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12 articles avec poesie etrangere

Printemps des poètes - Jim Harrison

Publié le par Hélène

Crépuscule

 

Pour la première fois

là, dans le très lointain

il vit son crépuscule

développer la verte colline

où naissent trois rivières,

glisser en bas vers lui

d'arbre en arbre jusqu'au

maris aux myrtilles où il cessa,

il dit pars, pas maintenant,

pas pour cette heure encore.

 

Tiré du recueil L'éclipse de lune de Davenport de Jim Harrison.

Publié dans Poésie étrangère

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Printemps des poètes - Akendengué

Publié le par Hélène

Gabon, Libreville, 2001

Gabon, Libreville, 2001

Publié dans Poésie étrangère

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Printemps des poètes - 120 nuances d'Afrique

Publié le par Hélène

L'éphémère et la silhouette de Mariem Mint Derwich

 

Je te danserai l'éphémère sur la dune endormie

L'imperceptible de la trace

Le vent qui efface, caresse chuchotée,

Les notes envolées, fugitives des histoires d'antan

 

Je te danserai la lumière de la lune

La lumière tremblotante

Au feu assoupie,

Ce que murmure l'homme quand il rêve

 

Je te danserai les palmiers au ciel découpés

Le nuage dans le regard des bergers,

Les gestes esquissés et qui s'en sont allés,

La paume au sol posée, disparue

 

Je te danserai l'entre souffle,

Les crépuscules, l'instant parfait,

La plénitude d'ici

Quand d'autres parlent de demain

 

Je te danserai l'ailleurs, l'horizon en renaissance,

Le lieu secret de l'homme qui s'expire,

Il y aura cet à peine visible,

Silence

 

Je te danserai les pistes et les déserts,

Un mot balbutié sur la paupière de la nuit,

Que tout s'enfuit, que tout reste,

Qu'il n'est de battement que celui que l'on porte

 

Je te danserai la flamboyance de la mer,

La goutte d'eau puisée,

La vague qui fait les mondes,

L'empreinte de ton pied sur le sable mouillé

 

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,

Les silences des choses, les chants des mondes,

Les animaux de l'aube et les premiers frisson,

La beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

 

Je te danserai les couleurs à peine rencontrées,les livres qu'on n'écrira jamais,

La poésie enfermée dans la main,

Les mots,et les oiseaux la trace et le rien

 

Et, au milieu de la nuit du monde,

L'heure bleue, celle des hommes en prières,

L'immensité de ce qui s'écoute,

 

Je te danserai l'éphémère et la silhouette...

 

Mariem Mint Derwich L'éphémère et la silhouette, texte inédit, 2016

 

Poésie tirée de 120 nuances d'Afrique

 

 

 

 

Publié dans Poésie étrangère

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Printemps des poètes 2017 - Afrique(s)

Publié le par Hélène

Du 4 au 19 mars 2017

Ce 19e Printemps des poètes invite à explorer le continent largement et injustement méconnu de la poésie africaine francophone. Si les voix majeures de Senghor, U Tam'si ou Kateb Yacine par exemple, ont trouvé ici l'écho qu'elles méritent, tout ou presque reste à découvrir de l'intense production poétique africaine, notamment celle, subsaharienne, qui caractérisée par une oralité native, tributaire de la tradition des griots et nourrie par ailleurs des poésies d'Europe, offre des chemins neufs sur les terres du poème.

Parole libérée, rythmes imprévus, puissance des symboles et persistance du mythe: écoutons le chant multiple des Afriques , du Nord et du Sud.
Il va de soi que cette exploration ne peut ignorer les voix au-delà du continent africain, des Antilles à la Guyane, de Madagascar à Mayotte ...

Ce 19e Printemps des Poètes sera l'occasion de mettre en avant notamment l'oeuvre de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si.

