Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen DEAN MOORE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥

"Parfois le monde naturel vous fait un don si précieux, si merveilleux, qu'il ne vous reste plus qu'à demeurer là, en larmes." (p. 169)

 

L’auteur :

 

Kathleen Dean Moore est écrivain, philosophe et naturaliste. Elle a passé son enfance dans l’Ohio et enseigne aujourd’hui la philosophie à l’Université de l’Oregon. Elle est notamment l’auteur de deux autres livres non traduits en français : Riverwalking (1996) et The Pine Island Paradox (2004), unanimement salués par la critique et le public américain.

 

L’histoire :

 

Parcourant l’Ouest américain, des côtes sauvages de l’Oregon aux rivages de l’Alaska, les textes de ce recueil s’appuient sur l’observation de phénomènes naturels pour interroger les notions de distance et de séparation, la capacité de chacun à trouver sa place au sein de la nature et parmi ses proches.     Chacun de ces brefs et percutants récits est l’occasion d’aborder avec simplicité des sujets graves. Pourquoi et comment accepter la mort ou la souffrance, l’éloignement de ceux qu’on aime, le temps qui passe et nous fait oublier ? À quoi, en somme, se rattacher et quelle est l’essence même de notre existence ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses. (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai tout aimé dans le récit de cette femme qui chante une hymne à la nature, cherchant l’accord parfait, hurlant avec les loups en pleine forêt, pêchant des huîtres avec son fils… Je ne saurais mettre des mots face à une telle densité de talent, aussi, pour une fois, vais-je laisser parler l’auteur :

 

« Nous comprenons, trop tard, que nous n’avons jamais appris à nos étudiants ce que les canards savent sans savoir. Que, comme le disait Dostoïevski, « il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie. » Il nous faut aimer la vie par-dessus tout, et de cet amour naîtra peut-être un sens. (…)

Que nous disent-ils, ces instants semblables à un prisme braqué sur l’existence, sue disent ce marais, cette humidité, ce vacarme écumant, cet assaut de volonté parmi les saules, cette scène criarde, ces couleurs, ces plumages, ces efforts, ce bruit, cette complexité, tout ce qui ne laisse ni note ni explication ?

Rien, me semble-t-il, si ce n’est qu’il faut continuer.

C’est la  leçon du marais. La vie concentre toutes ses puissances sur un seul but : continuer à exister. Un marais au crépuscule, c’est la vie qui exprime son amour de la vie. Rien de plus. Mais rien de moins, et nous serions stupides de nous dire que c’est là une leçon sans importance.» (p. 20)

 

« Donnez des racines à vos enfants, laissez-les avoir des ailes » : « Un enracinement qui tienne au fait de percevoir, de se soucier, de se remémorer, d’étreindre, de prendre plaisir à l’immensité de l’horizon, de trouver un réconfort dans l’odeur familière de la pluie. » (p. 29)

 

« Je veux qu’ils [mes enfants] évoluent dans un monde rationnel, dont l’ordonnancement est pour eux source de plaisir. Mais pour autant dans un monde improbable, aux sons barbares et aux couleurs flamboyantes, où ils auront toujours une chance de tomber sur quelque chose de rare et de splendide, quelque chose qui n’est pas dans les livres. » (p. 48)

 

« Le vie éternelle, si elle existe, ne consiste pas à prolonger indéfiniment la durée de notre existence, mais sa profondeur. (…) Je veux aller le plus loin possible dans l’instant, le plonger dans une somme confuse de détails, le brandir dans l’air humide parcouru de cris. » (p.69)

 

« Ce qu’ils veulent pour leurs enfants, c’est le saumon et le cèdre jaune, la Rivière, la Crique, et une petite ville dont les maisons de bois se dressent sur pilotis au-dessus des grands bancs de poissons. Un foyer, c’est un lieu qu’on connaît par cœur parce que, comme me l’a expliqué un adolescent, quand on ouvre la porte, « il y a une rangée de bottes et d’imperméables, une pile de bois pour la cheminée, et le petit frère qui vous guette pour vous sauter dessus. » Un lieu où les ours retournent les rochers sur la plage pour manger crabes et cottidés. Où les jardins poussent dans des caisses de lait calées au-dessus de la marée – des jonquilles, des fleurs d’ail, de la rhubarbe pour les tourtes. Où les voix des femmes hèlent les enfants de l’autre côté du dock, où le vent salé porte le rire des hommes. Où les gens gagnent leur vie sans ramasser le gros lot. Un lieu où l’on est richissime quand on a de quoi vivre. » (p. 159)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- RIEN, sauf que je suis tellement fan que je me demande pourquoi les deux autres livres de l’auteure n’ont pas encore été traduits en France… Il faut absolument qu’Oliver se réveille !!!

