Sanctuaire de Laurine ROUX
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Dans un monde ravagé par un mal mystérieux lié aux oiseaux, une famille a fui la civilisation pour s’enterrer dans une montagne isolée, leur “sanctuaire”. Là, le père impose des règles strictes : exterminer toute créature volante, obéir sans discuter, et vivre selon une discipline quasi militaire. Ce sanctuaire, loin d’être un refuge sûr, devient une prison psychologique et physique, surtout pour Gemma, la plus jeune fille. Née dans cet isolement, elle croit d’abord en l’ordre paternel… jusqu’à ce qu’une rencontre inattendue bouscule tout.
Ce que j'ai aimé :
- L'écriture est à fleur de peau, Laurine Roux tisse doucement sa prose pour donner à voir, à sentir.
- Le roman interroge notre humanité : jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Quand l’amour paternel bascule-t-il en tyrannie ? Le roman examine comment la peur de l'autre, qu'il s'agisse d'un virus ou d'un étranger, permet d'instaurer une tyrannie domestique. Le Père utilise la survie comme prétexte pour contrôler le corps et l'esprit de ses filles.
- Bien plus qu’un récit post-apocalyptique classique, Le Sanctuaire devient une fable : sur l’emprise, la liberté, l’enfermement, et sur ce lien fragile entre l’homme et la nature. L'autrice propose une réflexion profonde sur la domination et l’émancipation, portée par une écriture à la fois sauvage et poétique.
Ce que j'ai moins aimé :
- L'atmosphère est pesante, sous tension permanente. Bien que l'action se déroule dans de grands espaces ouverts, le sentiment de claustrophobie est omniprésent. Le Sanctuaire est autant un refuge qu'une prison.
Bilan :
C'est un livre qui s'adresse à ceux qui aiment les récits de survie psychologique. Il ne s'attarde pas sur les détails technologiques de la fin du monde, mais sur ce qu'il reste de l'humanité (et de la sauvagerie) quand tout le reste a disparu.
Il a reçu le Prix de l'Imaginaire en 2021
Présentation de l'éditeur : Folio