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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 08:00

monde-ouvert.jpg

 

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

 

 « Quand le crépuscule tombera sur la terre et sur la mer

Des roussettes voleront dans l’air du soir

 

La nuit venue je m’étendrai sous les étoiles

La grande Voie presque à portée de mes pieds

Et j’écouterai les longues annales de la houle

Tandis que des tortues sans âge se traîneront sur la plage. » (Equatoriales)

 

L’auteur :

 

Kenneth White naît à Glasgow en Ecosse juste avant la seconde guerre mondiale. Il fait ses études de lettres françaises et allemandes, de lettres latines ainsi que de philosophie à l'université de Glasgow. Grand lecteur, il se passionne pour Ovide, Rimbaud, Hölderlin, Nietzsche. Refonder radicalement notre culture, tel est, résumé d'une manière assez lapidaire, le dessein de poète, de théoricien de la « géopoétique », d'auteur de récits qu'est Kenneth White. Kenneth White, a écrit plus de trente livres en anglais et en français depuis Les Limbes incandescents (1976). Nous pouvons les classer en récits : Le rodeur des confins (Albin Michel 2006), poésie : Mahamudra, le grand geste (Mercure de France, 1979), Le passage extérieur (Mercure de France, édition bilingue, 2005) et Un monde ouvert : anthologie personnelle dans la prestigieuse collection Poésie/Gallimard en 2007. Enfin, il y a les essais, recherches, entretiens où l'on rencontre l'esprit nomade, Antonin Artaud ou Hokusaï. Kenneth White vient de faire paraître Les Affinités extrêmes (Albin Michel, 2009). (Source : France Culture)

 

Les thèmes :

 

 - La nature,

 

- La  géopoétique : "La géopoétique est une théorie-pratique transdisciplinaire applicable à tous les domaines de la vie et de la recherche, qui a pour but de rétablir et d’enrichir le rapport Homme-Terre depuis longtemps rompu, avec les conséquences que l’on sait sur les plans écologique, psychologique et intellectuel, développant ainsi de nouvelles perspectives existentielles dans un monde refondé."

 

« Je suis las de lieux

Où l’homme se donne en spectacle

J’ai assez vu le théâtre humain

Les gesticulations de ses pantins

Toutes leurs petites histoires

Ce qui m’intéresse à présent

Ce sont les champs silencieux

Qui s’étendent alentour

Les mouvements de la mer

Le ciel semé d’étoiles

Le rapport entre mon corps et l’univers

Entre les nébuleuses et mon cerveau. » (Le testament d’Ovide)

 

Ce que j’ai aimé :

 

- L'auteur chante le monde, la nature, les éléments et surtout les bords de mer, qu'ils soient écossais, bretons, canadiens... Il encense tous les lieux dans lequel la quintessence du monde prend vie. L'auteur cherche à se fondre dans les éléments pour ne plus faire qu'un avec le monde. Accéder à une compréhension intuitive.



« Fleurs jaunes

Qui dansent au vent

Un corbeau sur une branche

Qui croasse

Le ruisseau

Qui reflète le ciel

Dans ses rides gris-bleu

Plage blanche, varech

La démarche hautaine

Des huîtriers

Un crabe bleu qui tâtonne dans une flaque

Coquille luisante. » (La maison des marées)

  

 

« Entre une question et une question

Entre un silence et un silence

Le murmure de la rivière. » (La rivière qui traverse le temps)

 

  photo-mer.jpg

« Assuré

Que la visée vitale

De l’art

C’est de jeter à la ronde

Images

Témoignages

Preuves

D’une puissance de synthèse

Accordée à la vie

Et qui préserve la vie

Contre la solitude

Le morcellement

Les agressions froides

De l’espace et du temps. » (Le grand rivage, 11)

 

 

- Un chant mélodieux inoubliable qui nous enjoint à mieux observer ce qui nous entoure pour nous éloigner des contingences matérielles et, enfin, flirter avec le spirituel...

 

« Je suis las de lieux

Où l’homme se donne en spectacle

J’ai assez vu le théâtre humain

Les gesticulations de ses pantins

Toutes leurs petites histoires

Ce qui m’intéresse à présent

Ce sont les champs silencieux

Qui s’étendent alentour

Les mouvements de la mer

Le ciel semé d’étoiles

Le rapport entre mon corps et l’univers

Entre les nébuleuses et mon cerveau. » (Le testament d’Ovide)

 

 

« Par-delà ce tumulte

Qu’est vivre, aimer et mourir

Le ciel soudain s’éclaircit

 

Balayé par un grand vent blanc. » (Le mistral blanc)

 

- La dimension écologique n'est pas absente de ces pages :

 

"Colloque à la Hague :

"En 1900 l'Himalaya avait 10 000 glaciers

à présent 2000 de moins

 

au cours du dernier siècle et demi

la masse glaciaire des Alpes s'est réduite de moitié

 

les glaciers de l'Alaska

ont diminué de vingt pour cent ces cinquante dernières années."

 

ils disent que le planète se réchauffe

ils prévoient des tempêtes et des inondations

 

de nombreuses terres basses vont disparaître

 

assis en ce lieu

sur un promontoire rocheux de l'Europe

je regarde passer les nuages

et j'écoute la rumeur de la mer." (Deux lettres de montagne) 

 

photo-montagne.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien, je suis définitivement tombée en amour…

 

Premier poème :

 

« Marche matinale

 

C’était un froid un lent brouillard agglutiné

Autour du soleil, accroché

Au petit soleil blanc, la terre

Etait seule et délaissée et un grand oiseau

Jetait son cri rauque de la héronnière

Tandis que le garçon s’en allait sous les hêtres

Voyant les débris bleuâtres des coquillages

Et les moites amas de feuilles pourrissantes. »

 

Vous aimerez aussi :

 

http://www.kennethwhite.org/ 

 

Un monde ouvert, anthologie personnelle, Kenneth WHITE, Traductions de Marie-Claude White, Patrick Guyon, Philippe Jaworski et Pierre Leyris, Poésie gallimard, janvier 2007, 10 euros

 

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Par Hélène - Publié dans : Poésie étrangère
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"- Tu te rappelles, le reptile préhistorique qui est sorti pour la première fois de la vase, au début du primaire ? Il s'est mis à vivre à l'air libre, à respirer sans poumons, en attendant qu'il lui en vienne ?

- Je ne me rappelle pas, mais je l'ai lu quelque part.

- Bon... Eh bien ! Le gars-là, il était fou, lui aussi... complètement loufdingue. C'est pour ça qu'il a essayé. C'est notre ancêtre à tous, il ne faudrait tout de même pas l'oublier. On serait pas là sans lui. Il était gonflé, il n'y a pas de doute. Il faut essayer, nous aussi, c'est ça, le progrès. A force d'essayer, comme lui, peut-être, qu'on aura à la fin les organes nécessaires, par exemple, l'organe de la dignité, ou de la fraternité..."

(Les racines du ciel, Roman GARY)

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