Le garçon de Marcus MALTE #MRL16

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Prix Fémina 2016

Le garçon n'a pas de nom,  il ne parle pas. Élevé en pleine nature, coupé du monde, il ne connaît que sa mère et son univers se borne aux alentours de la cabane où il habite à ses côtés. Jusqu'à ce que sa mère quitte le monde, l'obligeant ainsi à prendre la route, instinctivement. Nous sommes en 1908. Le garçon part à la rencontre du monde et de ses habitants, de la civilisation, incarnée par les habitants d'un petit hameau, puis de Brabek l'ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, de qui il tirera des leçons de vie :

"Il parle du cœur. Il dit que c'est ici qu'elle repose, la beauté. A l'intérieur. C'est ici qu'elle palpite et irradie. Il dit qu'il est toujours étonnant de découvrir sur quel immonde terreau s'épanouissent les fleurs les plus resplendissantes. (...) Le cœur, fiston. Pas de muscle plus tendre. Une éponge. Il pourrait tout absorber. Il pourrait tout contenir. Et cependant, dit-il, ce qui est le plus étonnant encore, c'est que les hommes passent l'essentiel de leur existence à l'endurcir et à l'assécher." p. 160

Après cette errance des premier temps, il rencontre Emma, celle qui sera son grand amour. Débute alors la deuxième partie du roman, ouverture à la sensualité et là l'érotisme. Si le garçon comprend que les ravages sont le lot de l'existence, il perçoit aussi la possibilité d'être heureux, quelquefois, par intermittence. La jeune femme le forme à sa manière, loin des moules traditionnels souvent rigides qui façonnent les mêmes hommes alors que selon Emma "La civilisation est ailleurs." A deux, ils chantent l'amour de la vie, l'amour de l'autre bercé par la littérature et l'art, seuls échappatoire à une réalité terrifiante. 

"C'est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l'existence : nombre de ravages et quelques ravissements." p. 174

Malheureusement l'Histoire les rattrapera avec la grande guerre qui bouleversera ce fragile équilibre.

Porté par une écriture poétique, Le garçon résonne comme un roman d'initiation à l'apprentissage cruel : au fil des pages, le jeune homme côtoie peu à peu l'inhumanité des hommes corrompus par la civilisation. Originellement êtres purs, en se civilisant, ils deviennent capables du pire. 

Ce que j'ai moins aimé : quelques longueurs. 

Bilan : Une épopée vivante qui se démarque indéniablement ! 

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Zazy ; Kathel ; Yves ; Lecture commune avec Noukette ; Mog Lug ; Isabelle Asphodèle

Vous aimerez aussi : Le site de l'auteur  ;  Les harmoniques 


Le garçon, Marcus Malte, Zulma, août 2016, 544 p., 23.50 euros

 

Matchs de la rentrée littéraire PriceMinister roman choisi par Moka

 

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Commenter cet article

dasola 02/11/2016 17:12

Bonjour Hélène, je compte bien lire ce roman qui me fera découvre Marcus Malte. Bonne fin d'après-midi.

Hélène 03/11/2016 08:53

Il te plaira !

Moka 30/10/2016 12:12

Ravie de voir que tu as pioché dans ma sélection !

Hélène 31/10/2016 09:57

Merci du conseil !

Laure 29/10/2016 12:19

Je note que toi aussi tu as trouvé des longueurs, je garde ce bémol en tête, pour ne pas me décourager quand j'arriverai à ce moment là ;-)

Hélène 31/10/2016 09:54

Exactement !

Alex-Mot-à-Mots 27/10/2016 17:00

Chic, il vient de rejoindre ma PAL. J'ai hâte de le commencer.

Hélène 31/10/2016 09:53

Tu verras...

Kathel 27/10/2016 13:57

Pour une fois, ça ne m'agace pas de voir le même roman partout : je l'aime ! Je n'ai pas trop ressenti les longueurs, du coup...

Hélène 31/10/2016 09:53

Il le mérite !

Aifelle 27/10/2016 11:14

J'ai très envie de le lire et comme je l'ai vu à la bibliothèque, ce sera sans risque ! Ce sera ma première lecture de l'auteur.

Hélène 31/10/2016 09:51

J'ai hâte de savoir ce que tu en penseras !

asphodèle 27/10/2016 11:06

@Keisha : ma référence à Belle du Seigneur est tout à fait personnelle et liée aux énumérations "mathématiques" qui entrecoupent le récit ! Il y a le souffle d'un Cohen dans sa prose mais c'est ce qui la rend aussi universelle...Tu ne dois pas avoir peur, le côté poétique n'est pas plus affecté que chez Proust (si ça peut t'inciter à le tenter un jour ;) !!! ^-^

asphodèle 27/10/2016 10:57

Je suis contente de cette LC avec toi , Noukette et Moglug, nos billets sont "complémentaires" comme l'avait deviné Noukette hier ! Mais oui les longueurs, les longues énumérations m'ont littéralement fascinée ! Je ne regarde plus l'Académie française (et surtout les académiciens) du même oeil... Il n'y a que la "liste des morts à la guerre" qui m'ait paru longue et encore, cela appuie là où ça faisait déjà mal...

Hélène 31/10/2016 09:51

Heureuse aussi d'avoir partagé avec vous !

Noukette 27/10/2016 10:19

J'ai tout aimé, tu le sais ! Je crois que j'aurais pu en lire encore 500 pages de plus, c'est dire ! Ma révélation de cette rentrée ! Ravie d'avoir partagé cette lecture avec vous trois les filles ! <3

Hélène 31/10/2016 09:49

Ravie aussi !

Moglug 27/10/2016 09:57

Tu n'es pas la seule à avoir constater des longueurs dans ce bouquin. Je n'ai pas du tout eu cette impression. Au contraire, certains chapitres comme les listes de combattants de la première guerre, ou les rappels sur le contexte historique m'ont beaucoup plus et rehaussent l'ensemble, je trouve. En fait, j'ai dévoré ce bouquin du début à la fin...

Hélène 31/10/2016 09:45

Quelquefois il s'agit aussi des moments auxquels on choisit de le lire et de notre concentration ce jour là/;

Electra 27/10/2016 09:55

à part une nouvelle, je n'ai jamais accroché à Marcus Malte et quand je lis les extraits et je vois la répétition de "Le garçon" ...fait que .. je fais comme Keisha, je fuis ! mais tant mieux si tu as aimé !!!! c'est le principal

Hélène 31/10/2016 09:44

Il en faut tout le monde !

Jerome 27/10/2016 09:43

Je n'ai pas trouvé de longueurs moi, c'est un roman puissant et dense, une réussite totale !

Hélène 31/10/2016 09:44

Il plait beaucoup !

clara 27/10/2016 08:54

Je vais attendre avant de le lire comme d'autres livres de cette rentrée littéraire.

Hélène 31/10/2016 09:44

Quelquefois il vaut mieux attendre..

keisha 27/10/2016 07:53

Hum, Asphodèle fair référence à Belle du seigneur pour l'écriture de certains passages, toi tu dis 'poétique', au secours, je fuis. ^_^

Hélène 31/10/2016 09:44

;-)