Jean-Pierre Siméon
Directeur artistique

Inauguration sur les ondes 

4 et 5 /03 Week-end France Culture les Afriques

Clôture : au Cabaret sauvage
19 mars : Clôture du Printemps des Poètes
et lancement de la 22e semaine de la langue française et de la Francophonie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Seigneur ermite. L'intégrale des haïkus de BASHO

Publié le par Hélène

                                       

♥ ♥
 

"Curiosité -

Un papillon posé

sur une herbe sans parfum"

 

L'auteur :

Né au Japon en 1644 et mort en 1694. Basho vécut de et pour son art. Il fonda l'école de haïkus Shomon, à Tokyo.

 

Ce que j'ai aimé :

 

Ce recueil permet une rencontre avec le plus grand haïjin, poète de haïku japonais, celui qui a défini l'esprit du haïku. Certains de ses poèmes ont été publiés dans les recueils du Maître (poésie ou journal de voyage) et d'autres intégrés à des anthologies compilées par son école. Il chante la beauté de la nature, admire la lune, visite les lieux chantés par les anciens poètes. 

"Avec légèreté, humour et simplicité, il porte une grande attention à la nature et réunit l'immuable et l'éphémère : l'essence de la poésie japonaise." (Présentation de l'éditeur)

 

"Le monde parfumé

d'une seule branche de prunier,

un troglodyte s'en contente."

"Le chant du coucou

comme s'il se propageait

sur l'eau."

 

"Le soleil splendide

entre chien et loup - 

soir de printemps."

 

"Vieil étang -

une rainette y plongeant

chuchotis de l'eau."

 

Une belle découverte d'un poète de grande renommée...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Je ne suis pas tombée sous le charme du grand Maïtre...

 

Vous aimerez aussi :

Haïku du XXème siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, Collectif

 

Seigneur ermite, L'intégrale des haïkus, BASHO, Points, édition bilingue, traduction adaptation et édition établies apr Makoto Kemmoku et Dominique Chipot, février 2014, 480 p., 9.20 euros

 

Publié dans Poésie étrangère

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Une heure de jour en moins de Jim HARRISON

Publié le par Hélène

                                          

♥ ♥ ♥ 

« La journée était si suave et belle

Que je n’ai pensé à rien.

J’ai perdu la tête. »

 

L’auteur :

 http://jimharrison.free.fr/Biographie.htm

 

 Présentation :

 

 On ne présente plus Jim Harrison, écorché vif dans un corps de grizzly des montagnes, l'un des plus grands écrivains américains contemporains. On connaît moins le Jim Harrison poète. C'est chose faite grâce à ce recueil réunissant des poèmes inédits écrits entre 1965 et 2010, dans lequel Harrison, poète contemplatif à la fois mélancolique et brutal, se fait le chantre vagabond et universel de l'Amérique profonde et des vastes étendues sauvages. Dans Une heure de jour en moins, Jim Harrison, plus virtuose et truculent que jamais, joue avec les formes, les influences et les cultures, rendant au passage un vibrant hommage à ses maîtres, Antonio Machado, René Char et César Vallejo.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Jim Harrison poète n'est pas loin de Jim Harrison romancier. Ses grands thèmes traversent ses vers comme ils structurent sa vie.

La nature est au centre des poèmes, matrice et élément auquel l'homme torturé revient toujours pour se recentrer, retrouver ses valeurs et se reconnaître en tant qu'homme. Elle coule dans l'eau des rivières, elle chante et enchante à travers le chant des oiseaux, elle crie le mal-être et la violence avec les coyotes, elle nous rappelle à l'ordre et recentre l'homme au sein d'un univers plus large.

  « Issu de presque rien, de rien de

Tangible, nous retournons tels de vieux

Enfants au grand rien,

Le chant de l’homme et de l’eau allant à l’océan." (p. 191)

 

« J’espère définir ma vie, ce qu’il en reste,

Par des migrations, au sud et au nord avec les oiseaux

Loin de la fièvre métallique des horloges,

Le soi fixant l’horloge et disant « Je dois faire cela".

