GrandMèreDixNeuf et le secret du soviétique de ONDJAKI
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Dans une banlieue de Luanda en Angola près d’une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l’a amputée d’un orteil) s’occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés. Son petit-fils raconte le projet de construction d’un mausolée à la gloire d’Agostinho Neto, fondateur du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) et premier président du pays, mort en 1979, figure majeure de la lutte pour l’indépendance et partisan d’un projet de société communiste, soutenu par l’Union soviétique. Les enfants découvrent que leur domaine est menacé, les coopérants russes voulant ainsi détruire les maisons du quartier à coup de dynamite. Ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des “cris bleus”.
Ce que j'ai aimé :
La guerre sert de toile de fond à un récit de souvenirs, dans lequel la résilience et la vitalité des liens familiaux et sociaux des habitants du quartier sont essentiels. Chacun de ces personnages, tous plus fascinants les uns que les autres, incarne l’esprit d’un peuple qui, dans un pays dévasté et en pénurie de tout, trouve des moyens d'inventer et de se battre pour maintenir l’espoir. La force de la résistance tient dans des éclats de vie, des bonheurs fugaces, un tango improvisé au milieu de l'hôpital avant une opération, car "la vie est pleine de surprises". Dans ces moments-là, "Personne n'oublie le scintillement clignotant d'une étoile tombante".
Les enfants croient en des "ciels dansants", grâce à eux, le ciel s'anime, les cerfs-volants tournoient dans la nuit noire de Luanda, portés par des vents de liberté et d’espoir.
"Je ne fais que rassembler des voix qui sont comme des scintillements dans un ciel qui parfois me paraît trop sombre - je suis sûr que tu sais de quoi je parle ; je traverse ainsi les jours, en inventant le temps, en tissant les voix, en réinventant d'impossibles constellations. (...) que le ciel dansant, vêtu d'étoiles tombantes, puisse danser encore et encore. Que les enfants apprennent toujours avec les oiseaux la magie secrète des cris bleus. "
"Il y a des adultes qui oublient de grandir et continuent de mélanger leurs rêves à du gros sel pour voir si ça explose. Les voix sont ce qui nous reste pour aider à supporter les cicatrices que nous portons en nous. De la matière hautement inflammable, pour sûr."
(Echange de lettres entre l'auteur et Ana Paula Tavares, grande poétesse angolaise)
Présentation de l'éditeur : Editions Métailié