 

Premières phrases :

 

« Dans l’océan vert aux reflets chatoyants qui borde la côte de l’Oregon, de grandes algues se tendent vers la rive à chaque marée montante et retournent vers la haute mer en tourbillonnant dès que l’eau redescend. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une année à la campagne de Sue HUBBELL

 

Petit traité de philosophie naturelle, Holdfast, Kathleen Dean Moore, Traduit de l’américain par Camille Fort-Cantoni, Gallmeister, Nature writing, 2006, 185 p., 18 euros

 

challenge nature writing

Commenter cet article

Velidhu - Que Lire ? 28/08/2016 07:38

C'est une jolie écriture, très reposante. A découvrir certainement.

Hélène 29/08/2016 08:10

Il fait partie de mes incontournables !

Léa Touch Book 05/09/2015 15:54

Il faut que je le lise, je suis fan des éditions Gallmeister :)

Hélène 05/09/2015 17:52

C'est mon préféré de chez Gallmeister !

bruno 15/01/2013 20:08


Un des premiers vollumes édités par Gallmeister et un des meilleurs, même si le niveau de leurs publications reste toujours très haut


Texte très attachant, vous m'avez donné envie d'y revenir


 

Hélène 16/01/2013 09:28



Il ets mon préféré des éditions gallmeister à ce jour, même si je pense que "le gang de la clé à mollette" qui m'attend notamment me plaira également, dans le domaine policier !



Anis 22/04/2011 09:11



Moi qui aime la philosophie, ce livre est fait pour moi !



Hélène 23/04/2011 09:54



Fonce, c'est une merveille !



Lystig 21/04/2011 00:43







Choco 20/04/2011 21:24



C'est trop gentil, merci beaucoup !



Hélène 21/04/2011 08:55



APrès tu rejoindras le comité qui oeuvre pour que d'autres romans de cette auteur soit traduit chez gallmeister hein ???



Aifelle 20/04/2011 07:40



J'étais sûre que c'était un livre pour Keisha  Pour moi aussi, je le note, et pour faire écho à Dominique, Annie
Dillard m'attend dans ma PAL. Je ne vous remercie pas les filles, je suis DEBORDEE.



Hélène 20/04/2011 08:30



C'est plutôt agréable d'être débordée par les livres non ?



Choco 20/04/2011 01:09



Je suis contente de découvrir un tel texte ! Je suis comme Keisha, je hurle à la lune


Et comme il y a souvent une navette gallmeister entre elle et moi, j'oserais bien te demander si le livre peut voyager ailleurs par la suite...


 



Hélène 20/04/2011 08:27



Mais ose ! Bien sûr qu'il peut voyager jusqu'à toi ensuite. je l'envoie à Keisha aujourd'hui.



Lystig 19/04/2011 23:58



j'en connais qui vont être tentées !



Hélène 20/04/2011 08:27



Je ne vois vraiment pas de qui tu parles...



zarline 19/04/2011 11:41



Alors je partage totalement les idées mais je crois que ce livre est trop philosophique pour moi justement.



Hélène 19/04/2011 11:53



Il reste très abordable néanmoins et la philosophie est savamment instillée dans le quotidien, si bien que les réflexions coulent de source !



Dominique 19/04/2011 11:17



j'ai lu ce livre avant d'avoir un blog et donc pas de billet, mais je suis contente de le retrouver ici, c'est un livre magnifique, effectivement les amateurs de Sue Hubbell aimeront et j'ajoute
que ceux qui aiment ce livre aimeront aussi les livres d'Annie Dillard : Pélerinage à Tinker Creek , en lisant en écviant ...;



Hélène 19/04/2011 11:52



Je l'avais lu avant aussi mais je l'ai reparcouru avec délices pour écrire ce billet. Et je dois dire que ce fut un vrai plaisir.


J'ai "pélerinage à Tinker Creek" qui a rejoint ma PAL après que tu en aies chanté les louanges sur ton blog... A lire prochainement !



keisha 19/04/2011 08:35



Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!



keisha 19/04/2011 08:26



Wouhouhouhouhouhou... Moi aussi je veux hurler avec les loups en pleine nature...(tu me le prêterais, dis? )


Je n'ai pas encore osé tanner Oliver pour les traductions (bon, je lis en VO si je veux )(euh, si j'ai le temps) mais quand même...



Hélène 19/04/2011 08:29



Yes, je te l'envoie demain.



Kathel 18/04/2011 13:22



Eh, eh, quel enthousiasme ! Je noterais, si je pensais que ce livre soit pour moi... mais je doute....



Hélène 19/04/2011 08:28



Il faut aimer la nature, et un peu la philosophie..



Folfaerie 18/04/2011 11:42



Ah voui, un livre qui me plairait assurément... Et puis les deux titres non traduits me semblent plein de promesses... Par contre, O. Gallmeister ne doit pas rigoler, lui qui doit être
submergé par les demandes de publication (moi y compris, hum...) de futurs livres cultes du NW



Hélène 18/04/2011 11:59



C'est certain, il faudrait que nous songions à monter notre propre maison d'édition...