Avalanche de Lance WELLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les hommes s'en vont. Ou ils sont emportés. (Elle haussa les épaules.) Ça revient au même, je suppose, Les hommes s'en vont et nous attendons qu'ils nous reviennent." 

Au début du XXème siècle, Clara rejoint son oncle et sa tante qui vivent dans une petite ville isolée appelée Forsaken Heights, nichée dans les montagnes de l’Ouest américain. Dans le train, elle rencontre Jack, un homme hanté par son passé, revenu enterrer celui qui l’a élevé. Celui-ci n'est pas le bienvenue en ville car vingt ans auparavant, il a, sans le savoir, introduit dans la ville une épidémie mortelle qui a causé une tragédie durable. Plus d'un habitant a perdu un proche à cause de cette maladie. 

Ce que j'ai aimé :

Dans Avalanche, Lance Weller explore avec finesse le thème de la culpabilité, cette charge invisible que Jack porte malgré lui, héritée d’un passé qui n'en finit pas de passer... Il a droit  malgré tout à une seconde chance grâce à Clara et cette relation fragile est esquissée par touches subtiles, jamais appuyées, l’auteur évitant tout pathos pour laisser affleurer une émotion retenue mais persistante. Leur lien, marqué par les non-dits, reflète une humanité vacillante.

En toile de fond, la nature s’impose comme une force implacable, indifférente aux drames humains, qu’il s’agisse d’une épidémie ou d’une avalanche. Face à elle, l’homme demeure vulnérable, souvent dépassé par des événements où le hasard et l’ignorance jouent un rôle tragique. Weller suggère ainsi que les catastrophes ne sont pas toujours évitables, mais qu’elles révèlent ce que nous sommes profondément car l’être humain, dans toute sa complexité, se montre capable du pire comme du meilleur. Prompt à juger et à condamner, il peut aussi, contre toute attente, trouver en lui la force de pardonner.

Ce roman sensible interroge alors notre rapport à la faute, à l’autre et à la possibilité de rédemption.

Ce que j'ai moins aimé :

Le roman met en scène des personnages brisés, physiquement, moralement, dans une Amérique rude. Le lieu reculé, le froid, la culpabilité de Jack, rongent peu à peu aussi le lecteur, et si les éclaircies existent, elles restent fugaces. Demeure juste un souvenir de douceur qui permet d'affronter le monde, de le supporter, une once de bonheur fugace, qui fuit rapidement mais reste gravée dans leur corps et dans leur âme pour permettre de continuer à avancer. 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

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V
Un roman déprimant mais excellent si j'ai bien compris? En tous cas, il me tente !
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A
Tu es membre du jury du challenge Gallmeister ?
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H
Oui j'ai cette chance cette année !
L
première fois que je vois ce roman passer pourtant il n'est pas récent si ?
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H
Si il est sorti début mars
M
Un roman qui a donc l'air assez sombre finalement, le thème en effet de la culpabilité est difficile...J'avais aimé de cet auteur "les marches de l'Amérique" un roman exigeant et sombre qui méritait également d'être découvert, alors je devrai aimer celui-ci quand je le trouverai en médiathèque. Merci pour ta chronique
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