Un repas en hiver de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pendant la seconde guerre mondiale trois soldats décident d'échapper aux fusillades matinales éprouvantes en acceptant en contrepartie de partir à la chasse à l'homme juif au fin fond de la forêt polonaise. Il leur faut revenir avec un prisonnier au camp. Le narrateur, Emmerich et Bauer arpentent alors la région, tétanisés par le froid qui règne en cet hiver rigoureux. 

En chemin chacun partage un peu de sa vie avec les autres, dans un élan fraternel consolateur. Ainsi Emmerich avoue s'inquièter pour son fils resté là bas et sur le fait qu'il pourrait prendre un mauvais chemin en apprenant à fumer. Les autres se penchent sur cette épineuse question et réfléchissent aux solutions possibles, permettant ainsi à leur esprit de s'évader loin de cette guerre meurtrière. 

La réalité se rappellent à eux par hasard quand ils trouvent un juif dont le sort semble scellé. Tiraillés par la faim ils s'installent dans une ferme abandonnée avant de ramener leur prisonnier au camp, et se préparent alors un repas avec le peu qu'ils ont. Survient un polonais qui bouscule le fragile équilibre du repas. Profondément antipathique, sa haine contre le juif entraîne chez les soldats un élan protecteur, presque malgré eux. Cette trêve durera-t-elle ?

Il n'est guère évident pour ces hommes d'appréhender le meurtre, et un détail infime peut leur rappeler qu'ils ont face à eux avant tout un homme, qui pourrait être leur fils, leur frère, leur père. Le narrateur est ému par un détail sur le bonnet du juif : un flocon, preuve qu'une mère aimante a tricoté pour lui ce petit dessin minuscule qui le rend pourtant humain.

Ce repas en hiver qu'ils partagent met en lumière les contradictions de ces soldats réduits à n'être que des demi-hommes à cause de cette guerre qu'ils n'ont pas choisie. Ce ne sont ni des bons ni des méchants, ni des anges, ni des brutes, juste des victimes d'une logique implacable absurde. 

 

Présentation de l'éditeur : Stock 

Du même auteur : Une rivière verte et silencieuse ; L'incendie

D'autres avis : Jérôme  ; Clara ; Cathe 

 

Un repas en hiver, Hubert Mingarelli, Stock, 2012, 144 p., 17 euros

Un repas en hiver, Hubert Mingarelli, J'ai Lu, 2014, 7.20 euros

Commenter cet article

Electra 22/09/2015 14:22

Tristounet ! bon je sors de lectures pas très gaies, donc j'attends pour replonger dans ce type de lecture. Je n'ai jamais lu cet auteur.

Alex-Mot-à-Mots 22/09/2015 13:51

Un repas en hiver qui m'avait ému.

Noukette 20/09/2015 11:29

Noté pour ma découverte de l'auteur, je n'ai lu que L'incendie en duo avec Choplin ;-)

Hélène 21/09/2015 07:52

J'ai moins aimé "l'incendie" mais je crois que je suis la seule ;)

Yv 20/09/2015 11:26

Je n'ai pas encore lu Mingarelli, je sais je devrais... j'ai un peu honte...

Hélène 21/09/2015 07:51

Oui tu devrais :-)

jerome 20/09/2015 08:57

J'ai adoré ! Je crois que c'est mon Mingarelli préféré.

Hélène 21/09/2015 07:51

J'avais beaucoup aimé mon "premier" Une rivière verte et silencieuse"...

Aifelle 20/09/2015 06:35

J'ai fait la connaissance de l'auteur avec ce titre-là et depuis j'en ai lu d'autres qui m'ont plu tout autant. Une écriture qui va à l'essentiel avec des histoires très humaines.

Hélène 21/09/2015 07:50

Exactement !

jean pierre mazille 19/09/2015 22:24

Pour un matheux, un flocon de neige en théorie fractale fait penser à une étoile, hélas ! de bien mauvais augures dans le contexte de ce livre. Nul doute qu’UN REPAS EN HIVER vaut la lecture pour un matheux aussi.

Hélène 21/09/2015 07:50

La subtilité du texte renforce sa force

Ariane 19/09/2015 12:32

Je pense que ce texte me plairait beaucoup.

Hélène 21/09/2015 07:49

Il est très beau !

Dominique 19/09/2015 11:38

j'aime presque tout de cet auteur, celui là je ne l'ai pas encore lu

Hélène 19/09/2015 12:21

Il est très pur.

Athalie 19/09/2015 09:24

Le flocon de neige sur le bonnet .... A quoi tient le fait de tuer ou pas dans ce contexte ? Un texte que j'avais trouvé remarquable car il sort des sentiers battus et ose poser sans trancher, en évitant les bons sentiments. Sec et glaçant.

Hélène 19/09/2015 12:21

Il résonne en moi, il est marquant !