Je ne vois pas le temps sur la langue de la rivière

Dans l’air frais du matin, l’odeur fermentée

De la végétation, la poussière sur les parois du canyon,

Les hirondelles plongeant vers l’eau vive parfumée. » (p. 151)

       

« Dans la péninsule Nord du Michigan

Et les montagnes de la frontière mexicaine

J’ai suivi l’appel d’oiseaux

Inexistants dans des fourrés

Et des canyons. Je ne suis pas sûr

D’en être revenu indemne. » (p. 210)

 Les indiens que Jim Harrison admire tant l'ont compris bien avant lui, comme ce vieil homme indien ojibway qui lui donne des conseils :

 « Quand tu te balades dans l ‘arrière-pays, va où tu dois aller, et marche comme un héron ou une grue des sables. Il ne leur manque rien. (…) Pense à ton esprit comme à un lac. Renonce à la moitié de l’argent que tu gagnes si tu ne veux pas devenir une mauvaise personne. Les nuits de pleine lune, tâche de marcher aussi lentement qu’une moufette. » (p. 158)

Jim Harrison chante et enchante le monde grâce au pouvoir millénaire de la création. Il chante la vie qui court, il chante la joie de partager son coeur avec ses lecteurs, il chante comme un besoin inhérent à sa condition d'artiste...

      « Au réveil d’une sieste j’ai su en un instant

Que j’étais en vie. C’était stupéfiant,

Presque effrayant. Emotion et sensations

Me submergeaient. Cela ne m’était jamais arrivé.

Sur une chaise bleue dans un pré j’ai réappris

Le monde. » (p. 211)

  Ses poèmes sont un véritable sésame à son oeuvre et à l'homme, il s'y met à nu et nous livre le plus beau des chants d'amour et de vie...

« J’ai gâché trop de clairs de lune.

Cœur battant. Je n’en gâcherai plus,

La Lune harcelée de nuages file vers l’ouest

En son arc impondérable, piégée une demi-

Heure parmi les feuilles mouillées de la vasque

Aux oiseaux. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Le recueil rassemble des poèmes écrit de 1965 à 2010, et j'avoue avoir un faible pour les plus récents...

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Grand maître de Jim HARRISON

 Autre :  Poésie étrangère

 

Une heure de jour en moins, Jim Harrison, traduit de l’anglais (EU) par Brice Matthieussent, Flammarion, 2012, 221 p., 19 euros

 

 

Publié dans Poésie étrangère

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La remontée des cendres suivi de Non identifiés de Tahar BEN JELLOUN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 

L’auteur :

 

Ecrivain marocain de langue française, Tahar ben Jelloun est né en 1944. Il a publié de nombreux romans, recueils de poèmes et essais. Il a obtenu le prix Goncourt en 1987 pour la Nuit sacrée.

 

Présentation :

 

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 « Il est une douleur millénaire sui rend notre souffle dérisoire. Le poète est celui qui risque les mots. Il les dépose pour pouvoir respirer. Cela ne rend pas ses nuits plus paisibles.

Nommer la blessure, redonner un nom au visage annulé par la flamme, dire, faire et défaire les rives du silence, voilà ce que lui dicte sa conscience. Il doit cerner l’impuissance de la parole face à l’extrême brutalité de l’histoire, face à la détresse de ceux qui n’ont plus rien, pas même la raison pour survivre et oublier. » (Tahar Ben Jelloun)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Tahar Ben Jelloun rend hommage à tous les morts pendant la guerre du Golfe : aussi bien les soldats, les militaires que les civils. La mission du poète passeur de mots est dans cette transmission, dans cette dénonciation :

« Entre le silence meurtri et le balbutiement désespéré, la poésie s’entête à dire. Le poète crie ou murmure ; il sait que se taire pourrait ressembler à un délit, un crime. » (p.6)

Les illustrations  du peintre irakien Azzawi Harrouda nourissent intelligemment le texte du poète.

« Qui comptera nos morts ?

Tas de cendre oubliés au bord de la route

Membres épars dans les carcasses abandonnées.

Qui nommera ces restes ?

