéri, je te rappelle. », et raccrocha. Il resta une ou deux minutes assis, hébété, puis se décida à appeler Jason. Le numéro sonna occupé. Il essaya encore trois fois, toujours sans succés, puis finalement obtint une sonnerie espacée, mais personne ne décrocha. Il appela Dol à nouveau, sans succés, et décida d’aller au studio. » (p. 213)

Et ?

Cette deuxième partie est beaucoup plus brouillonne, Mathias  part sur le traces des trésors de son grand-père mais le rythme comma la quête s’avérent laborieux, lents et marqués par l’indécision. En sus de cette intrigue, l’auteur s’est cru obligé de rajouter une pseudo-intrigue amoureuse autour du délitement du couple et des rencontres passionnées que l’on peut faire, intrigue superficielle et artificielle. Les personnages sont nombreux, les intermédiaires également, l’ensemble est alambiqué.

Deux parties déconnectées l’une de l’autre, qui laissent une impression d’inachevé.

Premières phrases :

"-Ils sont tous morts !

Nikolaï, l'un des novices du monastère, tremblait tant qu'il pouvait. Son frère Serghey le regardait, tremblant lui aussi, l'air perdu.

- Qui est mort ?

La voix caverneuse de Nikodime acheva de pétrifier les deux garçons. déjà qu'ils n'arrivaient pas à retrouver leur souffle... C'était la première fois qu'ils se rendaient chez lui, et bien sûr ils s'étaient égarés."

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le Turquetto de Metin ARDITI

 D’autres avis :

 Libfly http://www.rentreelitteraire2013.com/?p=1938

 

La confrérie des moines volants, Metin Arditi, Grasset, 352 p., août 2013, 19 euros

rentrée littéraire2013 2

 

 

Commenter cet article

faelys 07/01/2015 08:25

c'est avec l'édition poche que je découvre ce titre. une jolie lecture au final. j'ai aimé la seconde partie, même si moi aussi je regrette qu'elle ne soit pas davantage développée. c'était mon premier roman de cet auteur, je vais suivre vos avis et chercher "le turquetto".

cathe 27/10/2013 14:31


Complètement d'accord avec toi !! (mon billet à venir en fin de semaine). Bien mais décevant dans la seconde partie...

Hélène 27/10/2013 17:53



c'est dommage car il était bien parti !



Géraldine 15/09/2013 20:41


Mouais, pas trop tentée malgré un début de billet élogieux !

Hélène 16/09/2013 08:24



Le début est bien , la 2ème partie nettement moins bien !



jerome 09/09/2013 13:02


Un auteur que je ne connaissais pas mais je crois que je ne vais pas m'attarder sur son cas...

Hélène 09/09/2013 13:02



Si. mais sur "le truquetto" plutôt !



Aifelle 09/09/2013 11:00


J'étais au contraire très attirée par le thème, ce que tu en dis me refroidit, d'autant plus que j'ai déjà lu le même genre de critique ailleurs (j'ignorais le lien de parenté avec le comédien)

Hélène 09/09/2013 11:35



La première partie est très bien... Mais la deuxième...



Alex-Mot-à-Mots 09/09/2013 10:13


J'ai bien fait de ne pas le prendre chez mon libraire, alors. Mais j'en ai pris d'autres....

Hélène 09/09/2013 11:35



Roooo, j'ai hâte de savoir lesquels !



luocine 09/09/2013 09:17


c'est leproblème avec cet auteur, j'ai beaucoup aimé "loin des bras" et depuis je suis tout le temps déçue et pourtant il écrit bien .Je commence ses livres avec plaisir , puis...


dommage et je crois en plus que le sujet du stalinisme commence à me lasser


Luocine

Marilyne 09/09/2013 09:12


Je l'avais noté celui-ci, pour l'aspect historique soviétique mais justement je m'interrogeais sur la façon dont la fiction allait être menée, cette alternance d'époque. Les lectures semblent
plus mitigées que pour son précédent titre...

Hélène 09/09/2013 11:46



Nettement !



kathel 09/09/2013 09:01


Je n'étais que modérément attirée, c'est dommage, j'ai aimé les premiers romans de cet auteur, et puis ça ne fonctionne plus...

Hélène 09/09/2013 09:03



J'ai encore "Loin des bras" dans ma PAL de lui, et j'avais bien apprécié "Le turquetto"



cathulu 09/09/2013 07:02


C'est le frère du comédien Pierre Arditi ? 

Hélène 09/09/2013 08:23



Son cousin...