Meurtre au sommet de José GIOVANNI

Publié le par Hélène

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  L’auteur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Giovanni entre dans la Résistance Française. La Libération venue, il est accusé de racket. Emprisonné en 1945, il est condamné à mort. Son père, certain de son innocence, oeuvre corps et âme pour le réhabiliter. Après onze années de lutte, José Giovanni obtient la grâce présidentielle. A trente-trois ans, l'homme est enfin libre. Il prend la plume pour se soulager de cette mauvaise expérience, 'Le Trou' paraît en 1957. Deux années plus tard, Jacques Becker l'adapte au cinéma. Ecrivain, il devient aussi scénariste et dialoguiste pour différents grands noms du cinéma : Becker, Sautet… Dans les années soixante, Giovanni se place, à son tour, derrière la caméra : 'Le Rapace', 'Deux hommes dans la ville'... Il devient un fidèle du film noir, et tourne avec les meilleurs acteurs de l'époque : Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… Réalisateur pour le cinéma, il l'est également pour la télévision à partir des années quatre-vingts. La décennie suivante, Giovanni délaisse la réalisation au profit de la plume. Auteur de nombreux ouvrages, il tire de son récit autobiographique, 'Il avait dans le coeur des jardins introuvables', le film 'Mon père', dirigé par Bertrand Tavernier. Il décède d'une hémorragie cérébrale, laissant derrière lui une oeuvre très riche. (Source : Evene)

 

L’histoire :

  En cet été 1962, le riche industriel Jean Réno [ça ne s’invente pas !], 45 ans, célibataire, beau gosse, est brutalement rattrapé par son passé trouble. Une raison suffisante pour aller se changer les idées en haute montagne. Au programme : la face nord des Drus, le bivouac au pied du grand névé conique, l'attaque du granit et de ses cheminées étroites et enfin l'ivresse du sommet atteint. La dernière ascension pour Jean Réno, dont le corps s'écrabouille dans une crevasse, huit cents mètres plus bas. Accident ou meurtre ? L'aiguille du Dru pourrait-elle être le terrain idéal du crime parfait ? Chargé de l'enquête par une compagnie d'assurances, Georges, jeune détective parisien, peine à démêler l'écheveau. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

  Jean Réno est un riche industriel au passé peu reluisant qui va subir le chantage d’un de ses anciens acolytes. Pour échapper à cette pression, il décide de s’aérer à Chamonix et de s’adonner à son activité favorite : l’alpinisme. Malheureusement, il chute en escaladant la face nord des Drus et se tue. Accident, suicide, meurtre ? La compagnie d’assurances décide d’enquêter. Georges, enquêteur de pacotilles est dépêché sur place, mais il pense davantage à courser les jolies filles qu’à découvrir la vérité…

 

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En plantant le décor de son roman à Chamonix, José Giovanni navigue en terrain connu puisqu’il est lui-même alpiniste passionné par la haute montagne. Il nous invite donc dans un univers connu, aux côtés de personnages emblématiques du lieu et de l’époque comme les alpinistes Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, le grand reporter à Paris-Match Gérard Géry, ou encore Louis Janin le patron de l’hôtel de Paris.

L’auteur s’attache également aux valeurs véhiculées par la montagne :

 « La montagne ne lui avait encore jamais menti. Avec elle, il avait toujours su à quoi s’en tenir. Elle siplifiait tous les problèmes, les ramenait à l’essentiel : la vie ou la mort.

Si dans la société des Vallées il existait mille manières de vivre (à plat ventre, à genoux, à quatre pattes, mi-tortue mi-reptile), en haute montagne ceux qui vivaient vivaient debout. Même ceux que la foudre surprenait, on les retrouvait debout.

C’était ça la réponse de la montagne, cette réponse que Réno faisait sienne : vivre debout ou mourir. » (p. 56)

 Les dangers de la montagne et ses morts sont bien présents, mais l'aspect tragique de la destinée de certains est contrebalancé par le ton humoristique donné par le personnage de Georges, dragueur léger et sympathique.

La résolution de l’intrigue est machiavélique, surprenant le lecteur déjà conquis par cette atmosphère hautement fascinante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Le mystère que le passé trouble de Jean Réno n’est pas levé, alors que ledit mystère est au cœur du chantage exercé sur l’industriel…


Premières phrases :

 « Jean Réno s’approcha d’une fenêtre de son bureau ? De là, il avait une vue d’ensemble sur les laboratoires de produits pharmaceutiques. Il voyait même les grandes lettres noires : LABORATOIRES J. RENO. »

 

Meurtre au sommet, José Giovanni, Hoëbeke, 1997, 213 p., 15 euros

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Alex-Mot-à-Mots 30/09/2013 10:52


Tu es donc resté sur ta faim. Ca fait râler.....

Hélène 01/10/2013 08:23



Voui certains mystères restent entier...



zarline 29/09/2013 17:14


Le contexte de la montagne est sympa et original mais pas trop envie de romans policiers en ce moment. A voir, peut-être pour plus tard. 

Hélène 30/09/2013 08:24



Garde le au chaud...