Nous ne sommes qu’épaves sans navire

Ombres du vent sur des collines perdues

Couchés sur flanc d’airain

Par le signe céleste. » (p. 35)

 Le texte se termine sur une note d’espoir finale :

« Cet homme est tous les hommes. Il a fait toutes les guerres. Il est mort plusieurs fois. Il ne cesse de renaître. Toujours le même, il croit à l’âme, à la pensée et aux choses : une prairie fleurie, un parasol pour l’amour, le rire et l’amitié, l’enfance et le courage…

Cela fait des milliers de jours et de saisons qu’il marche. On dit qu’il est atteint d’errance. On dit qu’il est fou. Sa bouche est fermée sur des siècles de mots. Ses yeux, grands et étincelants, restent ouverts. Ils voient loin, au-delà des murs et des montages. Au-delà de tous les silences. »

Les Non identifiés sont les palestiniens des territoires occupés, victimes de répression.

Les poèmes sont construits pour certains comme des notices biographiques. Ce sont des personnes appartenant à l’humanité ordinaire, des gens du peuple, inoffensifs, mères de famille, jeunes gens innocents. Et pourtant cette vie simple s’est terminée brutalement dans d’atroces souffrances, par une mort absurde.

Un très beau recueil sur les ravages de la guerre et son absurdité...

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien

 

Premiers vers :

 

 

« Ce corps qui fut un corps ne flânera plus le long du Tigre ou de l’Euphrate

Ramassé par une pelle qui ne se souviendra d’aucune douleur

Mis dans un sac en plastique noir

Ce corps qui fut une âme, un nom et un visage

Retourne à la terre des sables

Détritus et absence. »

 

La remontée des cendres suivi de Non identifiés Version arabe de Kadhim Jihad, Edition Bilinge, Points, 8 euros

 

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Haïku du XXème siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, Collectif

Publié le par Hélène

                                                 haiku-du-XXeme-siecle.jpg

♥ ♥ ♥

 

Présentation de l’éditeur :

La présente anthologie propose d'explorer sous toutes ses facettes le renouveau du haiku dans le Japon d'aujourd'hui.

Depuis la fracture d'Hiroshima, le haiku se nourrit du désordre des paysages urbains, exploite des gisements inattendus, ausculte l'accélération de l'histoire tout en gardant vivaces la saisissante simplicité et l'exigence d'expression absolue qui le fondent. Renaissant littéralement de ses cendres après le cataclysme, il trouve un nouveau souffle, cherchant un juste contrepoint au kaléidoscope du siècle.
En effet, et ce n'est pas là le moindre de ses paradoxes, la forme poétique la plus courte du monde, née sous l'égide de Bashô il y a quelque trois cents ans, semble résonner au mieux avec la sensibilité contemporaine, laquelle privilégie, on le sait, une esthétique de l'instantané.
Les 456 poèmes rassemblés dans cette anthologie témoignent d'un exceptionnel foisonnement. Invitation à tous les voyages, irruption de voix singulières qui tentent une fusion passionnante entre l'extrême modernité et le plus ancien passé. Dispositif d'émerveillement, tremplin de méditation, expérience de vérité, le haiku est plus proche que jamais de la fameuse injonction rimbaldienne : « fixer des vertiges ».

 

Ce que j’ai aimé :

Les haïkus sont comme des tremplins de méditation qui par leur brieveté et leur justesse mènent le lecteur vers d'autres rives. Le haïku "nous offre ce surcroît de présence, où les frontières vacillent amoureusement; Tous pulse, tout palpite. L'esprit et l'espace se fondent et se confondent." (Corinne Atlan et Zéno Bianu,p. 9).

Les haïkus présentés ici se situent dans le Japon de 1945 à nos jours : ils évoquent ainsi aussi bien la guerre, Pearl Harbour, Hiroshima, que l'enfance, la famille, la nature, la fulgurance du moment présent étant tamisé à l'aide de ces données essentielles de l'histoire d'un peuple et d'un pays.

Les haijin, compositeurs d'haïku sont avant tout des chasseurs de sensations et cherchent le mot juste qui permettra d'enfanter un monde en une petite touche, en trois vers.

