Réanimation de Cécile GUILBERT

Publié le par Hélène

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 « La mort ne possède aucun savoir-faire.

Seule la vie résolvant les contraires, quand elle repart de plus belle, l’été dans le jardin. » (p. 270)

 

L’auteur :

Cécile Guilbert est l'auteur de plusieurs essais publiés chez Gallimard comme Saint-Simon ou l'encre de la subversion (1994), Pour Guy Debord (1996), L'Ecrivain le plus libre (2004), Sans entraves et sans temps morts (2009). Elle a obtenu le prix Médicis de l'Essai pour Warhol Spirit (Grasset, 2008), et cosigné avec Nicolas Guilbert Animaux & Cie (Grasset, 2010). Après Le Musée national (Gallimard, 2000), Réanimation est son deuxième roman.

 L’histoire :

« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s’ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »

 La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l’un à l’autre, insouciants. Jusqu’au jour où Blaise est atteint d’une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d’urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial – la « réa » – tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...

Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi – surtout ? – une lettre d'amour à Blaise.

Mon avis :

Ce mois-ci les lectrices de Elle ont choisi un autre témoignage sur la maladie, du point de vue des proches laissés sur le bord de la route. Je dois avouer que je n’avais nulle envie de lire à nouveau un livre sur la maladie après La tête à Toto le mois dernier –sans parler de La réparation  et Cher Gabriel du mois précédent – d’autant plus que la photo de l’auteure en bandeau fait franchement peur...

 Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise par la profondeur du propos et par la beauté du style, mais il n’en reste pas moins que je ne saisis toujours pas bien l’intérêt de ce type de lecture : il s’agit pour l’auteur de se purger, de partager, je le conçois entièrement, mais pour les lecteurs ? Si encore il s’agit d’un lecteur lui-même atteint de ce type de maladie –ou d’une autre- et qui reste avide de trouver un témoignage, une bouffée d’espoir, pourquoi pas. Mais pour les autres ? Entretenir la paranoïa de la maladie, du malheur, se dire que finalement on n’est pas à plaindre ?

Je n’ai rien appris en lisant ce témoignage, j’en ressors indemne…

 Premières phrases :

« Cette année-là, dans les derniers jours de mars, quelque chose a lieu.

Le temps balance entre giboulées hargneuses et fulgurantes éclaircies.

Le soleil s’allume d’un coup dans le bleu lavé pour s’éteindre dans la cendre. »

 

D’autres avis :

Presse : Le monde Le Magazine Littéraire

Blogs : Clara A propos des livres  Nadael  Mango    Théoma

Réanimation, Cécile Guilbert, Grasset, août 2012, 272 p., 18 euros

grand prix lectrices de elle 

 

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Commenter cet article

bruno 15/01/2013 20:13


Cécile Guilbert est effectivement une essayiste et une théoricienne de l'écriture


Ce livre est émouvant dans la mesure où elle quitte un terrain familier pour s'essayer au roman ou du moins au récit, cela ne pouvait qu'être bien écrit et avec un style superbe (c'est le
minimum, venant de quequ'un qui a beaucoup écrit sur le "style"), mais sa limite est aussi là, on ne sent pas ce qui en ferait un vrai roman

Hélène 16/01/2013 09:27



Non il manque quelque chose qui aurait pu porter ce témoignage plus loin, c'est dommage...



Hélène Choco 12/01/2013 02:10


Ouh làlà catastrophe, quel thème atroce.... je n'aurais pas eu le courage de lire c elivre...

Hélène 12/01/2013 12:36



Je l'ai reçu pour le prix des lectrices de elle, j'avoue que sans cela, je nel'aurais pas lu !



Theoma 11/01/2013 15:48


mince ! j'ai été séduite par l'écriture mais ce n'est pas mon préféré.

Hélène 12/01/2013 12:36



A moi non plus, c'est le moins qu'on puisse dire !



Alex-Mot-à-Mots 11/01/2013 12:54


Tu as raison, la couverture du bandeau n'est pas tentante du tout.

Hélène 12/01/2013 12:36







monpetitchapitre 11/01/2013 09:20


Pas du tout attirée par ce type de sujet, je te rejoins dans le questionnement. Comme Aifelle, je pense que certains récits feraient mieux de rester dans la sphère intime. 

Hélène 11/01/2013 09:52



Je suis aussi de cet avis !



Aifelle 11/01/2013 06:47


Je partage ton interrogation sur le pourquoi de la chose .. Il y a des écrits qui devraient rester privés, pourquoi absolument les publier ? En tout cas, point trop n'en faut ! (au passage je
note qu'il faut absolument que je lise Joan Didion, enocre que ça m'a fait un drôle d'effet d'apprendre qu'elle sort maintenant un livre sur le décès de sa fille ..)

Hélène 11/01/2013 09:13



Effectivement point n'en faut !



Anis 10/01/2013 22:01


J'ai trouvé ton questionnement vraiment intéressant. Il me semble qu'une expérience personnelle peut être intéressante à communiquer quand elle  dit quelque chose de notre propre humanité et
peut prétendre à l'universel.

Hélène 11/01/2013 09:14



Oui mais ce type de récit, de qualité, est rare !



Philisine Cave 10/01/2013 21:09


Nadael a bien aimé, toi moins : que faire, les filles, hein ? Bises

Hélène 11/01/2013 09:14



Laisse...



keisha 10/01/2013 18:06


Mango était de ton avis, je me souviens.

Hélène 11/01/2013 09:14



Oui effectivement. Nos avis sont assez partagés !



kathel 10/01/2013 18:00


Et moi, je repars sans rien noter, ce qui fait du bien au moral ! 

Hélène 11/01/2013 09:14



Yees !



jerome 10/01/2013 17:40


Pas du tout tenté. Le sujet me fait fuir alors, je ne note pas, je barre d'un trait de plume rageur !

Hélène 11/01/2013 09:14



Oui barre !



Valérie 10/01/2013 13:52


Bon, je n'étais pas tentée.

Hélène 11/01/2013 09:15



Ca tombe bien !



Dominique 10/01/2013 12:09


Ce n'est pas le sujet qui ne m'attire pas c'est le fait du roman, j'aime C Guilbert critique et essayiste mais pas romancière 

Hélène 11/01/2013 09:15



Je jetterai un oeil à ses essais alors ...



Mango 10/01/2013 11:18


Dans ce domaine, L'année de la pensée magique de Joan Didion reste ma référence. Celui-ci m'a semblé bien plat à côté, surtout une fois passé le récit de la découverte de la maladie au
début! 

Hélène 10/01/2013 11:57



Je note ce titre, effectivement, malgré un style fin et intelligent, le livre ne lui-même est très plat.



Noukette 10/01/2013 10:34


Je passe, je fuis même... Pas envie de ça là maintenant...

Hélène 10/01/2013 10:50



je ne suis pas étonnée... Je ne comprends pas vraiment je l'avoue ceux qui apprécie ce genre de livre...



Marilyne 10/01/2013 09:30


Pas pour moi. En revanche, " Cher Gabriel " ( que je m'étais offert à sa parution... hum ) m'intéresse toujours autant.

Hélène 10/01/2013 09:41



Parmi ceux que j'ai cité, effectivement "cher Gabriel" fut mon préféré. Il faut un talent fou je pense pour réussir à aborder des thèmes comme ceux-là sans générer des angoisses, du pathos...