 

"Le premier papillon du printemps

s'envole -

d'entre les rayures du zèbre" (Imai Sei)

 

"Dans les ravins

les névés ont l'air solitaire -

même la nuit brille !" (Mizuhara Shûôshi)

 

"Respirer ?

c'est aspirer toutes les voix

des cigales du soir" (Kaneko Tôta)

 

"Est-ce le son du brouillard -

presque imperceptible

entre les bouleaux ?" (Mizuhara Shûôshi)

 

"Nuit de givre -

en la prenant dans mes bras

je l'entends vibrer" (Ozawa Minoru)

 

 

  Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

 

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Haïku du XXème siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, Collectif, Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu, Poésie/Gallimard, 2007, 6,70 euros

 

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Ariel de Sylvia PLATH

Publié le par Hélène

                                              ariel.jpg

♥♥

"Le coeur se ferme,

La mer se retire,

Les miroirs sont voilés." (Lésion)

 

L’auteur :

 

Jusqu'à l'âge de huit ans, Sylvia Plath grandit à Winthrop, au bord de la mer.

En 1940, son père adoré, spécialiste des abeilles et professeur à Boston University, meurt de diabète - un traumatisme dont elle ne se remettra jamais vraiment.

L'année suivante, son premier poème est publié par le Boston Herald. En 1950, Seventeen publie sa première nouvelle, et en septembre elle entre au Smith College. Sa nouvelle 'Un Dimanche chez les Minton' remporte un concours de Mademoiselle et Sylvia passe juin 1953 à New York comme éditrice invitée. A son retour, elle fait une dépression, tente de mettre fin à ses jours en avalant des somnifères et se retrouve en hôpital psychiatrique avec traitements à l'électrochoc. Une première descente aux enfers qu'elle décrit dans son unique roman, publié en 1962, sous le pseudonyme de Victoria Lucas : 'La Cloche de détresse'.

En 1954, elle obtient son doctorat Magna cum Laude et une bourse Fullbright pour étudier à Cambridge, où elle rencontre le poète Ted Hughes, épousé en 1956. Leur fille Frieda naît en 1960, année de publication de son premier recueil de poèmes, 'Le Colosse'. L'année suivante naît Nicolas et, suite à une liaison de Ted, le couple se sépare.

Sylvia déménage avec ses enfants et connaît une période faste de création, écrivant souvent la nuit. Le matin du 11 février, Sylvia met fin à ses jours à l'aide du gaz. Ted rassemblera ses poèmes dans trois recueils posthumes : 'La Traversée', 'Arbres d'hiver' et 'Ariel’. (Source : Evene)

 

L’histoire :

 

Née aux États-Unis, Sylvia Plath met fin à ses jours le 11 février 1963, à Londres. Elle a trente ans, et laisse derrière elle le manuscrit en préparation de son second recueil de poèmes intitulé Ariel. Le poète Ted Hughes, dont Plath était séparée, procède à l’édition du volume publié en 1965 par Faber and Faber.

Révélation d’une écriture à la fois exigeante et novatrice, Ariel assure à son auteur, depuis cette date, un succès continu. Ce recueil, qui appartient au courant de la poésie dite « confessionnelle », fait des conflits du moi et de la douleur un champ d’expérimentation poétique. S’il décrit l’obsession du suicide et l’impossible deuil de la perte du père et de la trahison de l’homme aimé, il célèbre aussi l’avènement d’un sujet poétique aérien et flamboyant. L’imagination de l’air est libératrice à plus d’un égard dans ce recueil où l’écriture devient une expérience extrême, où s’inscrit, en même temps que la violence de l’Histoire contemporaine, dont l’œuvre se lit comme le miroir déformé, l’évidence d’une subjectivité féminine. Celle-ci fait avec Ariel, dans la poésie, une irruption majeure.

(http://www.univ-bpclermont.fr/celis/spip.php?article131)

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’univers de Sylvia Plath baigne dans une lumière aveuglante ambivalente. Ses textes de fois sont à la fois lumineux, éclairés de l’intérieur par un esprit fin et passionné, et sombres parce sylvia-plath.jpgqu’hantés par la mort, seule échappatoire à une angoisse folle.

 

« Je suis cette demeurée hantée par un cri.

La nuit, ça claque des ailes

Et part, toutes griffes dehors, chercher de quoi aimer.

 

Je suis terrorisée par cette chose obscure

Qui sommeille en moi ;

Tout le jour je devine son manège, je sens sa douceur maligne. » (La voix dans l’Orme)

 

Ces poèmes sont le cri de désespoir d’une femme qui aurait voulu vivre mais s’en sentait incapable, accablée par tant de démons intérieurs, sans la force suffisante pour les combattre.  Elle chante son mal-être comme pour l’enchanter, mais ce sera finalement lui qui aura le dernier mot… Nous reste ce chant hypnotique, fascinant :

 

« Je ne bronche pas.

Le givre crée une fleur,

La rosée une étoile,

La cloche funèbre,

La cloche funèbre.

Quelqu’un quelque part est foutu. » (Mort et cie)

 

« Plath compte parmi les plus grands poètes qui soient, chez elle l’anecdote autobiographique n’est jamais narcissique et la petite histoire se trouve dépassée, inscrite dans l’Histoire plus vaste de nous tous. » (extrait de la Préface)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je pense que cette lecture est à éviter pour les dépressifs…

 

Premières lignes :

 

« Amour, l’amour a réglé le rythme de ton cœur comme une grosse montre d’or.

La sage-femme a giflé les plantes de tes pieds, et le pur cri de toi

Pris sa place aussitôt parmi les éléments. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

 

D’autres avis :

 

Blog : http://journalisme-culturel.over-blog.com/article-ariel-de-sylvia-plath-73899605.html

 

Ariel, Sylvia Plath, Présentation et traduction de l’anglais par Valérie Rouzeau, Poésie Gallimard, mai 2011, 113 p., 5 euros

 

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Au cœur du cœur d’Andrée CHEDID

Publié le par Hélène

Andree-Chedid-Au-coeur-du-coeur.jpg

 

 

♥ ♥ ♥

 

 « Oser encore recourir à l’espoir

Oser encore

 

Porter l’instant et le rendre à lui-même

Répondre quel qu’il soit

Au baiser de la terre,

Vouloir ce Plus loin dont on ne sait le nom. » (p. 39)

 

L’auteur :

 

Andrée Chédid est une femme de lettres et poétesse française d'origine libanaise décédée en février dernier. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, de la peintre Michèle Chedid-Koltz et la grand-mère du chanteur Matthieu Chedid.

 

L’histoire :

 

Figure de proue de la poésie et du métissage culturel, Andrée Chedid fait l'objet d'un hommage lors de l'édition 2010 du Printemps des poètes. L'occasion rêvée de redécouvrir l'oeuvre d'un auteur prolifique avec des textes qui s'étalent de 1949 à nos jours.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          En transparence, derrière les mots lumineux de ses poèmes, se dessinent le portrait d’une femme admirable, attentive aux autres, débordante d’amour, de rebellion  contre ceux qui dérangent le monde, une femme intelligente qui distille par ses écrits l’espoir.

 

« La peine est de ce monde, ô mes amis que j’aime,

Mais chaque fleur d’orage porte la graine de demain. » (p. 33)

 

 « Elisons encore la vie

Au sommet du jour blessé. » (p. 40)

 

  -          Elle place la poésie au cœur du monde, la rendant accessible à tout un chacun, puisque pour elle, il s’agit seulement de regarder et d’aimer le monde.

« Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer ; c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel, sachant qu’on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. » (p. 26)

 

«  La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe. » (p. 27)

 

«  Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui –sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la vois d’un ami. » (p. 27)

 

«  Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie. » (p. 28)

 

-          Elle questionne la vie humaine et nous offre une formidable leçon d’humanité.

 

« La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité : lien universel et éternel entre les hommes, elle nous invite à sortir de notre étroite peau » pour que l’intimité de chacun s’ouvre à la résonance du monde et que nous donnions sens à l’aventure humaine par la partage. » (Préface)

 

-          Savourons les poèmes de cette grande dame en écoutant son mot d’ordre :

 

« Sacre l’éphémère. » (p. 49)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court.

 

 

Au cœur du cœur, poèmes choisis et préfacés par Matthieu CHEDID et Jean-Pierre SIMEON, Andrée CHEDID, Librio poésie, 94 p., 3 euros

 

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Publié dans Poésie étrangère

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